« Aux armes citoyens » : l’ARPAC déconstruit le mythe du monopole de la violence légitime

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Pour justifier l’interdiction du port, voire de la détention d’armes par les citoyens, un argument revient régulièrement : l’État détiendrait le monopole de la violence légitime, un monopole qui découlerait du contrat social cher à la Révolution française. Le Comité de l’ARPAC conteste cette lecture dans une tribune.

Rousseau n’a jamais réclamé le désarmement des citoyens

Le contrat social, théorisé par Jean-Jacques Rousseau en 1762, repose sur l’idée que les individus renoncent à la loi du plus fort — notamment le droit de se faire justice eux-mêmes — pour se soumettre à la volonté générale. Mais nulle part dans son ouvrage Rousseau n’évoque la nécessité d’un désarmement des citoyens. Mieux : il y défend l’idée d’une milice citoyenne chargée de défendre l’État, à l’inverse d’une armée de métier, estimant qu’un peuple qui se défend lui-même est un peuple libre.

Les révolutionnaires eux-mêmes étaient favorables au port d’armes

Lors des travaux préparatoires de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, le comte de Mirabeau avait proposé de reconnaître explicitement le droit de chaque citoyen à détenir des armes pour sa défense personnelle et collective. Le comité chargé du texte a certes rejeté cet amendement — non pour s’y opposer, mais parce qu’il jugeait ce droit trop évident pour nécessiter d’être écrit, le qualifiant de garant essentiel de la liberté civile et politique. Le comité ajoutait même qu’aucun pays n’est plus paisible que ceux où la population est armée.

Le monopole wébérien de la violence, un concept déformé

Le concept de monopole de la violence légitime, théorisé par le sociologue allemand Max Weber entre 1917 et 1919, est régulièrement invoqué pour clore le débat. Mais Weber lui-même précisait que l’État n’est pas le seul exécutant de cette violence : il en est la seule source légitime, ce qui lui permet justement de déléguer son usage à des particuliers, dans les conditions qu’il fixe. La légitime défense, ou encore l’article 73 du Code pénal qui autorise toute personne à interpeller l’auteur d’un flagrant délit, en sont des illustrations concrètes. En France, le port d’armes pour se défendre a d’ailleurs été un droit reconnu entre 1885 et 1939, et la détention d’une arme à feu pour protéger son domicile est restée admise jusqu’en 2005.

Une filiation plus proche de Hobbes que de Rousseau

Pour l’ARPAC, l’idée d’un désarmement obligatoire au nom du contrat social se rapproche en réalité davantage de la pensée de Thomas Hobbes, marqué par la guerre civile anglaise et convaincu que l’homme est un loup pour l’homme. Hobbes préconisait que les sujets renoncent totalement à leur droit de porter les armes au profit d’un souverain unique. Une vision que le Comité de l’ARPAC juge à l’opposé des valeurs de liberté que la France revendique depuis la Révolution, et qui l’amène à conclure que la défense du port d’armes citoyen s’inscrit, selon elle, dans la continuité de cet héritage.

[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.

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