Le FLNC rejette l’autonomie et menace les non-Corses installés sur l’île [Vidéo]

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Une quinzaine d’hommes cagoulés, vêtus de noir, lourdement armés — fusils-mitrailleurs, armes de poing, fusil de précision — devant un drap blanc siglé FLNC. Trois militants assis à une table, dont l’un lit un communiqué de cinq pages, la voix modifiée électroniquement.

C’est dans ce décor, quelque part en Haute-Corse, que le Front de libération nationale corse-Union des combattants a tenu sa première conférence de presse clandestine depuis janvier 2024. Seul Corse-Matin y a assisté ; il l’a révélée mercredi 5 août, à la veille de l’ouverture des Ghjurnate Internaziunale di Corti.

« Mascarade »

Le mouvement rejette en bloc le processus d’autonomie, approuvé le 23 juin par l’Assemblée nationale et dont l’examen au Sénat doit s’ouvrir le 21 octobre.

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Le projet de loi constitutionnelle aboutirait selon lui à la négation de l’existence du peuple corse et au reniement des principales revendications des dernières décennies. Les clandestins annoncent être « déjà dans l’après-Beauvau ».

Les partis nationalistes engagés dans le processus — Femu a Corsica, Core in Fronte, Parti de la nation corse — sont accusés de commettre une duperie sans précédent à l’égard du peuple corse. Le FLNC s’en prend aussi à des « manipulateurs haut placés », à une « caste de groupes financiers corses » et aux collectifs antimafia, dont il rejette les logiques de « justices d’exception ».

Il appelle le mouvement national à trouver les voies et moyens de créer un nouveau rapport de force politique, sans préciser lesquels. Tout en assurant qu’il continuera de soutenir, par des efforts de paix « pour l’heure unilatéraux », les initiatives concourant à une solution politique.

Détail qui a son importance : le communiqué n’est signé que du FLNC-UC. L’organisation du 22-Octobre, présente dans les précédentes communications, en a disparu — signe apparent d’une fracture entre les deux structures.

La menace sur les nouveaux arrivants

C’est le passage le plus lourd du texte.

Le mouvement dénonce une « colonisation de peuplement galopante », représentée selon lui par l’arrivée chaque année de près de 5 000 personnes venues de l’extérieur — « une grande majorité de Français » —, que ce soit pour travailler ou du fait de l’augmentation qualifiée de « démentielle » des résidences secondaires.

Le message adressé à ceux qu’il nomme les « envahisseurs » est explicite : restez chez vous. Et dans le cas contraire, « ne vous considérez pas en sécurité sur notre territoire national ».

Le FLNC est apparu en 1976 — il y a cinquante ans — avec une profession de foi retrouvée dans les décombres de 18 attentats lors d’une première « nuit bleue ». Il est depuis devenu une nébuleuse opaque, produit de scissions et de recompositions successives. Sa dernière nuit bleue revendiquée remonte à octobre 2023 : 45 explosions visant principalement des résidences secondaires, ainsi qu’un centre des impôts désaffecté à Ajaccio, sans faire de blessés.

En Bretagne, les mêmes questions — sans les armes

L’affaire mérite d’être suivie depuis la Bretagne, parce que le fond du dossier corse y est débattu depuis des années, dans des termes voisins et par des moyens radicalement différents.

Les résidences secondaires. La question est un contentieux permanent sur le littoral breton. Certaines communes des côtes nord, du Morbihan, du golfe, des îles ou de la côte finistérienne comptent des taux de résidences secondaires supérieurs à 50 %, avec pour conséquence des bourgs vidés hors saison, des écoles menacées, des commerces qui ne tiennent que trois mois par an, et des prix qui excluent les jeunes ménages locaux du marché.

Plusieurs communes ont activé les leviers disponibles : majoration de la taxe d’habitation sur les résidences secondaires, encadrement des meublés de tourisme, quotas dans les documents d’urbanisme. La loi Le Meur, adoptée en 2024, a élargi certains de ces outils.

Le « vivre et travailler au pays ». Le mot d’ordre est né en Bretagne dans les années 1970, porté par le mouvement culturel comme par les luttes ouvrières et paysannes. Il désignait le refus de l’exode contraint vers Paris. Il resurgit aujourd’hui sous une autre forme : la difficulté, pour un actif au salaire médian, de se loger là où il a grandi.

Le statut de résident. C’est le point où les deux débats se croisent le plus directement. En Corse, l’Assemblée de Corse l’a voté à plusieurs reprises — un dispositif conditionnant l’acquisition de biens immobiliers à une durée de résidence sur l’île. Il n’a jamais abouti, jugé contraire au principe d’égalité et à la libre circulation des capitaux. Des propositions comparables ont été formulées en Bretagne, sans jamais dépasser le stade du débat.

La différence tient à la méthode, et elle est massive. Le mouvement breton contemporain – en très mauvais état néanmoins en terme de nombre comme d’idéologie – porte ces revendications par la voie électorale, associative et parlementaire. Aucune organisation clandestine armée n’y opère plus depuis plus de deux décennies, et la menace physique à l’encontre de personnes n’y a aucun équivalent.

Reste que le problème posé — comment une population conserve la maîtrise de son territoire quand le marché immobilier lui échappe, comment vivre en démocratie, en autonomie, sur sa propre terre — n’a reçu de réponse satisfaisante ni en Corse ni en Bretagne. C’est précisément parce que les institutions n’y répondent pas que le terrain reste ouvert à ceux qui prétendent y répondre autrement.

Le projet de loi constitutionnelle sur l’autonomie de la Corse sera examiné au Sénat à partir du 21 octobre.

Crédit photo : DR

[cc] Breizh-info.com, 2026, dépêches rédigée par la rédaction de breizh-info.com, parfois avec l’aide d’une Intelligence artificielle (correction, mise en forme). Dépêche libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

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Une réponse à “Le FLNC rejette l’autonomie et menace les non-Corses installés sur l’île [Vidéo]”

  1. Tirpitz dit :

    « colonisation de peuplement galopante », ouais, ouais, ouais… On s’en prend à la bourgeoisie blanche qui achète de l’immobilier, mais par contre rien sur les extra-européens. Résistance en carton.

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