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Près de 60 000 hommes apprennent chaque année en France qu’ils ont un cancer de la prostate, le plus fréquent des cancers masculins et la 3e cause de décès par cancer chez l’homme. Diagnostiqué tôt, il guérit dans plus de 9 cas sur 10. Mais l’annonce s’accompagne souvent d’une double angoisse, celle de devenir incontinent ou impuissant après le traitement. Depuis le 1er janvier 2026, une technique française qui limite ces séquelles est remboursée par l’Assurance maladie : les ultrasons focalisés de haute intensité, ou HIFU.
Détruire la tumeur par la chaleur
Le principe est simple. Une sonde introduite dans le rectum repère la tumeur par échographie, souvent fusionnée avec les images de l’IRM. Elle concentre ensuite des ultrasons sur une zone de quelques millimètres, où la température grimpe autour de 80 °C. Les cellules cancéreuses sont détruites, sans incision, sans cicatrice et sans rayons.
L’appareil, baptisé Focal One, est un robot conçu par l’entreprise française EDAP TMS. L’intervention dure de 30 à 90 minutes, en une seule séance, sous anesthésie générale ou locorégionale, avec une hospitalisation très courte. Le patient peut garder une sonde urinaire quelques jours, mais il reprend en général vite ses activités. Si le traitement échoue, toutes les autres options, chirurgie ou radiothérapie, restent possibles.
Moins de séquelles qu’avec la chirurgie
C’est là tout l’intérêt de la méthode. Jusqu’ici, un cancer localisé de risque intermédiaire se traitait par l’ablation totale de la prostate ou par radiothérapie. Ces traitements entraînent des troubles urinaires dans 20 à 40 % des cas et des troubles sexuels dans 30 à 90 % des cas. La radiothérapie peut aussi abîmer la vessie ou l’intestin. Le HIFU, lui, ne vise que la tumeur et épargne autant que possible les tissus sains. Les urologues parlent de « désescalade thérapeutique ».
L’étude HIFI, pilotée par l’Association française d’urologie et publiée en 2025 dans la revue European Urology, a fourni les preuves attendues. Pendant 7 ans, dans 46 centres français, elle a suivi 3 328 patients atteints d’un cancer localisé : 1 967 traités par HIFU et 1 361 opérés. Au bout de 30 mois, 90 % des patients traités par ultrasons n’avaient pas eu besoin d’un traitement de rattrapage, contre 86 % des opérés. L’efficacité est au moins équivalente, avec une continence urinaire et une fonction érectile nettement mieux préservées. C’est sur la foi de ces résultats que l’Assurance maladie a décidé de rembourser la technique.
Un patient sur 4 ou 5 concerné
Le HIFU ne convient pas à tous les cancers de la prostate. Il s’adresse aux tumeurs localisées, le plus souvent de risque intermédiaire, de petite taille et bien repérées par l’imagerie et les biopsies. Il peut aussi être proposé en cas de récidive locale après une radiothérapie. Longtemps réservé aux hommes de plus de 75 ans, pour leur éviter une opération, il est désormais proposé à des patients de 50 ans, voire moins. Selon les spécialistes, 20 à 30 % des cancers diagnostiqués pourraient en relever, soit près de 20 000 hommes par an.
La décision revient toujours à une réunion de concertation pluridisciplinaire, qui associe urologue, oncologue et radiothérapeute. Le remboursement est aussi encadré : le centre doit disposer d’un service d’urologie autorisé en cancérologie et réaliser au moins 20 traitements HIFU par an en 1re intention, ou 5 en rattrapage.
L’exemple de Bordeaux
La clinique Tivoli, à Bordeaux, illustre la montée en puissance de la technique. Elle la propose depuis mai 2018, après avoir participé au « forfait innovation » de l’Assurance maladie, qui permettait à 8 établissements français de tester ce traitement. Au 30 septembre 2026, 216 patients y avaient été traités en 69 séances, dont 44 depuis le début de l’année, contre 25 sur l’ensemble de 2025.
L’appareil coûte cher : 650 000 euros hors taxes. La clinique bordelaise l’a acquis avec 2 établissements de Toulouse et d’Aix-en-Provence, et chacun en dispose 1 mois sur 3. Elle vise 60 patients par an, et une centaine si un 2e chirurgien est formé. L’urologue qui y pratique la technique, le Dr Gilles Pasticier, est responsable national des traitements focaux à l’Association française d’urologie. Il a vu naître le HIFU comme interne à Lyon dans les années 1990 : la technique, française, a aujourd’hui 35 ans de recul clinique.
Le dépistage, toujours absent
Le mois de Movember, consacré à la santé masculine, rappelle une particularité française. Contrairement au cancer du sein, le cancer de la prostate ne fait l’objet d’aucun dépistage organisé à l’échelle de la population. Souvent silencieux à ses débuts, il est pourtant d’autant mieux soigné qu’il est découvert tôt. Les urologues conseillent d’en parler à son médecin traitant dès 50 ans, et dès 45 ans en cas d’antécédents familiaux. Le suivi passe notamment par le dosage sanguin du PSA.
Photo d’illustration : DR
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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