Sarah Knafo face aux procureurs gauchistes de franceinfo : il est temps de démanteler l’audiovisuel public

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Mercredi 28 octobre, 8 h 30, studio de franceinfo. Avant même la première question, l’acte d’accusation était lu. Sarah Knafo n’avait pas encore ouvert la bouche que Simon Le Baron la présentait comme la représentante d’un parti dirigé par un homme « multicondamné pour incitation à la haine raciale ». Puis venait la question : condamnez-vous l’attentat de Trappes ? Comme si une eurodéputée française devait, chaque matin, prouver qu’elle n’applaudit pas aux meurtres commis dans son pays.

Ce n’était pas une interview, c’était une comparution. Pendant 23 minutes, 2 journalistes payés par l’ensemble des Français ont tenu le rôle qu’ils affectionnent : celui de procureurs d’une république des bien-pensants, où l’invité de droite n’est pas interrogé mais instruit, où chaque réponse est coupée, où la parole n’est accordée qu’à condition de réciter le catéchisme.

Je ne suis pas de ceux qui pleurnichent quand un journaliste est dur. La dureté est une vertu du métier. Mais ce que la France a entendu mercredi n’avait rien à voir avec la dureté. C’était le mépris, à l’état chimiquement pur.

8 h 30, studio de franceinfo

Reprenons la séquence. Audrey Tison reproche à Sarah Knafo des tweets « laconiques » sur Trappes. L’eurodéputée demande qu’on lise son message en entier, long de plusieurs paragraphes. La journaliste commence, s’arrête. Réponse de son collègue : « Ce n’est pas vous qui posez les règles sur ce plateau. »

Tout est dit. Le plateau leur appartient. Le micro leur appartient. Le temps de parole leur appartient. Le seul problème, c’est que rien de tout cela ne leur appartient : le studio, les salaires, les micros, les ondes sont payés par les Français, y compris par les millions d’entre eux qui votent pour Sarah Knafo, pour Éric Zemmour, pour le Rassemblement national ou pour rien du tout, et qui ne demandent qu’une chose : que leurs idées soient interrogées, pas exécutées en place publique.

Sarah Knafo a condamné l’attentat de Trappes, dès les premières secondes, sans la moindre ambiguïté. Cela n’a pas suffi. Il fallait qu’elle s’agenouille.

Fassin, Christchurch et la liste des morts

L’eurodéputée sort alors une feuille : un tweet de franceinfo de 2018, relayant dans sa rubrique « Vrai ou fake » la thèse du sociologue Éric Fassin selon laquelle le racisme anti-blancs n’existerait pas. Les journalistes protestent : ce n’était qu’une citation d’un invité. Mais une rubrique qui prétend trier le vrai du faux et qui publie cette phrase sans guillemets fait un choix éditorial. On ne peut pas, d’un côté, s’ériger en tribunal de la vérité et, de l’autre, se défausser sur l’invité quand le verdict embarrasse.

Puis vient le moment le plus révélateur. Les 2 intervieweurs accusent Sarah Knafo et Éric Zemmour d’être les promoteurs d’une « théorie raciste complotiste », le grand remplacement, qui aurait « déjà tué », à Christchurch, en Nouvelle-Zélande. Traduction : vos idées arment les assassins. L’eurodéputée retourne alors l’argument, comme on retourne une arme contre celui qui la braque : si un discours est responsable des crimes commis en son nom, que dire des 270 morts tombés en France au cri d’« Allah Akbar » ?

Et elle commence à lire les noms. Les enfants de l’école Ozar Hatorah. Charlie Hebdo. Le Bataclan. La promenade des Anglais. Le père Hamel. Samuel Paty. Dominique Bernard. Elle est interrompue : ce ne serait « pas un meeting ». Lire la liste des Français assassinés par l’islamisme sur une antenne publique, voilà donc ce que franceinfo appelle un discours politique. Le reste du temps, ces noms ont droit aux bougies et aux marches blanches. Prononcés par une élue de droite, ils deviennent de la propagande.

Sarah Knafo a aussi avancé ses chiffres pour 2025, tirés selon elle du ministère de l’Intérieur : 1 320 actes antisémites, 843 actes antichrétiens, 326 actes antimusulmans. Personne en face ne les a contestés. On a préféré lui opposer d’autres noms de victimes, comme dans une compétition macabre où certains morts comptent double.

Le livre que personne n’avait lu

La 2e partie aurait dû porter sur le fond : le pouvoir d’achat, les impôts, la retraite par capitalisation, l’aide publique au développement, que Sarah Knafo veut supprimer. On pouvait la contredire. On pouvait la pousser dans ses retranchements. On pouvait même avoir raison contre elle sur tel ou tel chiffre.

Mais il aurait fallu travailler. Lorsque Simon Le Baron invoque de « nombreux économistes » qui contesteraient ses chiffres, l’invitée demande des noms. Il faut un long moment pour qu’en sorte un ou deux. Lorsqu’elle demande si ses intervieweurs ont lu Le Casse du siècle, le livre qu’ils prétendent démonter, elle n’obtient pas de oui. Elle obtient une remarque sur son « ton ».

Voilà le service public de l’information en 2026 : des journalistes qui n’ont pas besoin d’avoir lu un livre pour savoir qu’il est faux, puisqu’il est écrit par quelqu’un de droite.

La corporation fait bloc

L’après-midi même, la machine s’est mise en marche. Franceinfo a publié sur X un communiqué dénonçant une « stratégie visiblement délibérée de délégitimation du travail journalistique », apportant son « plein soutien » à ses 2 journalistes, qui auraient simplement « exercé leur métier ». La Société des journalistes de Radio France a suivi. La radio a même pris soin de démentir s’être excusée, comme on le lui prêtait. Pas un mot d’autocritique. Pas une seconde de doute.

C’est là le cœur du problème. Une rédaction normale, face à 23 minutes d’invectives et d’interruptions, se serait au moins interrogée. La caste, elle, ne s’interroge jamais. Elle se défend en meute, elle se décerne des brevets de démocratie et elle transforme chaque critique en attaque contre la liberté de la presse. Quand un patron de presse privée défend ses journalistes, c’est son droit, c’est son argent. Quand Radio France le fait, c’est avec le nôtre.

Une précision s’impose. Les messages menaçants reçus par les 2 journalistes depuis mercredi sont stupides et doivent être poursuivis comme tels. Ils sont surtout le plus beau cadeau qu’on puisse faire à la corporation : ils lui offrent le rôle de martyre et lui évitent de répondre sur le fond. La réponse à franceinfo ne passe pas par l’insulte. Elle passe par le budget.

À mes yeux, la direction de franceinfo aurait dû suspendre ces 2 intervieweurs de l’exercice politique, le temps d’un examen sérieux de ce qui s’est passé à l’antenne. Elle a fait l’inverse. Elle les a couronnés.

3,86 milliards d’euros

Rappelons ce que coûte cette arrogance. La loi de finances pour 2026 accorde 3,86 milliards d’euros à l’audiovisuel public. Le projet pour 2027 en prévoit 3,82. France Télévisions en absorbe 62 %, Radio France 17 %.

Depuis la suppression de la redevance en 2022, ce financement passe par une fraction de la TVA. Autrement dit, le Breton qui achète un pack de lait à Carhaix, l’artisan qui vote Reconquête, l’ouvrier qui ne regarde jamais France 2, la mère de famille qui n’écoute que des radios privées : tous paient le salaire de ceux qui, chaque matin, les traitent de fascistes en puissance. On a supprimé la redevance pour la rendre invisible. On ne l’a pas supprimée.

Le gouvernement de Sébastien Lecornu a renoncé à toute réforme globale de l’audiovisuel public avant la présidentielle. La commission d’enquête parlementaire conduite par le député UDR Charles Alloncle a pourtant proposé plus d’1 milliard d’euros d’économies, des fusions, des suppressions et une obligation de neutralité. Le rapport existe. Le courage politique, non.

Les 2 France

Guillaume Faye parlait de « convergence des catastrophes » : dette, effondrement scolaire, insécurité, immigration, fractures identitaires, perte de confiance dans les institutions, toutes ces lignes de faille finissant par se rejoindre en un même point de rupture. L’audiovisuel public n’est pas une catastrophe parmi d’autres. Il est le lieu où toutes les autres sont niées, euphémisées, maquillées.

Il y a désormais en France plusieurs peuples politiques qui ne se parlent plus, ne se comprennent plus et commencent à se haïr. Le pays sort d’un mois d’octobre d’émeutes et de pillages, d’un attentat à Trappes, d’une colère sociale qui ne retombe pas. L’année 2027 s’annonce comme l’une des plus tendues de la Ve République. Dans ce paysage, le service public devrait être le terrain neutre, l’espace commun où chacun peut se reconnaître. Il est devenu un camp. Il choisit ses invités fréquentables, ses victimes dignes d’hommage, ses sociologues autorisés et ses ennemis à abattre.

Une institution qui se comporte comme un parti n’a pas à être financée comme un service de l’État. Les Français qui ne veulent pas voir Sarah Knafo traitée en accusée n’ont pas à payer pour ses procureurs.

Démanteler, et vite

Il ne s’agit pas de « réformer », mot creux qui sert depuis 30 ans à ne rien changer. Il s’agit de démanteler.

Privatiser France 2, France 5, France Inter et franceinfo, dont l’existence ne répond à aucune mission que le privé n’assure déjà. Céder les antennes à ceux qui voudront les reprendre, à leurs risques et sur leurs propres deniers. Si leurs journalistes sont aussi indispensables qu’ils le prétendent, le marché les accueillera à bras ouverts.

Conserver ce qui relève réellement du bien commun : l’INA et ses archives, la mémoire audiovisuelle du pays. Confier aux régions les moyens de l’information de proximité et des langues régionales, pour que le breton ait enfin à l’antenne une place qui ne dépende plus du bon vouloir parisien.

Rendre aux Français la fraction de TVA ainsi libérée, plusieurs milliards d’euros par an, plutôt que de la verser à ceux qui les méprisent.

Inscrire ce démantèlement noir sur blanc dans les programmes de la droite pour 2027, avec un calendrier et des montants. Chaque candidat qui prétend défendre la liberté d’expression devra dire, avant le 1er tour, s’il compte continuer à financer franceinfo.

Yann Vallerie

[cc] Breizh-info.com, 2026, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine.

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