Fermées ou fortement restreintes depuis plusieurs semaines dans plusieurs départements touchés par la sécheresse, les stations de lavage automobile tirent la sonnette d’alarme. En Bretagne, certains exploitants ont même décidé de rouvrir partiellement malgré les interdictions préfectorales, estimant ne plus pouvoir supporter une activité quasiment à l’arrêt sans compensation financière.
Dans les Côtes-d’Armor, placées en situation de « crise » sécheresse depuis le 14 août, les restrictions ont été légèrement assouplies le 23 septembre. Selon Ouest-France, les stations disposant d’un système recyclant au moins 70 % de l’eau peuvent désormais ouvrir une piste haute pression, tandis que les rouleaux restent interdits.
Une mesure jugée très insuffisante par certains professionnels. À Paimpol, un exploitant à la tête de huit stations affirme avoir perdu plus de 110 000 euros de chiffre d’affaires. Deux de ses salariés sont au chômage technique, alors que les loyers et les autres charges fixes continuent de tomber.
Zéro recette, mais des charges qui demeurent
La situation est également tendue en Ille-et-Vilaine, où les stations ont été fermées à partir de la mi-août. Le 25 septembre, une dizaine d’exploitants ont décidé de rouvrir partiellement leurs installations, rapporte France Bleu : une piste sur deux et, pour les rouleaux, uniquement le programme économique, moins consommateur d’eau.
Les professionnels interrogés affirment ne bénéficier d’aucune indemnisation de l’État et indiquent que leurs assurances ne couvrent pas ces fermetures. Les investissements engagés sont pourtant importants : selon France 3 Bretagne, un portique de lavage coûte entre 100 000 et 150 000 euros, tandis qu’une station peut représenter un investissement de 500 000 à un million d’euros.
Dans le Finistère comme dans les Côtes-d’Armor, des réouvertures partielles ont finalement été autorisées sous conditions.
La politique de restrictions contestée
Les exploitants ne contestent pas la nécessité d’économiser l’eau, mais remettent en cause la fermeture totale de leur activité. Ils rappellent qu’une station permet de récupérer et de traiter les eaux de lavage et que certaines installations en recyclent une partie.
Selon les chiffres avancés par la profession, un lavage haute pression consomme autour de 50 à 60 litres d’eau, contre jusqu’à plusieurs centaines de litres pour un lavage au jet à domicile. Ce dernier présente en outre le risque de rejeter directement dans l’environnement détergents et résidus issus des véhicules.
La colère dépasse la Bretagne. En Alsace, des professionnels contestent également les restrictions, tandis que, dans les Vosges, des stations ont rouvert pendant deux jours malgré l’interdiction préfectorale. Éléphant Bleu affirme que 90 stations de son réseau sont actuellement fermées.
Le secteur représente environ 24 000 emplois directs et indirects et près d’un milliard d’euros de chiffre d’affaires annuel en France. Après les restrictions déjà rencontrées lors de la sécheresse de 2022, les professionnels s’interrogent désormais sur la capacité de leurs entreprises à absorber régulièrement plusieurs semaines de fermeture sans dispositif de compensation.
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