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Les pluies revenues par endroits en septembre n’ont pas suffi à effacer les effets d’un été 2026 exceptionnellement sec. En Bretagne administrative, plusieurs départements restent soumis au niveau maximal de « crise » sécheresse, tandis que cours d’eau, nappes et retenues demeurent sous tension. À l’approche de l’automne, l’enjeu n’est plus seulement de traverser la saison sèche : il faut désormais reconstituer suffisamment les réserves avant l’hiver.
À Saint-Malo, la crainte de manquer d’eau
Dans les Côtes-d’Armor, placées en crise depuis le 14 août, la préfecture constatait encore le 11 septembre des débits très faibles, certains cours d’eau asséchés, des nappes continuant de baisser et des retenues atteignant parfois des niveaux jamais observés à cette période de l’année.
L’Ille-et-Vilaine demeure également en crise. Lors du point réalisé le 13 août, la préfecture indiquait que 55 % des cours d’eau contrôlés par l’Office français de la biodiversité étaient déjà à sec.
La situation est particulièrement surveillée dans le pays de Saint-Malo. Interrogé le 16 septembre par Radio Océane, Franck-Olivier Henry, directeur d’Eau du pays de Saint-Malo, évoquait un « risque de vidange des barrages pour la fin du mois de novembre » si les précipitations restaient insuffisantes. De son côté, la Régie malouine de l’eau appelle les habitants à limiter leur consommation à 40 litres par jour et par personne. Selon Radio Océane, aucune baisse significative des consommations n’était encore constatée à la mi-septembre.
L’agriculture prépare déjà 2027
Dans les campagnes, le choc se mesure aussi dans les récoltes. Dans le Morbihan, la FDSEA estime les pertes de maïs entre 20 et 85 % selon les situations, tandis que céréales, légumes, pommes de terre et vergers ont également souffert. Le manque de fourrages oblige certaines exploitations à acheter davantage d’aliments, aggravant une situation de trésorerie déjà fragile.
L’État a ouvert son fonds de réarmement agricole aux exploitations éligibles touchées par la sécheresse. Les demandes doivent être déposées au plus tard le 1er octobre. L’aide forfaitaire de base atteint 4 000 euros dans les Côtes-d’Armor, l’Ille-et-Vilaine et le Morbihan, et 5 000 euros dans le Finistère. Ce dernier a parallèlement annoncé 3,8 millions d’euros supplémentaires d’aides directes.
Cette sécheresse rappelle surtout une réalité longtemps sous-estimée : la Bretagne n’est pas à l’abri du manque d’eau. Après l’urgence de 2026, la priorité sera de sécuriser durablement la ressource, les usages essentiels et la capacité des exploitations à produire. Attendre la prochaine crise ne peut plus tenir lieu de politique.
Crédit photo : DR (photo d’illustration)
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