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Journée faste pour l’industrie morbihannaise, ce jeudi 17 septembre : à 1 heure d’intervalle, 2 usines flambant neuves ont été inaugurées dans le département. La plus emblématique est celle d’Altho, le fabricant breton des chips Brets, qui a coupé le ruban de son nouveau site de production de Noyal-Pontivy en présence du préfet du Morbihan Michaël Galy, de nombreux élus bretons et du fondateur du groupe familial, Alain Glon — dont le prénom a donné les 2 premières lettres du nom Altho.
55 000 tonnes de chips par an et un leader français bien breton
L’entreprise de Saint-Gérand, qui produit les chips Brets depuis 1995, aligne des chiffres impressionnants : plus de 200 000 tonnes de pommes de terre françaises transformées chaque année, 50 910 tonnes de chips vendues en 2025 — plus de 55 000 attendues cette année —, 338 millions d’euros de chiffre d’affaires l’an dernier, et surtout la place de première marque de chips en France, devant le géant américain Lay’s, conquise à coups d’innovation et de 38 variétés aromatisées. La marque s’est même offert une notoriété planétaire inattendue, ses paquets s’invitant dans des séries et jusque dans le sac de la chanteuse Dua Lipa.
Baptisée NP2 et implantée face au site historique, la nouvelle usine de plus de 22 000 m², en service depuis la mi-avril, représente un investissement de 98 millions d’euros sur 2025-2026. Capable de transformer 12 tonnes de pommes de terre à l’heure, elle augmente la production de 15 000 tonnes de chips par an — une capacité appelée à croître encore avec une 2e ligne à venir. Le chantier lui-même n’aura duré que 18 mois, pour un projet mûri depuis 2021 — le reste du temps ayant été absorbé, au grand dam du PDG Laurent Cavard, par les recours, les procédures administratives et les fouilles archéologiques. À côté, un gigantesque entrepôt automatisé de 120 mètres de long et 38 mètres de haut, capable de préparer les chargements de 170 camions par jour, doit être livré en 2028. L’objectif affiché : consolider la place de numéro 1, installer les chips crêpes au rayon sucré, reconquérir le marché des marques de distributeurs délaissé faute de capacité, et pousser l’export, vers le Benelux et le Canada notamment.
8 m³ d’eau par tonne de chips : le nerf de la guerre
L’inauguration intervient toutefois dans un contexte délicat : le printemps et l’été 2026, marqués par la sécheresse et une crise hydrique sur le territoire de Pontivy communauté, ont contraint l’industriel à des arrêts de production, et l’association Eau et rivières de Bretagne, qui avait alerté dès l’annonce de l’extension, a renouvelé ses critiques après l’été caniculaire. Car la fabrication de chips est gourmande : 8 m³ d’eau par tonne produite. L’entreprise met en avant sa riposte : 15 des 98 millions d’euros investis ont été consacrés à l’eau, avec une station d’épuration doublée, un réseau d’irrigation étendu de 100 hectares et, surtout, un système de réutilisation des eaux usées traitées qui permettra, début 2027, de repotabiliser environ la moitié de l’eau sortant de la station pour la réinjecter dans l’usine — une première revendiquée dans le secteur. Le groupe indique avoir déjà réduit de 31 % sa consommation d’eau par kilo de chips entre 2020 et 2024.
La sécheresse a aussi frappé les 500 producteurs de pommes de terre sous contrat, principalement bretons et ligériens, dont les rendements chutent cette année : Altho devra compléter ses approvisionnements ailleurs, à prix fort, et envisage une irrigation partielle des cultures pour les prochains étés. Le groupe prépare par ailleurs, avec son projet Bréthéol, une unité de production d’huile de tournesol à partir de graines françaises et sans solvant chimique, à l’horizon 2027-2028.
Une usine très automatisée, 90 emplois à terme
Autre singularité du site : son haut degré d’automatisation, assumé face à la pénurie de main-d’œuvre d’un bassin de Pontivy-Loudéac où le chômage plafonne entre 3 et 4 %. Les postes les plus répétitifs — mise en carton des sachets, retaille manuelle des pommes de terre 8 heures durant — ont disparu, remplacés par des équipements parfois uniques en France, comme cette caméra couplée à des lames robotisées qui détecte les défauts après pelage et retire jusqu’à un demi-centimètre sur le pourtour du tubercule : de quoi mieux valoriser la matière première tout en réduisant les traitements insecticides au champ. L’entreprise, qui compte désormais 589 salariés en CDI, a recruté 50 personnes pour la nouvelle usine et en prévoit 40 de plus, en misant sur la montée en compétence de ses équipes vers les postes automatisés.
À Saint-Avé, Sigmaphi inaugurée le même matin par 2 ministres
Une heure avant Noyal-Pontivy, c’est à Saint-Avé que le ministre délégué chargé de l’Industrie, Sébastien Martin, et la ministre déléguée chargée de l’Intelligence artificielle et du Numérique, la Morbihannaise Anne Le Hénanff, ont inauguré le nouveau site de Sigmaphi. Cette PME spécialisée dans les électroaimants pour accélérateurs de particules s’offre une usine de 7 000 m² pour 11 millions d’euros d’investissement — un projet inscrit parmi les grands chantiers stratégiques de réindustrialisation dits « Notre-Dame » — qui doit lui ouvrir les marchés de haute technologie de la recherche, de la fusion nucléaire, du médical et de la défense.
Photo d’illustration : DR
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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4 réponses à “Morbihan. Brets inaugure sa nouvelle usine géante à Noyal-Pontivy : le chipsier breton qui a détrôné Lay’s voit encore plus grand”
Encore de l’agro-alim grosse pourvoyeuse de TMS. Des postes en 3/8 pour des salaires de misère! Ah la pénurie de main d’oeuvre ! Ils n’ont qu’à payer les gens correctement…ce n’est pas ça qui va faire décoller la Bzh.
Un exemple de reconquête Bretonne de ses industries et a suivre dans d’autres domaines.
Deux ministres délégués pour une inauguration, c’est pas au moins un de trop ? Et Loïg Chesnais-Girard, il n’était pas invité ? La Région n’a pas aidé ?
Reste plus qu’à exploiter le gaz de chips…