Le rapport publié par l’Ifop pour Partir à New York met en lumière un phénomène de « grand refroidissement » dans le rapport des Français aux États-Unis. Réalisée les 15 et 16 janvier 2026 auprès de 1 000 personnes représentatives de la population française adulte, l’étude montre un recul net de l’attractivité touristique américaine, accompagné d’une dégradation marquée de l’image du pays et de son président.
Mais si les chiffres pointent clairement l’« effet Trump », ils n’analysent pas un facteur pourtant central dans la formation de l’opinion : le traitement médiatique extrêmement négatif dont le président américain fait l’objet en France depuis plusieurs années.
Un désamour touristique désormais mesurable
Premier indicateur frappant : près d’un Français sur deux (46 %) déclare ne pas souhaiter voyager aux États-Unis. Parmi eux, 59 % affirment que la politique menée par Donald Trump pèse directement dans leur décision.
Ce recul de l’envie de voyager s’inscrit dans une tendance plus large signalée par plusieurs données internationales sur la baisse de fréquentation étrangère vers les États-Unis. L’étude Ifop souligne que cette hésitation ne relève pas seulement de considérations économiques ou pratiques, mais bien d’un climat politique perçu comme dégradé outre-Atlantique.
Même l’attrait pour New York, destination phare du tourisme français, montre des signes d’érosion, confirmant que le refroidissement dépasse la seule conjoncture touristique pour toucher l’image globale du pays.
Une chute historique de la cote de sympathie des États-Unis
L’étude met en évidence une dégradation profonde de l’image américaine dans l’opinion française. La cote de sympathie des États-Unis chute à 22 % en 2026, contre 65 % en 2010, soit son niveau le plus bas depuis trente ans.
Ce décrochage spectaculaire traduit un changement de perception plus global : l’Amérique n’apparaît plus comme une évidence culturelle et politique pour une partie importante de l’opinion française. Le rapport évoque un regard désormais « plus froid, plus critique et moins évident » qu’auparavant.
Donald Trump, figure centrale du rejet
La figure du président américain concentre l’essentiel des jugements négatifs. Selon l’enquête, 81 % des Français déclarent avoir une mauvaise opinion de Donald Trump.
Les qualificatifs associés à son image sont très largement négatifs : 86 % le jugent « agressif » et 82 % « dangereux », tandis que seuls 23 % le considèrent comme « compétent » et 18 % comme « proche des gens ».
L’étude parle explicitement d’un « effet Trump » dans la perception du pays, ce qui confirme la personnalisation extrême de l’image des États-Unis autour de son dirigeant.
Un angle absent de l’étude : le rôle du traitement médiatique
Toutefois, un élément majeur n’est pas traité par le rapport : l’influence du climat médiatique français sur la perception du président américain et, par extension, des États-Unis.
Depuis plusieurs années, la quasi-totalité des grands médias français adoptent une ligne éditoriale très critique à l’égard de Donald Trump, souvent présentée sous un angle conflictuel, polémique ou alarmiste. Cette couverture massive, répétée et largement homogène contribue mécaniquement à structurer l’opinion publique.
Or, l’étude Ifop mesure des perceptions, mais ne cherche pas à analyser les mécanismes de formation de ces perceptions. Elle constate que l’image se dégrade, sans interroger le rôle possible de la médiatisation permanente des controverses liées à la présidence américaine.
Dans ce contexte, il est difficile d’isoler la seule politique américaine comme facteur explicatif, tant l’image du président est en grande partie médiée par le filtre du paysage médiatique européen, et en particulier français.
Un « modèle trumpiste » peu attractif en France
L’enquête révèle également que l’influence idéologique du trumpisme reste limitée dans l’opinion française. Seuls 21 % des Français estiment que les responsables politiques français devraient davantage s’inspirer de Donald Trump.
Lorsqu’ils doivent identifier une personnalité française jugée la plus proche du président américain, les sondés citent en premier Éric Zemmour (27 %), devant Marine Le Pen (24 %) et Jordan Bardella (21 %), tandis qu’un Français sur cinq considère qu’aucune figure politique hexagonale ne lui correspond réellement.
Un refroidissement durable du lien transatlantique
Au final, l’étude dessine le portrait d’un rapport à l’Amérique profondément transformé. Entre désaffection touristique, chute de la sympathie et rejet massif du président américain, le lien affectif entre la France et les États-Unis semble s’être nettement distendu.
Mais si les chiffres objectivent ce refroidissement, ils ne suffisent pas à en expliquer toutes les causes. Entre climat politique américain, recomposition géopolitique et traitement médiatique intensif des controverses liées à Donald Trump, l’image des États-Unis apparaît aujourd’hui moins façonnée par l’expérience directe que par une perception construite à distance, à travers le prisme politique et médiatique européen.
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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