Longer l’Atlantique pendant quatre mois, sans exploit spectaculaire ni défi artificiel, simplement en marchant sur la terre de ses ancêtres : c’est le choix singulier posé par l’écrivain-voyageur et réalisateur Capitaine Rémi dans son documentaire Sur le Sentier des Douaniers, un film de 52 minutes consacré à son périple de 2 100 kilomètres autour du littoral breton.
Loin des récits d’aventures exotiques ou des voyages lointains présentés comme seuls dignes d’intérêt, le film s’inscrit dans une démarche inverse : redécouvrir la Bretagne en profondeur, pas à pas, au rythme du vent, des marées et des rencontres humaines.
Une aventure enracinée sur le GR34, colonne vertébrale du littoral breton
Le Sentier des Douaniers, GR34, est bien plus qu’un simple itinéraire de randonnée. Il dessine la silhouette même de la Bretagne, de ses falaises battues par les tempêtes à ses plages, en passant par ses ports, ses caps et ses villages côtiers. C’est ce fil géographique et identitaire que suit Capitaine Rémi, sac à dos et tente sur les épaules, dans un voyage qui tient davantage du cheminement intérieur que de la performance sportive.
Dans le film, le réalisateur insiste sur ce refus de la logique du record ou de l’exploit. Il ne s’agit ni de conquérir une montagne, ni de battre un chrono, mais d’habiter un territoire, de s’y fondre et de le comprendre par la marche. Sous la pluie, le soleil ou la tempête, la Bretagne se dévoile dans sa vérité, brute, changeante et profondément vivante.
Un carnet de bord sincère entre paysages, doutes et rencontres
Le documentaire prend la forme d’un carnet de route filmé, où s’entremêlent paysages côtiers, moments de solitude, réflexions personnelles et rencontres avec des habitants. L’accueil des Bretons et Bretonnes occupe d’ailleurs une place centrale dans le récit, présenté comme l’un des éléments les plus marquants de cette aventure.
Plutôt que de livrer une vision touristique superficielle, le film propose une immersion sensible dans le quotidien du littoral : marcher, dormir sous tente, avancer malgré la fatigue, accepter l’imprévu et lâcher progressivement le contrôle d’un programme initial. Cette dimension introspective donne au documentaire une tonalité humaine et accessible, loin des productions formatées.
À travers ce projet, Capitaine Rémi défend une idée simple mais à contre-courant des imaginaires dominants : l’aventure n’est pas forcément à l’autre bout du monde. Elle peut exister au coin de chez soi, sur un territoire familier, à condition de prendre le temps de le parcourir réellement.
Le film rappelle ainsi que la Bretagne, souvent réduite à quelques clichés touristiques, recèle une richesse naturelle et culturelle immense dès lors qu’on la traverse dans sa continuité géographique. Une nuit sous les étoiles sur le GR34 devient alors une expérience aussi marquante qu’un voyage lointain, sinon davantage, car elle s’inscrit dans un territoire chargé d’histoire et d’identité.
Un parcours cohérent dans l’œuvre d’un écrivain-voyageur
Conteur d’aventures depuis une décennie, Capitaine Rémi s’est construit une identité autour de récits authentiques mêlant poésie, humour et introspection. Auteur et réalisateur, il partage ses expériences à travers livres, films et spectacles, avec une ligne constante : raconter des aventures vécues, enracinées et accessibles.
Avec Sur le Sentier des Douaniers, il signe une œuvre profondément bretonne dans son essence, qui valorise à la fois le patrimoine naturel, l’hospitalité locale et la redécouverte d’un territoire ancestral. Un documentaire qui, sans artifices ni effets spectaculaires, rappelle que la Bretagne ne se visite pas seulement : elle se marche, se vit et se ressent, au rythme des pas et des marées.
Crédit photo : Capitaine Rémi (DR)
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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