Dans un rapport public thématique publié en juillet 2026, la Cour des comptes dresse un bilan de suivi de la politique de lutte contre la prolifération des algues vertes en Bretagne, cinq ans après sa première évaluation de 2021. Le constat central : malgré une progression réelle des moyens engagés, le phénomène demeure persistant, en particulier dans les secteurs de vasières, largement délaissés par les plans d’action.
Un phénomène toujours massif, concentré sur les vasières
En 2024, les surfaces totales d’échouage d’algues vertes sur les plages et vasières bretonnes ont représenté 93% du total national, soit 2 091 hectares sur près de 2 237 hectares recensés en France. Plus de 80% de ces surfaces concernent désormais les secteurs de vasières — dont la moitié dans le seul golfe du Morbihan — contre 16% pour les baies sableuses historiquement ciblées par les plans de lutte. Si la tendance est à la baisse dans trois des huit baies concernées (Lieue de Grève, La Forêt-Fouesnant, Douarnenez), elle ne se confirme ni dans les cinq autres baies ni dans la majorité des secteurs vasiers, où les échouages ont au contraire progressé depuis 2008.
Les niveaux de nitrates dans les cours d’eau bretons, bien qu’en recul depuis 15 ans — passant de 52,51 mg/l en 1997 à 32,69 mg/l en 2024 — restent supérieurs au seuil de 25 mg/l jugé nécessaire pour endiguer durablement la prolifération, alors que les modélisations scientifiques visent une fourchette de 10 à 25 mg/l selon les cours d’eau.
Des moyens en nette augmentation, mais des résultats jugés insuffisants
Les moyens financiers consacrés à cette politique ont plus que doublé, passant de 56 millions d’euros pour le premier plan de lutte contre les algues vertes (PLAV 1, 2011-2017) à 128,6 millions d’euros pour le PLAV 3 (2022-2027). Sur les 21 recommandations et pistes d’action formulées en 2021, la Cour constate que seules 33% ont été pleinement appliquées, 52% partiellement mises en œuvre, et 15% sont restées sans suite.
Parmi les avancées relevées : la mise en place de zones sous contrainte environnementale dans les huit baies concernées, couvrant 2 195 exploitations agricoles, ainsi que le déploiement de paiements pour services environnementaux et de mesures agro-environnementales et climatiques, qui touchent toutefois une minorité d’exploitants (respectivement 11% et 14,8% dans les baies concernées).
Des lacunes persistantes pointées par la Cour
Le rapport relève plusieurs points de blocage : les schémas d’aménagement et de gestion des eaux couvrant les secteurs de vasières restent anciens et n’intègrent pas d’objectifs chiffrés de réduction des fuites d’azote ; les services de contrôle de l’État n’ont toujours pas accès aux bases de données d’identification animale, pourtant jugées indispensables pour cibler les exploitations les plus émettrices ; et l’implication des acteurs économiques de la filière agroalimentaire dans le dispositif reste jugée trop faible, la Cour recommandant de conditionner les aides publiques à des engagements sur la prévention des fuites d’azote.
Huit recommandations, dont trois nouvelles
À l’issue de son enquête de suivi, la Cour formule huit recommandations : cinq réitérées ou complétées et trois nouvelles, portant notamment sur la révision des schémas d’aménagement des eaux pour intégrer les vasières, la finalisation des modélisations scientifiques déterminant les seuils de nitrates à atteindre, et une meilleure coordination de la politique foncière agricole dans les baies et vasières les plus touchées.
Les réponses des autorités bretonnes
Dans sa réponse annexée au rapport, le préfet de la région Bretagne indique que 85% des recommandations du rapport de 2021 ont été intégralement ou partiellement mises en œuvre, citant notamment une révision en cours du programme d’action régional nitrates devant aboutir à l’automne 2026. Le président du conseil régional de Bretagne, pour sa part, salue les progrès enregistrés mais alerte sur l’avenir du financement de la politique agricole commune après 2027, plaidant pour une pleine régionalisation des outils et une vigilance face à un risque de recentralisation qu’il juge préjudiciable aux spécificités bretonnes.
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[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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