La mort solitaire des personnes âgées reste une réalité largement invisible en France. Face à l’ampleur du phénomène et à l’absence de données fiables, l’association Les Petits Frères des Pauvres annonce la création d’un comité scientifique chargé de préfigurer un Observatoire national de la mort solitaire. Une initiative motivée par un constat alarmant, notamment dans l’Ouest du pays.
En 2025, sur la trentaine de décès de personnes âgées décédées seules à leur domicile et découverts tardivement, sept cas ont concerné la région Ouest, dont six en Pays de la Loire et un en Bretagne. Des situations documentées à partir d’articles de presse, qui ne représentent vraisemblablement qu’une fraction de la réalité.
Une conséquence ultime de l’isolement social
Ces décès, parfois découverts plusieurs semaines, voire plusieurs mois après la mort, sont l’aboutissement d’un isolement social extrême. Selon les données rappelées par l’association, 750 000 personnes âgées vivent aujourd’hui en situation de “mort sociale”, c’est-à-dire sans ou presque sans contacts, tandis que près de deux millions sont isolées de leur famille et de leurs amis.
Cette rupture progressive des liens sociaux constitue un terrain propice à la mort solitaire. Pourtant, malgré l’inquiétude exprimée de longue date par les acteurs associatifs, funéraires ou sociaux, aucun recensement officiel et exhaustif n’existe à ce jour.
Un observatoire pour mesurer et comprendre
C’est pour répondre à ce vide que les Petits Frères des Pauvres ont décidé de créer un comité scientifique, réunissant chercheurs, sociologues, gériatres et acteurs de terrain. Sa mission : poser les bases d’un observatoire national capable de collecter des données fiables, d’analyser les facteurs de risque, et de formuler des recommandations concrètes à destination des pouvoirs publics et des acteurs sociaux.
Pour Yann Lasnier, délégué général de l’association, mesurer précisément cette réalité est devenu indispensable afin de pouvoir agir efficacement et prévenir ces drames humains.
Mettre des visages sur une tragédie silencieuse
Au-delà des chiffres, l’association souhaite également redonner une identité à ces personnes disparues dans l’indifférence. Une liste des cas recensés ainsi que plusieurs portraits de victimes ont été mis en ligne, retraçant des parcours marqués par la précarité, la maladie, la rupture familiale ou l’effacement progressif des relations sociales.
Ces récits, réalisés par le journaliste Jean-Baptiste Mouttet, visent à montrer que la mort solitaire n’est pas un accident isolé, mais souvent le résultat d’un enchaînement de fragilités.
Une mobilisation citoyenne appelée
Les Petits Frères des Pauvres appellent enfin à une mobilisation citoyenne, estimant que certains signes devraient alerter l’entourage et le voisinage : une boîte aux lettres qui déborde, des volets constamment fermés, une lumière allumée jour et nuit. Autant d’indices qui peuvent, parfois, permettre d’éviter l’irréparable.
À l’heure où la population vieillit et où les solidarités de proximité se fragilisent, la question de la mort solitaire des personnes âgées apparaît plus que jamais comme un enjeu humain, social et politique majeur, y compris en Bretagne.
Photo d’illustration : DR
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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