L’année 2025 restera comme l’une des plus sombres pour le tissu entrepreneurial français. Selon le dernier bilan publié par le groupe Altares, spécialiste de l’information économique sur les entreprises, près de 70 000 sociétés ont fait l’objet d’une procédure collective (sauvegarde, redressement ou liquidation judiciaire) sur l’ensemble de l’année. Un niveau inédit, qui confirme l’ampleur de la crise traversée par les PME et les entreprises de taille intermédiaire.
Le seul quatrième trimestre concentre 19 024 défaillances, un record absolu pour cette période. C’est près de 4 000 procédures de plus que la moyenne observée sur les quinze dernières années, souligne Altares. Si le volume reste exceptionnel, un élément positif se dégage toutefois : le rythme de progression ralentit nettement, avec une hausse limitée à +1,7 % sur le trimestre, après +10 % fin 2024 et +38 % en 2023.
Des PME et ETI particulièrement exposées
D’après l’analyse d’Altares, les entreprises employant plus de 100 salariés sont désormais en première ligne. Leur nombre de défaillances progresse fortement, avec 236 procédures en 2025, soit une hausse de près de 19 % en un an. Une dynamique bien supérieure à celle observée sur l’ensemble du tissu économique.
Ces grandes entreprises défaillantes se concentrent principalement dans trois secteurs : l’industrie manufacturière, le secteur social et les services administratifs aux entreprises. Un phénomène qui a un impact direct sur l’emploi. Plus de 267 000 salariés et dirigeants se retrouvent menacés, un chiffre en hausse par rapport à 2024.
Cependant, Altares note un élément encourageant : près de 90 % de ces PME-ETI parviennent à éviter la liquidation, en optant pour un redressement judiciaire ou une procédure de sauvegarde, permettant une poursuite d’activité.
Liquidations en recul, redressements en hausse
Autre signal contrasté : si les liquidations judiciaires directes restent majoritaires, représentant près des deux tiers des procédures, leur nombre recule légèrement en fin d’année. À l’inverse, les redressements judiciaires progressent fortement, traduisant une volonté accrue de sauver les entreprises plutôt que de les faire disparaître.
Les procédures de sauvegarde, quant à elles, se stabilisent. Un indicateur qui témoigne d’une meilleure anticipation des difficultés par certains dirigeants, même si cela reste encore minoritaire dans le paysage économique.
Les plus petites structures aussi sous pression
Les entreprises de moins de trois salariés enregistrent également une nette hausse des défaillances, avec plus de 14 000 procédures au quatrième trimestre. Sur l’année, la progression atteint 4 %. À l’inverse, les structures de 3 à 99 salariés résistent mieux, avec un recul des défaillances sur la fin de l’année, signe d’une capacité d’adaptation plus forte.
Les entreprises les plus anciennes ne sont pas épargnées. Celles de plus de 15 ans d’existence voient leurs difficultés s’accentuer, preuve que la crise touche aussi des acteurs installés de longue date.
Taxis, livraison à domicile, viticulture : des secteurs en grande difficulté
L’étude d’Altares met en lumière des secteurs particulièrement frappés. Les taxis et la livraison à domicile connaissent une véritable hécatombe, avec des hausses spectaculaires des procédures. Le secteur agricole reste également très fragilisé, notamment la viticulture, où les défaillances continuent d’augmenter fortement, en particulier en Nouvelle-Aquitaine.
La restauration, déjà durement touchée depuis plusieurs années, poursuit sa dégradation, tandis que les activités de soins et d’action sociale affichent elles aussi une sinistralité préoccupante.
Construction et immobilier : un rare motif d’espoir
Dans ce tableau sombre, certains secteurs montrent néanmoins des signes de reprise. La construction enregistre un recul significatif des défaillances en fin d’année, notamment dans le gros œuvre. L’immobilier connaît également une amélioration sensible, en particulier dans la promotion immobilière.
Le commerce de détail affiche une légère accalmie, notamment dans l’habillement et l’équipement du foyer, même si certaines branches comme l’optique ou la réparation automobile restent sous tension.
Bretagne : une situation stabilisée mais toujours fragile
En Bretagne administrative, la situation reste préoccupante mais relativement contenue. Selon les chiffres d’Altares, la région enregistre une hausse de 3,2 % des défaillances au quatrième trimestre, un niveau proche de la moyenne nationale. Sur l’ensemble de l’année, la Bretagne totalise plus de 2 500 procédures, un chiffre au plus haut depuis 2015.
Si la région parvient à éviter l’emballement observé ailleurs, le niveau reste historiquement élevé, confirmant la fragilité persistante du tissu économique local.
Vers une accalmie en 2026 ?
Thierry Millon, directeur des études chez Altares, évoque un contexte économique « paradoxal », marqué par une inflation contenue mais une croissance atone et des finances publiques sous tension. Selon lui, les entreprises ont été prises en étau entre la hausse des coûts énergétiques, les difficultés logistiques et un climat géopolitique instable.
Il observe néanmoins une amélioration progressive des comportements de paiement et un ralentissement des ouvertures de procédures collectives, laissant espérer une légère accalmie en 2026. Mais il met en garde : contraintes réglementaires, mécanisme d’ajustement carbone aux frontières, facturation électronique obligatoire… Les défis restent nombreux.
« Les entreprises devront conjuguer prudence financière et anticipation stratégique pour rester compétitives », conclut-il. Et si l’Etat arrêtait de les tuer à petit feu, tout simplement ?
Photo d’illustration : DR
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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