C’est un rapport au vitriol que la Chambre régionale des comptes de Bretagne vient de consacrer à Inzinzac-Lochrist, commune de tradition industrielle de l’ouest du Morbihan passée de 5 400 à près de 6 700 habitants depuis les années 2000. Publiée en septembre 2026, la synthèse du contrôle pointe à la fois « une forte dégradation de la situation financière à compter de 2023 » et « des conflits d’intérêts et irrégularités » dans certaines opérations d’aménagement de la zone des Forges.
Un déficit 2 fois supérieur au seuil légal
Jusqu’en 2022, la situation financière de la commune était saine. Elle a ensuite basculé, sous l’effet d’un programme d’investissement « ambitieux mais mal maîtrisé et sous-financé » et d’un manque de contrôle des dépenses de fonctionnement. La collectivité a épuisé ses marges de manœuvre : fonds de roulement consommé, 5 millions d’euros empruntés. Fin 2024, avec un besoin de financement de près de 1,5 million d’euros, elle a recouru à des expédients — crédits de trésorerie, accumulation de factures impayées — car elle se trouvait, écrit la chambre, en situation de cessation partielle de paiement. Ses comptes 2024 ont été clos sur un déficit de près de 2 millions d’euros, soit 20,8 % des recettes de fonctionnement — 2 fois le seuil légal —, plaçant Inzinzac-Lochrist « parmi les plus fragiles des communes bretonnes de taille comparable ».
Malgré les alertes des services de l’État, la commune a maintenu en 2025 un effort d’investissement soutenu, aboutissant à un nouveau déficit de 1,17 million d’euros (12,4 % des recettes), en dépit d’une réduction de ses charges. La chambre recommande d’adopter dès 2026 un programme pluriannuel d’investissement adossé à un financement réaliste, de privilégier les investissements générateurs d’économies et de se recentrer sur les compétences obligatoires — y compris par la réduction du nombre d’écoles publiques. Le projet de complexe sportif du Mané Braz, chiffré à près de 10 millions d’euros et jugé incompatible avec ce redressement, sera abandonné. Sans plan d’économies de fonctionnement (réorganisation des services, redimensionnement culturel), prévient la chambre, une hausse des impôts locaux s’avérera inévitable.
Les Forges : conflits d’intérêts et cessions à vil prix
Le second volet du rapport concerne la reconversion de l’emblématique site des Forges d’Hennebont, implantées en 1860 et fermées en 1966, dont la commune a acquis la majeure partie avec le concours de Lorient Agglomération. Portée depuis 2014, l’opération restait pour l’essentiel au stade des études lors du contrôle. Seule l’extension de la zone d’activité était en cours — réalisée par la commune alors que cette compétence relève exclusivement de Lorient Agglomération, appelée à en reprendre la gestion.
Surtout, les études et cessions foncières menées à compter de 2020 sur la partie ouest du site ont été marquées, selon la chambre, par des conflits d’intérêts et de multiples irrégularités, certaines préjudiciables aux intérêts de la commune : recours à un cabinet d’architecte proche de l’exécutif sans mise en concurrence effective, cessions à vil prix au profit d’une société appartenant à la famille d’une élue, violations de règles d’urbanisme. Des dysfonctionnements survenus malgré les alertes des services de l’État, de Lorient Agglomération et des propres services communaux. La chambre rappelle que seuls font foi le rapport complet, sa synthèse, ses recommandations et les réponses apportées dans le cadre de la contradiction.
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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