Ouest-France : Louis Echelard a des soucis

Le grand public ne connaît pas Louis Echelard, président du directoire d’Ouest-France et directeur de la publication, c’est-à-dire le grand patron du quotidien de Chantepie. C’est un homme discret qui ne se sert pas de son statut pour fabriquer des éditoriaux – il laisse cet amusement à d’autres. Seul un sujet de la plus haute importance peut provoquer son intervention dans les colonnes du journal. C’est le cas dans le numéro du 12-13 novembre 2022 : « Le journal Ouest-France manque de porteurs ». Echelard explique le problème : « Pour que Ouest-France parvienne à l’heure convenue, c’est-à-dire avant 7 h 30, dans la boîte aux lettres de tous nos abonnés, 4 500 porteurs doivent se mettre en mouvement chaque matin. Aujourd’hui, nous en avons 4 000, il en manque donc 500. »

Ce métier comporte quelques avantages. Non seulement les porteurs sont salariés des dépositaires, mais encore ils sont payés en moyenne 430 euros net/mois pour un travail de deux heures par jour environ, six jours sur sept. Ils reçoivent en complément des indemnités kilométriques et bénéficient d’une couverture sociale, dont une mutuelle santé. Il faut croire que ces conditions ne sont pas suffisamment attractives puisqu’il manque 500 porteurs. Ou bien certains dépositaires sont de mauvais patrons…

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Evidemment, Louis Echelard ne peut pas tout savoir. Nous allons donc essayer d’éclairer sa lanterne. Un exemple : il est fréquent que les maisons de la presse ne reçoivent pas toutes les éditions habituelles ; chaque semaine, il y a un jour où il en manque une – donc mécontentement des clients fidèles. Un autre exemple qui concerne également des marchands de journaux : depuis longtemps, plus possible d’obtenir un réassort, pas moyen de faire venir un numéro réclamé par un client – ce qui se faisait simplement autrefois. Si M. Echelard se donnait la peine d’aller voir sur le terrain comment ça se passe, il serait édifié ; les marchands de journaux lui diraient tout le bien qu’ils pensent des méthodes du journal – des méthodes anticommerciales, destinées à décourager les clients. Autre distraction que nous proposons au président du directoire : téléphoner au service des abonnements ; souvent on a l’impression d’avoir affaire à un parcours du combattant. Inutile d’écrire pour obtenir satisfaction, pas de réponse. Bref, on a l’impression que vendre des journaux et satisfaire les clients-lecteurs n’intéresse pas les dirigeants du journal.

Qui peut remonter la pente ?

Mais il y a plus grave : les ventes. En 2010, la diffusion totale était de 780 779 exemplaires/jour (ACPM). En 2021, on est passé à 641 238. Soit un recul de 139 541 exemplaires/jour en dix ans. Bien sûr, Ouest-France est victime de la radio, de la télévision, des réseaux sociaux – c’est l’explication fournie habituellement. Mais on oublie toujours de parler du contenu rédactionnel qui ne correspond pas à l’attente du lectorat d’aujourd’hui ; c’est mou, insipide, plat. Le lecteur ne risque pas d’être étonné par une « exclusivité », par un fait divers ou par une enquête qui sort de l’ordinaire. Pratiquer le « hors sujet » avec l’Iran, l’Ukraine, le Liban… ne dynamise pas les ventes. Sur ce terrain-là, la télévision du soir et la radio du matin sont forcément meilleures. Est-ce que le client achète Ouest-France pour savoir ce qui se passe dans ces contrées lointaines ? Il préférerait qu’on lui parle de la Bretagne sous tous ses aspects. La rédaction en chef oublie de se poser la seule question qui vaille dans cette profession : qu’est-ce que les clients-lecteurs attendent ? Puisque le but est de vendre. Une innovation géniale pour terminer : les rédactions locales d’Ouest-France sont depuis un bon moment fermées au public. Or, journaliste c’est d’abord un métier qui exige du contact…

Bernard Morvan

Crédit photo : DR

[cc] Breizh-info.com, 2022, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

6 réponses

  1. Au delà des problèmes de distribution, il y a le préchi-précha du journal, qui reprend tous les poncifs de la pensée dominante (immigration, Ukraine, réchauffement climatique etc). Il faut bien mériter ses subventions.
    Pour la petite histoire, Mac Do le distribue gratuitement avec une consommation. Celui d’à côté qui en reçoit une vingtaine par jour ne les ecoulent pas toujours en totalité.

  2. J’en connais qui sont abonnés uniquement pour être informé des faits divers de leurs secteurs et surtout des obsèques , ne sont guère intéressés par la région , encore moins par la france alors le monde …

  3. Oui il y a longtemps que je me suis dé-abonné de OF et j’ai confirmé cela au journaliste local en visite au forum des associations mémé lariflette de ma jeunesse a disparu et les « valeurs » mis en avant par le journal ne sont pas respectées pour un positionnement démocrate chrétien d’origine on retrouve un libéral libertaire macroniste au service des seuls élus locaux biens pensants je privilégie les journaux locaux les infos de Redon et l’écho de la presqu’ile où je trouve de réelles infos locales et parfois la parole aux citoyens mal pensants yannick louis Mahé

  4. je ne lis plis la presse écrite car je suis outré par l’ignorance des journalistes.
    avoir fait autant d’années d’études pour faire nombre de fautes d’orthographe et de conjugaison est inadmissible.
    pourtant je suis sûr que leurs ordinateurs sont pourvus de correcteurs de très bonne qualité, mais le problème est qu’ils ne regardent pas ce qu’ils écrivent et ne se relisent pas.

  5. J’ai été pendant 40 ans responsable de Région pour les Relais H et j’ai défendu la PQR dans toutes les Régions. J’ai été adjoint au directeur PRESSE à PARIS pour le FRANCE et j’ai fini dépositaire NMPP.
    Depuis que je suis en retraite, en 2001, Je reçois dans ma boite aux lettres tous les jours O.F. et P.O. ainsi que sur ma boite mail. Remettez une éditions de l’arrondissement Châteaubriant/Ancenis.
    Les gens attentent surtout des nouvelles locales, Régionales, Nationales, sportives et les annonces d’obsèques. Les informations politiques internationales ils les ont à la TV ou la radio.
    J’habite à côté de Châteaubriant, Sous-Préfecture, il y a beaucoup de choses à dire de façon positive sur l’emploi le plus faible taux de Chômage du département, le commerce, les entreprises à la pointe, les Cérémonies, les finances de la ville qui est une des mieux notés, les animations. La rédaction de O.F.est pauvre en journaliste.

  6. Ouest-France est devenu un « collabo » de la Macronie et de tout ce qui va avec. C’était exactement le même phénomène sous l’occupation allemande avec Ouest-Eclair qui est devenu Ouest-France pour cette raison….

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