Pyrénées. L’ours brun prospère… mais à quel prix pour les éleveurs ?

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Alors que l’on célèbre chaque année le retour de la faune sauvage dans les montagnes pyrénéennes comme une victoire écologique, les derniers chiffres du Réseau Ours Brun, rendus publics début avril, témoignent à la fois du succès démographique de l’espèce et des tensions croissantes avec les activités humaines. En 2024, la population d’ours bruns dans les Pyrénées a franchi un nouveau cap, atteignant 104 individus, selon les estimations par capture-marquage-recapture (CMR). Mais cette progression n’est pas sans conséquences.

Une population en croissance constante

Depuis les premières réintroductions en 1996, principalement via des ours slovènes, la dynamique démographique ne cesse de progresser. En 2024, ce sont 96 individus qui ont été formellement identifiés (via analyses génétiques, photos, empreintes, etc.), dont 22 oursons de l’année, un record depuis le début du suivi.

La répartition géographique s’étend désormais sur 7 200 km², contre 7 100 km² l’an dernier. La population couvre ainsi une zone de 240 km d’est en ouest, entre l’Ariège et la Navarre. Le taux d’accroissement moyen annuel depuis 2006 est de +11,12 %.

Des attaques toujours nombreuses

Mais cette croissance s’accompagne d’un nombre stable, voire élevé, d’attaques sur les troupeaux. En 2024, 310 attaques sur cheptel domestique ont été recensées en France (contre 349 en 2023), ainsi que 14 attaques sur des ruchers. En Espagne, le phénomène est également en hausse : 67 attaques (59 sur bétail, 8 sur ruchers) contre 41 en 2023. L’Andorre, en revanche, n’enregistre aucune prédation.

Si certaines associations minimisent ces chiffres en les comparant aux pertes naturelles liées aux maladies ou à la météo, les éleveurs, eux, vivent cette cohabitation comme une épée de Damoclès. Chaque attaque, souvent nocturne et difficilement prévisible, engendre non seulement des pertes animales, mais un stress chronique pour les bergers.

Autre point d’alerte du rapport : la diminution de la diversité génétique de la population. Le trop faible brassage entre individus – en partie dû à la faible variabilité des ours réintroduits – pourrait menacer la viabilité de la population à moyen terme. Une étude démo-génétique est actuellement en cours, menée par le Muséum national d’Histoire naturelle (MNHN), l’OFB et une université suédoise, avec des résultats attendus pour 2026.

Si la présence de l’ours brun dans les Pyrénées est un fait désormais établi, la question de la cohabitation reste entière. Faut-il envisager des corridors mieux adaptés ? Des zones sanctuarisées interdites au pâturage ? Ou au contraire, revoir à la baisse la tolérance vis-à-vis d’un prédateur dont les impacts concrets sont niés au nom de principes idéologiques ?

Crédit photo :  Pixabay (cc)
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7 réponses à “Pyrénées. L’ours brun prospère… mais à quel prix pour les éleveurs ?”

  1. Chegwidden dit :

    Débilité de l’époque actuelle : les bobos bien au chaud dans leur appartement rêvent d’une planète sauvage…
    Les bergers sont sur le terrain et leurs bêtes dévorées. Et si des randonneurs tombent face à ces ours ? Il faut que cela arrive pour que les doux rêveurs réalisent leurs erreurs….Sans compter qu’il y a aussi les loups…mais peut-être pas dans le Pyrénées ,

  2. Raymond Neveu dit :

    Trop d’ours, trop de loups et…trop de woko-bobo! Comme les vieux campagnards de jadis autour de leurs poulaillers…des appâts à la strychnine! C’est discret!

  3. Hadrien Lemur dit :

    Il fait quoi le pauvre promeneur qui tombe face à face avec un ours ? Il sort son opinel ? Non, les couteaux sont interdits par la loi. Un flingue alors ? vous n’y pensez pas, c’est du matériel réservé aux racailles et aux dealers, le français moyen et honnête n’a surtout pas le droit d’être armè. Reste a tenter une prière : Seigneur, faites que cet animal ait une pensée chrétienne ! Et là l’ours : Seigneur, bénissait ce repas que je vais prendre…

  4. Cougar dit :

    Et moi je dis : plus d’ourse, plus de loups et encore de moins de woko-bobo.
    Les animaux valent infiniment plus que les humains.

  5. nicole dit :

    En Ariège, en juillet 2023, on a créé la « 9G » pour les localiser (9 pour Ariège..) .
    Voyez les pages Internet citées dans :

    https://www.20minutes.fr/planete/environnement/4044125-20230704-pyrenees-quand-montagnards-creent-9g-reseau-citoyen-reperer-ours

  6. Soazig dit :

    L’époque de la grande faune sauvage en France est révolue…le territoire est trop restreint et l’homme ou plutôt le randonneur peut aller partout, au risque de se retrouver en face d’un « nounours », serviette autour du cou, récitant le benedicite…..pourra-t-il courir assez vite…..tout ça n’est pas sérieux…en plus les oursons à naître vont être consanguins donc…un peu …mous de la cervelle…quant aux éleveurs pleurant leurs infortunés moutons, qu’ils se débrouillent….qu’ils mangent de la brioche !!! les bobos parisiens ne risquent rien sur les pavés….car sous les pavés la plage….je m’égare.

  7. Frederic Masson dit :

    Pourriez vous m’expliquer le rapport entre « nounours serviette autour du cou », et « bénédicité »?
    Ça fait genre de taper sur les catholiques, mais en l’occurrence c’est totalement « hors sujet »!

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