Daria Chipilova, 28 ans, est morte dans la nuit du 1er au 2 octobre à l’hôpital de Chelekhov, une ville voisine d’Irkoutsk, en Sibérie orientale. Elle travaillait comme laborantine à l’Institut anti-peste d’Irkoutsk. Le gouverneur de la république voisine de Bouriatie, Alexeï Tsydenov, a d’abord indiqué qu’elle était morte de la peste, avant de nuancer ses propos. Le mardi 6 octobre, des médias russes ont fait état d’un 2e décès à l’hôpital de district d’Irkoutsk, ce que rapporte le Daily Mail. Aucune source officielle n’a confirmé cette information.
Selon le site d’opposition Lioudi Baïkala (« Les gens du Baïkal »), qui a révélé son identité, la jeune femme aurait cassé le 25 septembre, en laboratoire, une éprouvette contenant la bactérie de la peste pulmonaire. Hospitalisée et placée sous respirateur, elle est morte quelques jours plus tard. Elle travaillait sur Yersinia pestis, la bactérie responsable de la peste. En mars, elle avait présenté à Moscou, avec des collègues, des travaux sur la sensibilité aux antibiotiques de souches prélevées dans des foyers naturels de Sibérie.
Pneumonie « de type non précisé », selon Moscou
L’agence sanitaire russe, Rospotrebnadzor, dément toute épidémie. Le 4 octobre, elle a déclaré que la jeune femme était morte d’une « pneumonie de type non précisé », et que la situation sanitaire restait stable à Irkoutsk comme à Chelekhov. La médecin en chef de l’agence, Anna Popova, s’est pourtant rendue sur place juste après le décès pour suivre la gestion d’une « infection particulièrement dangereuse ». Elle ne s’est pas exprimée publiquement.
Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a invité les Russes à s’en tenir aux déclarations officielles de Rospotrebnadzor et à ignorer les rumeurs. Le gouverneur de la région d’Irkoutsk, Igor Kobzev, a assuré le 2 octobre que les personnes ayant été en contact avec la victime ne présentaient aucun symptôme et que leurs tests étaient négatifs.
Environ 200 personnes isolées
Selon Izvestia, cité par DW, 197 personnes ayant été en contact avec la laborantine ont été identifiées, et 189 ont été hospitalisées. Le service d’hospitalisation de l’hôpital de Chelekhov a été placé en quarantaine. Le maire du district, Maxime Modine, fait état de mesures anti-épidémiques renforcées.
D’après Lioudi Baïkala, jusqu’à 5 hôpitaux de la région seraient passés en régime « épidémique », dont 3 hôpitaux municipaux d’Irkoutsk et un hôpital pour enfants, fermés pour 3 semaines de quarantaine. Selon ce même site, les ambulances qui transportaient les personnes contacts étaient escortées par des agents du FSB, les services de sécurité russes. Des habitants disent avoir vu des agents en combinaison de protection. Les ouvriers des usines d’aluminium de la région et le personnel des crèches doivent porter un masque. Des pharmacies manqueraient des médicaments utilisés contre la maladie. D’après le Times de Londres, les recherches en ligne du mot « peste » ont été multipliées par 50 en un an.
Articles et messages supprimés
Plusieurs informations ont disparu. Selon The Insider, la chaîne fédérale REN TV a supprimé le 2 octobre ses 5 publications consacrées à la peste à Irkoutsk. Des articles de Channel 5 et du quotidien Kommersant ont aussi été retirés. Le 3 octobre, la mairie de Baïkalsk a publié sur Telegram un message demandant aux habitants d’éviter de se rendre à Chelekhov, en raison d’informations non officielles sur un cas confirmé de peste. Elle l’a effacé 2 heures plus tard.
Le gouverneur Tsydenov a, lui aussi, changé de version : après avoir évoqué une femme « morte de la peste », il a parlé d’une femme qui « pourrait » en être morte. Il a également démenti qu’elle soit passée par la Bouriatie, alors que des médias situaient sa contamination lors d’une expédition dans cette république frontalière de la Mongolie.
« C’est risible »
L’épidémiologiste russe Mikhaïl Favorov, cité par le Moscow Times, ne croit pas à l’éprouvette cassée. Selon lui, les employés d’un institut anti-peste travaillent en combinaison de protection, et le risque d’infection après la casse d’une éprouvette est très faible. « C’est risible », a-t-il déclaré, estimant que la population ne saura pas ce qui s’est réellement passé.
La peste pulmonaire est la forme la plus grave de la maladie. Elle se transmet d’une personne à l’autre par voie respiratoire et provoque une infection grave des poumons, avec fièvre, difficultés respiratoires et crachats de sang. Les symptômes apparaissent quelques jours après la contamination. Sans traitement antibiotique rapide, elle est presque toujours mortelle.
Washington surveille
Plusieurs pays ont renforcé leurs contrôles sanitaires aux frontières. Le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, a déclaré le lundi 5 octobre que les États-Unis suivaient la situation de près. Selon lui, elle n’a rien d’alarmant, mais justifie une vigilance particulière, même si les déplacements entre les 2 pays sont très limités. Le même jour, Donald Trump a affirmé que les États-Unis aideraient la Russie à faire face à la maladie, tout en reprenant à son compte le terme de « pneumonie » utilisé par Moscou.
Photo d’illustration : DR
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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