La course au large au service de la science. À l’occasion de la Route du Rhum – Destination Guadeloupe, la skippeuse Anne-Claire Le Berre réalisera des prélèvements d’eau en haute mer lors de son convoyage retour de Guadeloupe, à bord de l’Ocean Fifty UpWind by MerConcept, annoncent l’Ifremer et l’écurie concarnoise MerConcept dans un communiqué du 24 septembre. Les échantillons alimenteront Phenomer, le projet de sciences participatives porté par l’Ifremer pour mieux comprendre la biodiversité du phytoplancton et son évolution face aux changements environnementaux — un partenariat soutenu par 11th Hour Racing, partenaire fondateur du projet UpWind.
L’ADN de l’océan prélevé là où les scientifiques ne vont jamais
Concrètement, les échantillons recueillis au large seront analysés pour en extraire l’ADN environnemental (ADNe), qui permet d’évaluer la diversité des microalgues présentes dans l’eau. Car si le suivi optique — par satellite ou signalements participatifs — permet de cartographier les efflorescences de phytoplancton qui colorent la mer, il ne montre que la partie émergée de l’iceberg : en couplant ce suivi visuel aux analyses génétiques, les scientifiques pourront relier l’aspect visible des « blooms » à la réalité de la biodiversité microscopique sous-jacente. Pour Jean-Côme Piquet, coordinateur de Phenomer et responsable de la station Ifremer de Concarneau, la collaboration avec les skippers constitue une opportunité scientifique exceptionnelle : les données récoltées en haute mer étendent les recherches bien au-delà de la zone d’observation littorale habituelle, pour cartographier la biodiversité et comprendre comment les communautés planctoniques réagissent aux anomalies climatiques. « L’engagement des marins accélère de manière inédite l’acquisition de nos connaissances », souligne-t-il.
Comparer 2025 et 2026, après une année climatique anormale
La campagne prend cette année une dimension particulière : les données seront comparées à celles collectées en 2025 lors du convoyage retour de la Transat Café L’Or, offrant une occasion unique de mesurer l’impact d’une année climatique particulièrement anormale sur la résilience et la composition des écosystèmes phytoplanctoniques. Autre nouveauté, le trimaran testera pour la 1re fois un dispositif de prélèvement développé conjointement par l’Ifremer et MerConcept : plus léger, pensé pour les contraintes de poids, de performance et d’ergonomie propres à la course au large, il doit permettre aux navigateurs de contribuer à la collecte scientifique sans pénaliser leurs bateaux. Chez MerConcept, on rappelle que les bateaux de course naviguent dans des zones rarement accessibles aux scientifiques, et que mettre cette capacité au service de la recherche relève d’une démarche pleine de sens pour l’écurie fondée par François Gabart.
Des écoliers au contact du plancton le 1er octobre
Le partenariat comporte enfin un volet pédagogique local : le 1er octobre, les équipes d’UpWind et de l’Ifremer accueilleront 2 classes de primaire dans les locaux de MerConcept à Concarneau. Les élèves découvriront comment se déroulent les prélèvements à bord du trimaran et observeront au microscope ce phytoplancton invisible à l’œil nu — un organisme loin d’être anecdotique, puisque le plancton représente près de 90 % de la biomasse marine et joue un rôle essentiel dans les écosystèmes océaniques comme dans le cycle du carbone planétaire. Une façon de montrer aux plus jeunes comment chercheurs, ingénieurs et navigateurs peuvent unir leurs expertises pour mieux comprendre l’océan. Départ de la Route du Rhum le mois prochain à Saint-Malo — et rendez-vous scientifique au retour.
Crédit photo : Guillaume Gatefait
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.