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Les Trois Mousquetaires, plus célèbre roman d’Alexandre Dumas, vient de faire l’objet d’une superbe adaptation en bande dessinée. Pour une fois, l’esprit de l’œuvre originale est respecté.
Avril 1625, le jeune d’Artagnan, gentilhomme pauvre de Gascogne, se rend à Paris dans l’espoir d’entrer dans la compagnie des mousquetaires du roi Louis XIII. Il se fait humilier par deux agents du cardinal de Richelieu : le comte de Rochefort et Milady de Winter. Rochefort lui dérobe la lettre de recommandation écrite par son père à l’intention de M. de Tréville, capitaine des mousquetaires du roi. À Paris, d’Artagnan provoque, bien malgré lui, trois mousquetaires en duel : Athos, Porthos et Aramis. Les duels étant interdits, les gardes du Cardinal interviennent. Après les avoir éliminés, les quatre jeunes gens se jurent amitié : « un pour tous, tous pour un ». D’Artagnan entre comme cadet dans le régiment des Gardes françaises. Il s’éprend de Constance Bonacieux. Elle lui révèle que Richelieu cherche à compromettre la reine Anne d’Autriche en dévoilant la relation amicale que celle-ci entretient avec le duc anglais de Buckingham. La reine, par l’intermédiaire de Constance, envoie d’Artagnan à Londres récupérer les ferrets de diamant qu’elle a imprudemment offerts au duc. En effet, le roi a demandé à la reine de paraître avec ces ferrets au prochain Bal. Mais Richelieu a chargé Milady de subtiliser deux des ferrets. Le duc de Buckingham accepte de donner à d’Artagnan les ferrets et ordonne à son joaillier personnel d’en fabriquer deux autres pour remplacer ceux volés. D’Artagnan retourne à Paris juste à temps pour sauver la reine. Mais Constance disparaît, enlevée sur ordre de Richelieu. D’Artagnan rejoint alors le siège de La Rochelle. Il rencontre Milady, qu’il va courtiser. Les mousquetaires tentent une action héroïque en allant défendre un bastion avancé où ils se retrouvent seuls sous le feu de l’ennemi. Milady organise l’assassinat du duc de Buckingham et empoisonne Constance. Les mousquetaires s’emparent de la meurtrière et lui font un procès : elle est décapitée. Les mousquetaires rentrent à Paris. D’Artagnan est fait lieutenant dans les mousquetaires par le cardinal de Richelieu, conscient de la valeur du jeune homme.
Les Trois Mousquetaires est le plus célèbre des romans d’Alexandre Dumas, initialement publié en feuilleton dans le journal Le Siècle de mars à juillet 1844, puis édité en volume dès 1844. Il est le premier volet de la trilogie romanesque dite « des mousquetaires », à laquelle il donne son nom, suivi par Vingt Ans après (1845) et Le Vicomte de Bragelonne (1847). Avec de multiples rebondissements romanesques, Les Trois Mousquetaires est l’exemple type du roman de cape et d’épée.
Spécialisés dans la bande dessinée historique, Arnaud Delalande (Le Dernier Cathare, Surcouf, Viravolta l’Orchidée Noire, Catherine de Médicis la Reine maudite, Fritz Lang le Maudit …) et Hubert Prolongeau (Cagliostro, La jeunesse de Staline…) adaptent ainsi ce célèbre roman, en respectant scrupuleusement sa trame. L’histoire est bien connue. Trop inexpérimenté pour gérer les affaires d’État, le roi Louis XIII n’a pas d’autre choix que de faire confiance à son premier ministre, le cardinal de Richelieu. C’est alors qu’un jeune Gascon, d’Artagnan, vient à Paris pour faire carrière dans le corps des mousquetaires. Avec Athos, Porthos et Aramis, mousquetaires du roi Louis XIII, il déjouera les complots du cardinal de Richelieu pour sauver l’honneur de la reine de France Anne d’Autriche.
Pour rester fidèles à l’esprit du roman, les scénaristes ont intégré les dialogues savoureux d’Alexandre Dumas. Les Trois Mousquetaires, c’est le panache, l’amitié et le dévouement. On y retrouve également sa perception personnelle du début du règne de Louis XIII. Dumas a contribué à développer la légende noire du cardinal de Richelieu, machiavélique et retors. La reine Anne d’Autriche est victime d’un mariage politique, subissant les turpitudes du cardinal. Louis XIII, qui apparaît comme un mari faible et jaloux, dans l’ombre de son ministre, admire néanmoins l’héroïsme des mousquetaires.
Laurent Bidot a étudié le dessin à l’École supérieure d’Arts Graphiques de Paris. Il commence sa carrière aux éditions du Triomphe, en illustrant la réédition de la série Langelot, romans d’espionnage pour la jeunesse écrits par Vladimir Volkoff. Il réalise le dessin et le scénario de ses premières bandes dessinées, consacrées à la religion chrétienne (Padre Pio la volonté de Dieu, L’histoire de la Grande Chartreuse, Le Linceul). Depuis quelques années, c’est Arnaud Delalande qui réalise le scénario de ses albums (François, Les gardiens du Pape, Arnaud Beltrame).
Tandis que le d’Artagnan de l’Histoire n’a pas de visage, celui d’Alexandre Dumas a été incarné sur scène et au cinéma par des acteurs très différents. Bidot fait le choix judicieux de lui donner les traits d’un beau jeune homme viril. Ceux de Louis XIII et de Richelieu sont convaincants, quoiqu’un peu vieillis pour leur âge à l’époque du récit. La colorisation d’Alice Bono, sensiblement terne, accentue l’aspect dramatique du récit.
Kristol Séhec
Les trois mousquetaires, 62 pages, 17,90 euros. Éditions Plein vent.
Illustrations : DR
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