Tyrannie judiciaire – les enfants de la famille qui vivaient dans les bois italiens ont été retirés à leurs parents

C’est une bien triste histoire qui passionne actuellement les Italiens. Et pour cause : les enfants de la famille anglo-saxonne qui vivaient dans une ferme au cœur des bois de la région des Abruzzes, ont été retirés à leurs parents au motif d’un soupçon de désocialisation. Une décision considérée par beaucoup d’observateurs comme totalement inique et autoritaire.

Nous vous avions raconté cette sombre affaire ici, et laissé en attente du jugement de la Cour d’appel de l’Aquila. Il est tombé fin novembre : la responsabilité parentale a été retirée aux parents Catherine Birmingham, ancienne instructrice d’équitation australienne et son mari Nathan Trevallion, ancien chef cuisinier britannique et marchand de meubles. Les trois enfants du couple, deux jumeaux de 6 ans et une fillette de 8 ans, ont été conduits dans une structure des services sociaux, leur mère dispose d’un droit de visite quotidien. Et si la plupart des Italiens qui suivent l’affaire espéraient qu’ils soient réunis pour les fêtes de Noël, la justice en a décidé autrement.

Rappelons que les enfants sont scolarisés à domicile, qu’ils n’ont subi aucune violence ni abus psychique ou psychologique au sein de leur foyer, et que les parents sont économiquement indépendants. Les services sociaux leur reprochent d’avoir choisi de vivre loin d’un monde moderne considéré comme malsain, dans une ferme délibérément privée d’électricité et d’eau courantes, qu’ils estiment nuisibles pour la santé. L’eau provient d’un puits, tandis que l’énergie électrique est fournie par des panneaux photovoltaïques. L’isolement n’est pas total, puisque la famille se rend parfois dans le village le plus proche pour faire les courses ou manger des glaces comme l’a montré une récente publication de photos. Mais la famille ne pourra être réunie que lorsque les parents auront fait montre de leur renoncement à un « style de vie alternatif incompatible avec le développement des enfants. »

Malgré l’importante couverture médiatique de l’affaire et l’intérêt que suscite un jugement considéré par la majorité comme disproportionné par rapport aux risques encourus par les enfants, à savoir la désocialisation, la justice continue sur sa ligne de la séparation qui apparaît bien éloignée du seul intérêt des mineurs. Tonino Cantelmi, psychiatre et conseiller de la famille, les a rencontrés dans le foyer des services sociaux et fait état du traumatisme qu’ont subi ces enfants, subitement arrachés à un environnement naturel et entourés de parents aimants, pour être placés dans une sombre structure sociale. Ils seraient dans une condition d’extrême fragilité, il dénonce des « pleurs constants, cris et actes d’automutilation ».

Cette violence institutionnelle du prélèvement des mineurs est critiquée par de nombreux psychiatres et autres travailleurs sociaux, car, en absence d’abus psychique ou physique, les services sociaux avaient jusque-là toujours privilégié des parcours d’accompagnement.

Ce cas soulève plusieurs interrogations, dont une qui suscite plus d’inquiétude. Le tribunal des mineurs de L’Aquila a en effet ordonné que Catherine et Nathan Trevallion se soumettent à une expertise psychiatrique « pour évaluer le profil de personnalité de chaque parent », et en particulier, « la capacité de reconnaître les besoins psychologiques, affectifs et éducatifs des mineurs ». Une expertise que l’on jugera justifiée ou pas, mais qui représente un dangereux précédent et met en évidence un deux poids deux mesures manifeste, puisque ni les gens du voyage dont les enfants sont souvent déscolarisés et plongés dans la délinquance dès leur plus jeune âge ne sont soumis à de telles expertises, ni les parents de mineurs qui entament un parcours de changement de sexe, ni les juges qui prennent des décisions traumatiques pour les enfants comme dans le cas présent.

Une violence institutionnelle éprouvée par un autre couple, dont les enfants de 4 et 8 ans ont été prélevés de force par une douzaine de gendarmes armés en tenue anti-émeute le 16 octobre dernier. Il est reproché aux parents des irrégularités dans la procédure de l’école à domicile et un manque de collaboration avec les services sociaux lors des contrôles sanitaires (enfants non-vaccinés, absence de pédiatre d’État). Le couple, qui vivait dans une ferme isolée dans les bois, serait lié à la branche italienne du groupe américain qualifié de complotiste « One People I Am » qui soutient que les États n’existent pas en tant qu’entités souveraines, mais seraient des sociétés privées et leurs gouvernements des corporations.

C’est donc le refus de reconnaissance de l’autorité étatique qui aurait alimenté les tensions avec les institutions et la décision de retirer les enfants par la force. Depuis plus de 60 jours, ils ne savent pas où se trouvent leurs enfants, ni même s’ils sont ensemble.

Les deux cas sont certes différents, mais on jugera de la méthode employée pour la protection des mineurs en images. Des images d’une violence inouïe, mais que Marilda Brogialdi, maire de la localité, retient appropriée, n’y voyant « rien d’extraordinaire » :

Quoi que l’on pense du mode de vie des familles en question, si aucun abus envers les enfants n’est impliqué, ces deux cas soulèvent beaucoup d’inquiétude et illustrent encore une fois la puissance sourde d’un appareil judiciaire qui apparaît de plus en plus injuste et tyrannique.

Audrey D’Aguanno

Photo d’illustration : Capture La Verità

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5 réponses à “Tyrannie judiciaire – les enfants de la famille qui vivaient dans les bois italiens ont été retirés à leurs parents”

  1. chegwidden dit :

    ah quel drôle de monde !

  2. guillemot dit :

    Une chose est sure, c’est que cette société totalitaire ne pourra pas donner à ces enfants le matériau vital pour leur construction , à savoir l’amour d’une mère et d’un père et en fera peut être de futurs délinquants

  3. Michel BERAUDO-MARCH dit :

    Où l’on voit que la conformité à un mode de vie normatif prévaut sur le bien être des enfants, alors que par ailleurs des enfants maltraités sont laissés à la garde des parents.

  4. GOALOU dit :

    Mussolini est de retour !

  5. Durandal dit :

    Bonjour,

    Imaginez : des enfants éduqués à la liberté dans un centre de l’ASE ! Le traumatisme vient de l’état.
    Désormais vouloir l’autonomie est officiellement un délit. Comment voulez vous faire des enfants dans un tel contexte ? Les esclaves n’ont pas d’enfants. Et les gens libres en sont privés dans notre société de la stérilité.

    Cdt.

    M.D

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