Le criminel racisé est-il le nouveau bon sauvage ? Neuf décisions de justice sidérantes

Nombre de nos contemporains considèrent que nous vivons dans une société devenue trop féministe. Ils évoquent notamment les différences de traitements dans les divorces et les gardes d’enfants qui font nettement pencher la balance en faveur des mères, la surreprésentation des femmes dans certains corps de métiers (éducation, système judiciaire…), ou encore leur absence dans les secteurs les plus pénibles. Une aura d’exceptionnalité, – particulièrement manifeste dans les slogans puérils « toutes les femmes sont belles, spéciales, fortes » etc., provenant du monde de la culture et des médias, prétend que nous devrions honorer toutes les femmes pour le seul fait d’être femmes. On s’attendrait donc à ce qu’elles soient considérées et protégées. Mais il est un domaine où c’est loin d’être le cas : la sécurité.

Tuées, violées, réduites en esclavage sexuel, maltraitées, des femmes sont victimes de la violence de certains hommes. Et si ces crimes apparaissent sidérants, ce qui l’est encore plus, c’est leur traitement : à l’heure où l’on traque la plus infime trace d’inégalité et de sexisme envers les femmes, souvent, lorsque l’une d’entre elles est agressée par quelque délinquant d’origine étrangère, ce dernier jouit d’une incompréhensible indulgence. Du nord au sud de l’Europe, nombre de décisions de justice qui entourent leurs crimes défient l’entendement et interrogent. Le criminel racisé jouirait-il d’une atténuante ? Les femmes seraient-elles sacrifiées sur l’autel du multiculturalisme ?  La preuve par neuf cas éclatants.

  • 5 ans de prison pour avoir poignardé 258 fois sa compagne

Une décision de « justice » absolument indigne a été rendue la semaine dernière par un juge néerlandais. Celui-ci a condamné Arnold Oforiwaa, un immigré ghanéen, à seulement cinq ans de prison pour avoir poignardé à mort sa compagne, lui infligeant 258 coups de couteau, en présence de leur bébé de quelques semaines. Le meurtrier a transmis en direct le moment où la femme trépassait et s’est pris un selfie à côté du nouveau-né, avant d’être arrêté en flagrant délit. L’accusation avait requis dix ans, mais le juge a réduit la peine de moitié en raison du léger « handicap intellectuel » et des troubles mentaux dont souffrait l’auteur des faits. Le journaliste scientifique Arnout Jaspers a vivement critiqué le concept juridique néerlandais de « responsabilité diminuée » vague et impossible à vérifier dont a joui l’assassin. « Une personne est soit complètement folle, soit elle ne l’est pas, et par conséquent, elle est soit internée dans un hôpital psychiatrique, soit condamnée à une peine de prison. » Sauf pour la justice du plat pays.

  • 5 ans de prison pour avoir violé (et mis enceinte) une enfant de 10 ans

En janvier dernier, en Italie, un migrant de 29 ans a écopé d’une peine de 5 ans de prison pour avoir violé une enfant de 10 ans. La fillette, hébergée dans le même centre d’accueil pour réfugiés que son agresseur, a été contrainte d’avorter suite à l’agression. Bien que l’affaire ait éclaté parce que la mère avait noté un changement dans le comportement de sa fille, devenue soudainement déprimée et silencieuse, le juge qui a émis la sentence a considéré que « l’usage de la violence n’a pas été démontré » et a donc requalifié les faits en « actes sexuels avec un mineur ».

  • 3 ans de réclusion mais pas d’expulsion pour un viol « n’ayant pas duré longtemps »

En août 2024, Meya Åberg, une étudiante suédoise de 16 ans, est violée dans un passage souterrain par Yazied Mohamed, un réfugié érythréen de 18 ans. Il écope d’une peine de trois ans de réclusion et de 240 000 SEK de dommages et intérêts. Le procureur avait exigé son expulsion, mais dans son arrêt la cour d’appel du Haut-Norrland s’y oppose, jugeant que : « Compte tenu de la nature et de la durée de l’infraction en question, la Cour d’appel estime que, bien que le crime soit grave, il ne constitue pas une infraction exceptionnellement grave qui justifierait un ordre d’expulsion pour Yazied Mohamed.”

  • 468 coups de couteau mais déclaré irresponsable, il viole une femme

À Albi, quatre hommes ont été interpellés en décembre 2025 dans le cadre d’une enquête ouverte pour viols répétés sur personne vulnérable. Parmi les suspects figure Samir T., 47 ans, auteur d’un crime d’une violence extrême en 2011 à Toulouse : il avait tué de 468 coups de couteau Fatima, sa voisine de 70 ans. Bien qu’il ait eu la lucidité de couper les fils du téléphone, de nettoyer soigneusement ses vêtements tâchés de sang, et de reconnaître les faits, il a été déclaré pénalement irresponsable par la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Toulouse alors qu’il aurait dû être jugé pour homicide volontaire, actes de barbarie et de torture.

  • Quelques mois de détention pour un viol collectif sur une fille de 14 ans. Pour le juge, « il faut comprendre »

En octobre 2019, dans un centre d’accueil pour réfugiés à Illerkirchberg en Allemagne, une jeune fille de 14 ans est sauvagement violée par quatre demandeurs d’asile en provenance d’Irak et d’Afghanistan. Ils sont condamnés à des peines dérisoires de vingt-six à vingt-sept mois de prison.
Après sa libération, alors qu’il était encore en liberté conditionnelle, l’un des violeurs, l’Afghan Mohtajar N., s’enfuit en France. Capturé, il est extradé en Allemagne où il est condamné, avec toutes les circonstances atténuantes possibles, à une amende de 1 000 euros. Dans la décision du juge, il est indiqué que le violeur devait être « humainement » compris parce que « à la fin ici, personne ne veut de toi ». Malgré le fait que Mohtajar N. ait été inclus dans la liste « Étrangers dangereux » du ministère de l’Intérieur, il n’a pas pu être expulsé d’Afghanistan, n’étant pas retenu comme un « pays sûr ».

  • Des agresseurs libérés avant que leur victime ne sorte de l’hôpital

Les exemples de multirécidivistes et autres sujets dangereux capturés par les forces de l’ordre et immédiatement relâchés pullulent en Italie. Giorgia Meloni s’en est personnellement exprimée dans une vidéo officielle où elle dénonce une partie de la magistrature politisée qui a imposé à l’État italien d’indemniser un clandestin algérien, comptant 23 condamnations, dont une pour avoir « pris une femme à coups de poing et coups de pied » pour avoir tenté de l’expulser du pays. Quelques mois auparavant, à Foggia, un migrant d’origine africaine avait sauvagement et sans motif apparent frappé à la tête et au corps une jeune femme dans la rue. Quelques heures seulement après sa capture par les forces de l’ordre, il est aperçu de nouveau en ville, alors que sa victime est encore à l’hôpital. Quelques semaines après, à Côme, une jeune fille était tabassée dans la rue par un clandestin égyptien de 21 ans, lui aussi avec de nombreux antécédents judiciaires. Malgré la plainte, alors que la victime se trouve encore aux urgences, le délinquant est en liberté. La complaisance de certains juges envers les criminels est devenu un enjeu de sécurité publique dans le pays.

  • 8 ans de réclusion (effectuée en partie) pour la réduction en esclavage sexuel de 47 mineures

Au Royaume-Uni, l’absurde indulgence judiciaire, pratiquée pendant des décennies, a conduit au viol et à la réduction en esclavage sexuel de milliers d’enfants et d’adolescentes. Les victimes des grooming gangs pakistanais étaient réticentes à signaler les abus, non seulement en raison de l’absence de soutien pour garantir leur sécurité, mais aussi parce que la disproportion entre la gravité des actes et les peines infligées aux pédocriminels était bien connue de tous. À l’instar de Qari Abdul Rauf et Adil Khan qui, pour avoir incité à la prostitution et exploité 47 jeunes filles mineures, ont été condamnés respectivement à seulement six et huit ans de prison, purgés seulement en partie. En 2021, les images du prédicateur Qari Abdul Rauf reconnu coupable de trafic d’enfants à des fins d’exploitation sexuelle faisant tranquillement ses courses dans un supermarché de Rochdale, neuf ans après la promulgation de la sentence d’expulsion du Royaume-Uni (jamais effectuée) avaient alors suscité l’indignation.

  • Multirécidiviste, reconnu coupable de deux viols et de quatre agressions sexuelles, il ressort libre du tribunal

Amin Bamdad, ancien chauffeur de taxi, a été reconnu coupable de deux viols et d’une agression sexuelle commis en 2016, dont l’un sur Karine, alors âgée de 19 ans. Le procès s’est tenu en 2022 devant la cour d’assises d’Évry-Courcouronnes, après six ans de procédure. Malgré la gravité des faits et son casier judiciaire déjà chargé — notamment une condamnation en 2013 pour agressions sexuelles sur trois mineurs en 2009, 2010 et 2012, faits pour lesquels il n’a pas passé un jour derrière les barreaux —, Amin Bamdad n’ a écopé que de deux ans ferme aménageables et de 4 ans probatoires. Il est donc ressorti libre du tribunal. Son statut de nouveau père de famille a été évoqué pour justifier de la légèreté de la sentence. Un enfant sera donc en partie élevé par un père violeur multirécidiviste qui a toujours échappé aux conséquences de ses actes.

 

  • Une Italienne est violée et dépecée par un migrant nigérian mais les gauchistes manifestent contre le racisme

Fin janvier 2018, le corps mutilé et démembré de Pamela Mastropietro, une jeune fille de 18 ans, est retrouvé dans deux valises laissé sur le bord d’une route près de Macerata. Deux jours plus tôt, elle a été droguée, violée et découpée en morceaux après avoir été nettoyée à l’eau de javel. L’enquête conduit à la rapide arrestation d’Innocent Oseghale, un Nigérian sans papiers et dealer de drogue, et de deux de ses complices africains (d’autres courent toujours dans la nature, mais, la justice a classé l’affaire). À cette annonce, Luca Traini, un Italien de 28 ans, tire à plusieurs reprises sur six migrants africains dans une rue de la ville connue pour être liée au trafic de stupéfiants (il sera ensuite condamné à 12 ans de prison). Le samedi suivant, malgré la totale absence de mobilisation solidaire suite à la mort terrifiante de la jeune fille, diverses organisations de gauche organisent des manifestations contre le racisme dans plusieurs villes de la péninsule.

À la lecture de cette liste très loin d’être exhaustive, on pourrait penser que les féministes s’emparent de cette problématique à bras le corps. Les pancartes agitées durant leurs manifestations « Ras le viol », « Léchez nos chattes, pas le cul des violeurs » etc… témoignent de leur connaissance de la situation. Pourtant, aucun tintamarre comparable au mouvement #Metoo n’entoure ces injustices. Aucune contestation, semblable à celle dirigée contre Gérard Depardieu, ne se produit devant les tribunaux lorsque de tels jugements infâmes sont prononcés. La peur de passer pour racistes les fige, même lorsque la victime est elle-même d’origine étrangère. La figure du criminel étranger rejoint ici celle du bon sauvage fantasmé par des utopistes complètement déconnectés du réel. 

Alors, bien sûr, on pourra rétorquer que l’origine des meurtriers n’a rien à voir dans la clémence de ces sentences.  Cependant, l’argument des magistrats, soutenant que ces individus ne posséderaient pas les « codes culturels » nécessaires pour saisir la gravité de leurs actes, influence trop fréquemment le traitement judiciaire de ces « faits divers ».

Ces mêmes « codes culturels » qui, au lieu d’être invoqués comme circonstance atténuante, devraient, a minima, être examinés afin de comprendre les racines de ces violences et tenter de les prévenir. Car aujourd’hui, dans toutes les nations multiculturelles du continent, l’héritage de cultures ouvertement misogynes, allié à cette indulgence judiciaire insensée, explique de beaucoup l’insécurité qui pèse sur les femmes. Et amène à relativiser l’importance que l’on prétend accorder à ces dernières. La preuve par neuf. 

 

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Audrey D’Aguanno

Photo d’illustration : DR

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