Santé. Yeux secs, vision floue : quand les hormones dérèglent la vue, en particulier à la ménopause

Publicité

Yeux qui grattent, qui brûlent, sensation de sable sous la paupière, vision qui se trouble : ces symptômes banals peuvent avoir une cause à laquelle on pense rarement — les hormones. C’est ce qu’illustre un dossier santé publié mi-septembre par l’édition américaine d’Epoch Times, qui s’appuie notamment sur une revue scientifique de référence signée des ophtalmologues Raffaele Nuzzi et Paolo Caselgrandi (université de Turin), parue dans l’International Journal of Molecular Sciences. Leur constat : de nombreuses maladies oculaires ne touchent pas les hommes et les femmes de la même façon, et les hormones sexuelles — œstrogènes, androgènes, progestérone — y sont pour beaucoup. Des récepteurs à ces hormones ont en effet été identifiés dans la quasi-totalité des tissus de l’œil : glandes lacrymales, conjonctive, cornée, cristallin, rétine, choroïde.

Sécheresse oculaire : le rôle méconnu de la testostérone

La sécheresse oculaire est le cas le plus documenté. Les femmes en souffrent 2 à 4 fois plus que les hommes du même âge, et l’écart se creuse après la ménopause. En cause, le fonctionnement des glandes de Meibomius, ces dizaines de petites glandes logées dans les paupières qui produisent la couche huileuse des larmes : sans ce film lipidique, les larmes s’évaporent trop vite. Or les androgènes — dont la testostérone, présente aussi chez les femmes mais déclinant avec l’âge — stimulent ces glandes et jouent un rôle anti-inflammatoire, tandis que les œstrogènes semblent au contraire freiner leur activité et favoriser l’inflammation de la surface oculaire, possiblement en « occupant » les récepteurs des androgènes. Signe révélateur relevé par les auteurs : les hommes traités par anti-androgènes contre un cancer de la prostate se plaignent fréquemment de brûlures, de photophobie et de sensation de corps étranger. Et contrairement à une idée répandue, le traitement hormonal substitutif de la ménopause, qui augmente les œstrogènes, n’améliore pas de façon fiable la sécheresse oculaire — il pourrait même l’aggraver, ce qui conforte la piste du déficit androgénique comme facteur clé.

Cornée, cataracte, glaucome : les œstrogènes en 1re ligne

Les hormones ne modifient pas que les larmes, mais l’œil lui-même. Au fil du cycle menstruel, la cornée s’épaissit temporairement aux pics d’œstrogènes et de progestérone, qui favorisent la rétention d’eau et assouplissent le tissu — des variations également observées au 3e trimestre de grossesse, avec parfois pression oculaire modifiée et vision floue à la clé. Raison pour laquelle une stabilité hormonale est requise avant une chirurgie réfractive : il faut parfois suspendre pilule ou traitement hormonal avant l’opération. Les œstrogènes ont aussi leurs bons côtés : ils stimulent la cicatrisation de la cornée et protègent le cristallin de l’opacification — l’incidence de la cataracte chez la femme n’augmente d’ailleurs qu’après la ménopause, quand leur taux s’effondre. Même logique pour le glaucome : après la ménopause, la pression intraoculaire augmente de 1,5 à 3,5 mmHg et le risque s’accroît, tandis qu’une exposition plus longue aux œstrogènes (puberté précoce, ménopause tardive) semble protectrice. Les chercheurs turinois évoquent même de futures pistes thérapeutiques à base d’œstrogènes pour certaines formes de glaucome ou la neuropathie optique de Leber, encore au stade expérimental.

Des gestes simples qui soulagent

En attendant, pour les yeux secs d’origine hormonale — fréquents en périménopause —, des solutions simples existent, détaillées par l’ophtalmologue américaine Gina Yu, porte-parole de l’American Academy of Ophthalmology : masques oculaires chauffants (5 à 20 minutes autour de 40 °C, la température nécessaire pour fluidifier les huiles qui bouchent les glandes, avec une amélioration mesurable dès la 1re utilisation selon une étude citée), pauses régulières face aux écrans, humidificateur d’air, lunettes enveloppantes contre le vent, larmes artificielles sans conservateur et gels hydratants au coucher. Et un conseil : signaler à son ophtalmologiste tout changement hormonal — début ou arrêt d’une contraception, traitement substitutif, grossesse —, car les yeux, décidément, n’y sont pas indifférents. Si les symptômes persistent au-delà de quelques semaines, la consultation s’impose.

Photo d’illustration : DR

[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.

Publicité
Cet article vous a plu, intrigué, ou révolté ?

PARTAGEZ L'ARTICLE POUR SOUTENIR BREIZH INFO

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Publicité

LES DERNIERS ARTICLES

VANNES

Vannes. Le colonel Peer de Jong en dédicace samedi pour « Out of Africa », chronique du divorce franco-africain

yeux_bandes

Santé

Santé. Yeux secs, vision floue : quand les hormones dérèglent la vue, en particulier à la ménopause

revenus_impots

Economie

Budget 2027 : 9 milliards d’€ de prélèvements en plus, les assurés en 1re ligne

NANTES

Chasse aux sorcières à Bouguenais (44). Un adjoint exclu de la majorité pour avoir relayé des publications de figures de la droite nationale sur Facebook

International

Droit de vote des étrangers, financement des diasporas : ce que contient le rapport adopté à l’unanimité par une commission de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe

Local

Guipavas : une gestion financière « globalement satisfaisante » mais des irrégularités pointées par la chambre régionale des comptes

A La Une, Immigration, Société

La population immigrée présente en France a augmenté de 80% depuis l’an 2000 : trois scénarios pour demain

gaz_naturel

Economie, Social

Énergie. Le prix du gaz s’envole : +42,9 % pour le chauffage depuis janvier, soit 585 € de plus sur la facture annuelle

Economie

Compte personnel de formation : le gouvernement veut faire payer jusqu’à 350 € les formations jugées éloignées de l’emploi

Martigné-Ferchaud

Ensauvagement, Justice, Local, Sociétal

Cambriolages en Bretagne : plus de 100 bijoux à identifier

ARTICLES EN LIEN OU SIMILAIRES

Santé

Cancer du pancréas : la glutamine associée à la chimiothérapie, une piste prometteuse issue d’un essai américain

Découvrir l'article

NANTES, RENNES

« Maladie Caméléon » : une campagne nationale de dépistage de l’amylose cardiaque, avec des journées à Rennes et Nantes

Découvrir l'article

Santé

Alzheimer : 1 Français sur 2 concerné, mais une maladie toujours mal comprise

Découvrir l'article

Santé

Surmédication des personnes âgées : ces effets secondaires que les médecins prennent pour de nouvelles maladies

Découvrir l'article

Santé

Automédication : à peine 15 % des produits sans ordonnance jugés efficaces et sûrs par 60 Millions de consommateurs

Découvrir l'article

Santé

Mélatonine : l’hormone du sommeil soulage aussi les douleurs chroniques, selon une vaste analyse

Découvrir l'article

Santé, Social

Santé. Franchises en hausse, soins déremboursés : les Français passent encore à la caisse

Découvrir l'article

Santé

Santé. La « Maladie Caméléon » traquée dans 50 hôpitaux : dépistages à Nantes le 9 octobre et à Rennes le 5 novembre

Découvrir l'article

LORIENT, Social

Lanester. La Journée du Cœur revient le 3 octobre aux Docks : dépistages gratuits et prévention cardio-vasculaire

Découvrir l'article

Santé

Santé. Les bains de bouche du commerce, faux amis de votre bouche ?

Découvrir l'article

Nous utilisons des cookies pour vous garantir la meilleure expérience sur Breizh Info. Si vous continuez à utiliser le site, nous supposerons que vous êtes d'accord.