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On nous répète que le progrès a libéré la femme, l’homme, le désir. Et pourtant, nous vivons dans un pays qui s’offusque encore du commerce du corps, mais tolère qu’il se pratique dans l’ombre, dans la peur, sous le joug des réseaux mafieux et des trottoirs glacés. La France se donne des airs de vertu, mais ferme les yeux sur sa schizophrénie morale : on interdit, mais on consomme. On criminalise l’acte, mais on truffe Internet de porno, de « camgirls », de Tinder exhibitionniste, de misère affective, de solitude sexuelle, de frustrations prêtes à exploser.
La vérité est simple, brutale : le sexe est un besoin vital comme manger, dormir, respirer. On peut le nier, on peut le moraliser, mais on ne l’abolira jamais.
Alors plutôt que laisser ce besoin animal se débattre dans la fange, pourquoi ne pas le civiliser ? Rouvrir les maisons closes, non par nostalgie d’un passé libertin, mais par lucidité politique.
Protéger vraiment les femmes, au lieu de les sacrifier à l’idéologie
Aujourd’hui, des milliers de femmes se vendent parce qu’il n’existe aucune structure stable pour le faire dignement. Elles travaillent dans des voitures, des caves, des hôtels de passe, sous la menace des proxénètes, sous la dépendance des réseaux d’immigration clandestine. Ce n’est pas la prostitution qui est indigne — c’est sa clandestinité.
Créer un statut professionnel clair, avec encadrement médical, fiscal, social, ferait reculer la traite plus sûrement que n’importe quelle loi moralisatrice. Le métier de péripatéticienne — assumons le mot — pourrait devenir un métier protégé, réglementé, encadré. Et à partir de là, oui, l’État serait légitime à chasser sans pitié les proxénètes, et à punir sévèrement tout recours hors cadre légal.
Car quand il existe un espace propre et reconnu, on peut détruire les égouts.
Faut-il rappeler que d’autres vendent aussi leur corps ?
Qui osera dire qu’une prostituée vend plus sa chair qu’une ouvrière broyée 40 ans par l’usine, usée avant 50 ans, payée des miettes pour faire tourner la grande machine ? Le travail fatigue, use, transforme le corps — certains l’érotisent, d’autres le cassent. Où serait la hiérarchie morale ? On s’indigne qu’une femme vive de son désir, mais on applaudit qu’elle se tue à la chaîne pour un SMIC. L’hypocrisie est totale.
Les maisons closes, rempart contre la prédation moderne
La réouverture ne serait pas seulement un progrès social. Ce serait aussi une régulation anthropologique.
Dans un monde où les relations entre hommes et femmes se délient, où les applications transforment la rencontre en marché algorithmique, où des cohortes d’hommes vivent la frustration permanente, la sexualité se radicalise, se crispe, se venge parfois. Régression masculine, ressentiment silencieux, explosion des incels : on refuse de voir l’incendie qui couve.
Une société stable doit offrir des exutoires. Des lieux contrôlés, hygiéniques, déclarés, où l’on paie comme on paie une coupe de cheveux ou une consultation chez l’ostéo. Les maisons closes seraient la sécurité, la responsabilité, l’encadrement, au lieu du chaos pulsionnel.
Et surtout : elles couperaient l’herbe sous le pied des mafias migratoires. Pour travailler, il faudra être en règle.
Pour exercer, il faudra choisir, être majeure, consentante, déclarée. Le proxénète illégal n’a plus d’espace dans une économie légale.
Liberté du corps, liberté des femmes, liberté des hommes
On veut interdire le désir. On veut moraliser l’instinct. On rêve d’une société neutre, stérilisée, post-sexuelle.
Eh bien non. Le XXIᵉ siècle sera sensuel ou il sera carcéral.
Rouvrons les maisons closes.
Non pour célébrer la débauche, mais pour restaurer un ordre du désir. Pour que celles qui veulent exercer puissent le faire en sécurité. Pour que ceux qui en ont besoin puissent aimer — même contre rémunération — sans honte, sans clandestinité, sans danger.
L’hypocrisie doit mourir. La liberté doit revenir.
Et si l’humanité est faite de chair, alors que cette chair soit encadrée, libre, consentie — mais jamais laissée aux mains des esclavagistes des pervers et des nouveaux négriers.
Julien Dir
Illustration : DR
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7 réponses à “Rouvrir les maisons closes : pour en finir avec l’hypocrisie sexuelle française”
Bravo !
J’ai cru être dans le monde des bisousnours en lisant cet article: » Créer un statut professionnel clair ferait reculer la traite » ou encore » l’Etat serait légitime à chasser sans pitié les proxénètes et à punir » . Alors que justement cet Etat défaillant n’arrive plus à assurer la sécurité ( inscrit dans la Constitution ), ni à endiguer le trafic de drogue en gros n’est plus maître de rien , comment ferait il pour imposer cette réouverture. Mais il est permis de rêver.
Tout cela est d’une telle évidence qu’on se demande quelles peuvent être les vraies raisons qui poussent les politiques à rester sur des positions indéfendables contre la condition des femmesqui souhaitent vivre de leurs charmes et celle des hommes culpabilisés dont le désir est nié.
Dans toute l’Europe les maisons closes avec ce terme n’existent pas. Se sont des salons de massage ou autres indépendants, d’hommes ou de femmes, tarifées, contrôlées, sécurisées, protégées, payant les impôts comme tout le monde. >Sociologiquement parlant c’est une bouée de sauvetage pour satisfaire et faire renaître la libido dans un couple et si possible engendrer des enfants. Exactement comme dans la Rome la Grèce ou l’Egypte antique dans le meilleur des mondes. La France comme d’habitude à 20 ans de retard je dirais plusieurs millénaires de retard.
Il fallait fermer les »maisons closes » telles qu’elles existaient autrefois où des filles avaient été kidnappées et »obligées » de faire des »passes » toute la journée, sans pouvoir sortir de leur »maison close »!…mais les »maisons closes » telles qu’elles existent en Allemagne et en Espagne, actuellement, sont différentes. Un homme tient sa »maison close » comme un hôtel, les »filles » viennent volontairement, elles louent une chambre, puis elles repartent chez elles! Ces »filles » respectent les règles d’hygiène et les »clients » se comportent correctement car ils risquent des poursuites s’ils agressent les prostituées, etc..
Beau Pays de France où il faut légiférer sur tout, où tout doit être imposer, taxer, soumis à une contribution volontaire ou définie comme telle…laissez le respirer. Les femmes qui souhaitent vivre de leurs charmes elles se débrouillent très bien et n’ont pas attendu Tanguy.
@Charles Quitério
Dire de quelqu’un que c’est une pute n’est pas un compliment en général.
Cet effet se propage pour les femmes qui souhaitent « vivre de leur charmes » (expression bête car je ne connais pas beaucoup de prostituées ayant du charme).
Il n’y aura pas de prostitution, de fille de mauvaise vie comme on les appelle ou bien avec un conscience sociale diminuée comme Poutine les a appelées s’il n’y a pas de clients.
Je propose donc que ceux qui ont des pulsions trop fortes utilisent du bromure dans leur alimentation. Quand j’étais à l’armée (1975) on sentait bien qu’on avait mangé du bromure !