À l’approche de la Toussaint, le Syndicat de l’art funéraire (SAF), qui représente les fabricants et fournisseurs de la filière des pompes funèbres, rassemble les principaux enseignements de plusieurs études menées depuis 2024 avec le CRÉDOC, l’association Empreintes et le cabinet OuiACT. Elles dressent un portrait détaillé du rapport des Français aux obsèques, au deuil et aux cimetières.
Les cimetières, toujours essentiels
La Toussaint reste associée à la visite des tombes. Selon une étude du CRÉDOC publiée en mars 2025, 70 % des Français entrent dans un cimetière au moins une fois par an, et 40 % plusieurs fois par an. À l’inverse, 30 % n’y vont jamais.
- 75 % jugent les cimetières essentiels pour faire leur deuil et se recueillir ;
- 72 % les considèrent comme des lieux de patrimoine et d’histoire ;
- 67 % en ont une image positive.
Interrogés sur les évolutions souhaitables, 56 % des Français aimeraient que l’on restaure les tombes et monuments remarquables, 49 % que l’on développe les espaces verts et la biodiversité, et 30 % que l’on propose des explications historiques et des parcours de visite. Enfin, 21 % seraient favorables à l’ouverture des cimetières aux sépultures d’animaux.
Le deuil, une épreuve qui touche le travail
Le baromètre « Les Français face au deuil », publié en octobre 2025 avec l’association Empreintes, rappelle que le deuil concerne presque tout le monde : 89 % des Français ont déjà perdu un proche dont le décès les a particulièrement affectés. Parmi eux, 56 % se considèrent encore en deuil, et 11 % présentent des signes pouvant évoquer un trouble du deuil prolongé, une notion que l’étude s’attache à définir.
Les conséquences sur la vie professionnelle s’aggravent depuis 2019. Parmi les personnes qui travaillaient au moment du décès :
- 62 % disent avoir eu du mal à se concentrer, contre 39 % en 2019 ;
- 56 % se sont senties ralenties dans leur travail, contre 34 % ;
- 36 % ont vécu un épuisement professionnel, contre 22 % ;
- 23 % ont subi des pertes de chance professionnelles, contre 11 % ;
- 21 % ont perdu des revenus, contre 14 %.
Au total, 12 % des actifs endeuillés ont dû quitter leur travail à la suite du décès. La proportion grimpe à 28 % chez les parents ayant perdu un enfant ou un petit-enfant, à 24 % chez les 18-24 ans, à 21 % chez les agriculteurs, artisans, commerçants et chefs d’entreprise, et à 20 % dans les familles monoparentales.
Le baromètre relève aussi une hausse des épisodes dépressifs et des comportements à risque. 40 % des répondants disent avoir augmenté leur consommation d’alcool ou de tabac, 47 % celle de médicaments et 57 % celle de nourriture. L’étude s’intéresse également aux effets de la dispersion des cendres, qui peut compliquer le deuil.
Des obsèques de plus en plus personnalisées
Selon le 6e baromètre « Les Français et les obsèques » (CRÉDOC, 2024), les Français tiennent à rendre hommage au défunt selon ses convictions, son histoire et sa personnalité. 77 % accordent une importance particulière à l’existence d’un lieu accueillant pour la cérémonie, et 71 % citent la musique et la lecture de textes parmi les éléments importants. Les préférences se partagent presque à égalité : 48 % souhaitent une cérémonie religieuse, 46 % une cérémonie civile.
Les Français préparent de plus en plus leur départ. Chez les 40 ans et plus, 49 % ont laissé des instructions ou des recommandations pour leurs propres obsèques, contre 35 % en 2005. Pour 27 % d’entre eux, il s’agit d’instructions complètes.
Crémation ou inhumation : un bilan carbone proche
À rebours de certaines idées reçues, la crémation n’est pas moins polluante que l’inhumation. Selon une étude réalisée en 2024 par le cabinet OuiACT, l’empreinte carbone moyenne d’un rite funéraire complet, de la prise en charge du corps à la dernière cérémonie, atteint 649 kg d’équivalent CO2 pour une crémation et 620 kg pour une inhumation. C’est environ 1 mois des émissions d’un Français moyen, ou un tiers d’un aller-retour en avion Paris-New York.
Ce ne sont ni le cercueil ni le four crématoire qui pèsent le plus lourd, mais la cérémonie elle-même, avec la collation et surtout les déplacements des proches. La provenance des matériaux compte aussi.
Les animaux aussi ont droit à un hommage
Une étude du CRÉDOC publiée en avril 2026 se penche sur les obsèques animalières, signe de la place prise par les animaux de compagnie dans les foyers. 42 % des propriétaires considèrent leur animal comme un membre de la famille, et 62 % des Français jugent important de lui rendre un dernier hommage. Aujourd’hui, 33 % des animaux sont enterrés dans un jardin ou un terrain privé.
Seule la moitié des propriétaires (51 %) estiment avoir fait exactement ce qu’il fallait pour les obsèques de leur animal ; 34 % ne sont pas satisfaits. Enfin, 56 % des Français seraient favorables à ce que les animaux puissent être inhumés dans les cimetières communaux.
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