De retour sur la scène de Davos le 21 janvier 2026, Donald Trump a livré un discours offensif, à la fois économique et géopolitique, où l’Europe a servi de contre-modèle. Le président américain dit « aimer l’Europe » et vouloir la voir prospérer, mais estime qu’elle « ne va pas dans la bonne direction ». Dans sa ligne habituelle, il associe cette “mauvaise trajectoire” à trois choix qu’il juge destructeurs : l’envol des dépenses publiques, les migrations de masse “incontrôlées” et la dépendance aux importations, décrites comme « sans fin ».
L’idée, martelée devant un auditoire de dirigeants politiques et économiques, est simple : selon Trump, Washington et les capitales européennes se seraient trop longtemps convaincus qu’une économie occidentale moderne ne pouvait croître qu’en dépensant davantage, en ouvrant largement les frontières et en important toujours plus. À l’inverse, il présente sa stratégie comme une rupture assumée : priorité à la production nationale, pression commerciale via les droits de douane, et reprise en main de l’immigration.
Trump revendique une « transformation » économique américaine
Le chef de l’exécutif américain a profité de Davos pour défendre le bilan économique de son retour à la Maison-Blanche, en citant une inflation en baisse, une croissance qu’il qualifie de forte et une réduction des déficits commerciaux. Il affirme que les experts annonçaient une récession et une flambée des prix si les États-Unis changeaient de cap, et dit leur avoir “prouvé le contraire”. Il met aussi en avant un recul des prix de l’essence, allant jusqu’à prédire un niveau inférieur à 2 dollars le gallon “dans de nombreux endroits”, et présente sa grande loi économique — qu’il qualifie lui-même d’« One Big Beautiful Bill » — comme l’ossature du nouveau modèle américain.
Dans le sous-texte, le message est adressé aux Européens : l’Amérique, selon Trump, aurait retrouvé une dynamique qu’il juge perdue de ce côté-ci de l’Atlantique, et l’Europe ferait fausse route en s’accrochant à des politiques publiques coûteuses et à un modèle commercial trop ouvert.
Groenland : “négociations immédiates”, mais pas de force militaire
Le passage le plus sensible — et le plus commenté — est venu lorsque Trump a de nouveau placé le Groenland au cœur des préoccupations stratégiques américaines. Il a répété que, selon lui, les États-Unis sont les seuls capables de “protéger” de manière fiable ce territoire arctique rattaché au Danemark, invoquant la sécurité nationale et la logique de défense du flanc nord.
Après avoir laissé planer ces dernières semaines l’hypothèse de méthodes brutales, il a toutefois affirmé à Davos qu’il n’utiliserait pas la force pour obtenir le Groenland, tout en réclamant des “négociations immédiates” avec Copenhague. Le président a également relié le dossier groenlandais à une critique plus large de l’Alliance atlantique, jugeant “normal” que chaque membre de l’Otan soit capable de défendre son propre territoire et insinuant que la solidarité n’est pas toujours réciproque.
Otan, rapport de force et avertissement aux alliés
Au fil de son intervention, Trump a réinstallé une logique de rapport de force avec les alliés européens : coopération si les partenaires suivent, pression si les partenaires résistent. Cette tonalité s’inscrit dans le climat de tension des derniers jours, où la question du Groenland a contaminé d’autres sujets, notamment commerciaux et militaires.
Dans la séquence de Davos, l’Otan apparaît moins comme une évidence intangible que comme une relation conditionnelle, dont le prix — financier, industriel, stratégique — devrait selon Trump être renégocié en faveur des États-Unis.
Interrogé sur la guerre en Ukraine, le président américain a repris un argument déjà exprimé par son entourage : les États-Unis sont “loin” du théâtre, l’Europe et l’Otan devraient assumer davantage, et une paix négociée doit être obtenue rapidement. Il a aussi multiplié les formules provocatrices sur la responsabilité des dirigeants concernés et sur le coût de l’aide.
Au total, la prise de parole de Trump à Davos n’a pas ressemblé à une simple présentation économique. C’est un discours d’orientation : validation de son agenda intérieur, mise en cause frontale du modèle européen, et rappel brutal que la protection américaine — en Arctique comme ailleurs — se négocie. Derrière les formules, le message est limpide : l’Europe est sommée de choisir entre alignement sur certaines priorités américaines (immigration, dépenses, industrie, défense) ou exposition à une relation transatlantique plus dure, plus transactionnelle, et parfois imprévisible.
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[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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