Quand vous caressez votre chien ou jouez avec lui, vos cœurs réagissent l’un à l’autre. C’est ce qu’a mis en évidence une équipe de l’université de Jyväskylä, en Finlande, dirigée par la chercheuse Miiamaaria Kujala, également rattachée à la faculté de médecine vétérinaire d’Helsinki. Ses travaux, financés par l’assureur Agria et le fonds de recherche de la Société canine suédoise, ont été publiés dans la revue Scientific Reports.
Électrocardiogrammes pour chiens et maîtres
Les chercheurs ont étudié des chiens de races dites « coopératives », sélectionnées pour travailler en lien étroit avec l’homme, et leurs propriétaires. Chiens et maîtres ont été équipés d’appareils mesurant leur activité cardiaque par électrocardiogramme et leur activité physique. Les mesures ont été prises dans différentes situations : repos, caresses, jeu, moments libres. Les chercheurs ont aussi recueilli des données sur le tempérament des propriétaires et sur la qualité de leur relation avec leur chien.
L’indicateur clé est la variabilité de la fréquence cardiaque, c’est-à-dire les petites variations de l’intervalle entre 2 battements de cœur. Elle reflète l’état émotionnel et le niveau de stress.
Une influence dans les 2 sens
Lors des moments libres, la variabilité de la fréquence cardiaque et le niveau d’activité du chien et de son maître évoluaient de concert. Pendant les exercices imposés, seule l’activité physique était synchronisée.
Plusieurs facteurs influençaient le rythme cardiaque du chien : sa taille, l’ancienneté de la relation avec son maître, le tempérament de ce dernier, en particulier sa tendance aux émotions négatives, et la qualité de leurs échanges. Mais le meilleur indicateur de l’état du maître était… celui de son chien. L’influence joue donc dans les 2 sens : le maître agit sur l’état physiologique de son chien, et le chien sur celui de son maître. Pour les chercheurs, cette synchronisation ressemble au lien émotionnel observé dans les relations d’attachement entre humains.
Mieux assortir chiens et maîtres
Les auteurs en tirent plusieurs conséquences pratiques :
- Éducateurs et comportementalistes canins : ils pourraient travailler sur la relation entre le chien et son maître, et pas seulement sur le chien, en associant si besoin des spécialistes de la psychologie humaine.
- Éleveurs, refuges et associations d’adoption : ils pourraient tenir compte de la compatibilité émotionnelle entre un chien et son futur maître, en plus de leur niveau d’activité et de leur mode de vie.
Les chercheurs soulignent toutefois que ces effets varient d’un binôme à l’autre et appellent à poursuivre les travaux sur d’autres races et dans d’autres contextes. L’enjeu est considérable : l’Union européenne compte 68 millions de chiens de compagnie, présents dans plus d’un quart des foyers.
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