77 % des Français jugent les cures thermales utiles, mais seuls 22 % en ont déjà parlé avec leur médecin traitant. C’est le principal enseignement d’un sondage réalisé par l’institut CSA pour le Conseil national des établissements thermaux (CNETh), auprès de 1 009 Français de 18 ans et plus. Pour faire mieux connaître cette médecine, les établissements thermaux organisent les 24 et 25 octobre les premières journées nationales « Immersions thermales », gratuites et ouvertes à tous.
68 % des Français touchés par une maladie chronique
Selon le sondage, 68 % des Français souffrent d’au moins une maladie chronique, en particulier d’arthrose (19 %), d’hypertension (18 %), de surpoids (17 %) ou de mal de dos chronique (17 %). Beaucoup estiment ne pas avoir trouvé de traitement réellement efficace : seuls 29 % des personnes souffrant d’arthrose disent avoir trouvé une réponse adaptée, 27 % pour les douleurs pelviennes, 23 % pour la fibromyalgie et 22 % pour le mal de dos chronique ou l’obésité.
La médecine thermale bénéficie d’une bonne image. 77 % des personnes interrogées la jugent utile, 74 % efficace, et 84 % adaptée à la prise en charge des maladies chroniques. Elle est surtout reconnue pour l’insuffisance veineuse ou lymphatique (72 %), l’arthrose (70 %) et les rhumatismes inflammatoires (67 %). Ses bénéfices sont beaucoup moins connus pour l’obésité (25 %), l’hypertension (28 %), le surpoids (35 %) ou les douleurs pelviennes (37 %).
Le coût et les 3 semaines de cure
La cure reste pourtant peu évoquée en consultation. Seuls 22 % des Français en ont déjà parlé avec leur médecin traitant, mais 32 % chez les moins de 35 ans. Certains freins tiennent à l’image du thermalisme, jugée vieillotte ou confondue avec le bien-être. Les principaux obstacles sont cependant le coût, qui comprend le logement et le transport, et la nécessité de se libérer pendant 3 semaines.
86 % des personnes interrogées jugent les cures chères, et 79 % sont favorables au maintien de leur remboursement quand elles sont prescrites par un médecin. Pour Sylvain Serafini, vice-président du CNETh, « la médecine thermale n’est pas inconnue, elle est mal comprise ». Selon lui, beaucoup de Français ignorent qu’il s’agit de soins prescrits, encadrés par un médecin thermal et remboursés sous conditions.
Arthrose du genou et anxiété
Le secteur met en avant les essais cliniques menés depuis 2004 par l’Association française pour la recherche thermale (Afreth). Dans l’essai Thermarthrose, consacré notamment à l’arthrose du genou, 50,8 % des patients en cure présentaient une amélioration cliniquement importante au bout de 6 mois, contre 36,4 % dans le groupe témoin. Dans l’étude STOP-TAG, l’anxiété a baissé d’au moins 50 % chez 56 % des curistes, contre 28 % chez les patients traités par le médicament de référence.
L’enquête de satisfaction de l’Assurance maladie auprès des curistes, réalisée en 2025, va dans le même sens. 97 % se disent satisfaits des soins, 74 % constatent une baisse de leurs douleurs et 54 % une diminution de leur consommation de médicaments. Plus de 70 % font état d’une amélioration de leur état de santé et de leur qualité de vie.
252 millions d’euros par an
Sur le plan économique, une étude du cabinet Asterès présentée à l’Assemblée nationale en mai 2026 conclut que les cures sont rentables au regard de leur efficacité pour plusieurs maladies : arthrose du genou, arthrose généralisée, fibromyalgie et spondylarthrite ankylosante. En 2025, la prise en charge de la médecine thermale a coûté 252 millions d’euros à l’Assurance maladie, soit moins de 0,1 % de ses dépenses.
Les 24 et 25 octobre
Pendant les journées « Immersions thermales », la plupart des établissements thermaux français ouvriront leurs portes au public, qui pourra visiter les lieux, tester gratuitement un soin et échanger avec les équipes. L’entrée est gratuite, sur inscription préalable sur le site immersions-thermales.fr.
Photo d’illustration : Capture Il Giornale di Vicenza
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