Roms et gens du voyage en Loire-Atlantique : où sont-ils installés ?

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24/05/2014 – 07H00 Nantes (Breizh-info.com) –  La Loire-Atlantique accueillerait à peu près 5000 personnes issues de la communauté des gens du voyage – dont la moitié auraient moins de 25 ans – auxquelles s’ajouteraient un peu plus de 1500 Roms, majoritairement concentrés dans l’agglomération nantaise. Le département accueille ainsi 9% de la population des Roms en France et un pourcentage équivalent de campements, soit 36 connus par les pouvoirs publics en 2012. Plusieurs ont été évacués depuis (à Nantes-Cheviré, Saint-Herblain, Orvault, Rezé) et leurs occupants ont rejoint d’autres camps existants. On estime le nombre actuel de camps à 30 environ

Ne figurent sur notre carte que ceux des campements dont nous avons pu obtenir la localisation. Ils sont indiqués de la façon la plus précise possible. En revanche les aires officielles (ouvertes à l’année ou de grand passage) et les terrains ou logements dans lesquels se sédentarisent les gens du voyage ne sont pas toujours indiqués à leur emplacement précis mais pointés sur la commune à laquelle ils se rapportent.

GDV

Les données proviennent des observations faites sur le terrain, mais aussi du plan d’accueil des gens du voyage en Loire-Atlantique de 2010 à 2016 qui liste les aires existantes et celles qui sont prévues, ainsi que d’une étude des campements roms en France en 2012-13 faite par une association d’aide aux communautés roms. Du fait du dynamisme démographique de la population des gens du voyage, les pouvoirs publics prévoient la réalisation de plusieurs nouvelles aires d’accueil pour une centaine de places supplémentaires. Notons cependant que l’opposition des riverains a notablement retardé des projets d’aires à Pornic, la Chapelle sur Erdre ou encore Carquefou.

Le département compte actuellement 51 aires d’accueil ou de grand passage et dix supplémentaires sont prévues ou en travaux d’ici 2016. A ce jour, le coût de la réalisation d’une aire d’accueil varie en fonction des aménagements voulus. Il oscillerait entre 250.000 € (Sucé, 8 emplacements) et plus de 700.000 pour une aire de vingt places. Hors des communautés urbaines, ce sont les communes qui assurent le gros de la dépense, aidées par l’Etat et le Conseil Général. Sur la côte, les intercommunalités Cap Atlantique et Carene ont supporté le coût de la construction des aires d’accueil ouvertes toutes l’année. Autour de Nantes, c’est un syndicat intercommunal qui assure la plupart des dépenses, aidé par le conseil général. Il compte 32 communes dont 8 hors métropole.

Au-delà du cliché connu de la caravane ou du campement, une nouvelle réalité émerge de plus en plus nettement au sein des gens du voyage : la sédentarisation, qui les pousse à rester plus longtemps sur les aires ou à acheter des terres. Il a été relevé en 2007-2008 sur les aires officielles d’accueil des gens du voyage en Loire-Atlantique que 14% des ménages restaient au moins six mois et 7.4% plus de neuf mois; les pouvoirs publics en ont d’ailleurs relevé 82 dans la métropole nantaise et 34 dans celle de Saint-Nazaire qui seraient demandeurs d’un logement fixe. Par ailleurs, d’après les gens du voyage eux-mêmes, ils détiendraient ainsi 2000 terrains familiaux – en grande partie agricoles et non constructibles, sur lesquels ils parquent caravanes et autres chalets de jardins, en vivant de façon quasi-sédentaire. Seuls 348 d’entre eux seraient connus des pouvoirs publics en 2008 et sont reportés sur notre carte, selon les communes concernées.

Par ailleurs la présence des gens du voyage est entrée dans l’histoire de Rezé (73 terrains) – ils se fixent à Ragon, au sud de la commune, depuis plus d’un siècle – et tend à devenir une réalité dans d’autres communes. Comme Bouguenais (26 terrains), Nantes (14), Saint-Julien de Concelles (15), Sainte-Luce (12), Treillières (17), Vertou (16), Donges et Missilac (10 dans chaque commune), Couëron (15), Trignac (40) ou encore Issé (8). D’autres communes sont concernées de façon plus marginale. La présence des gens du voyage tendrait donc à se pérenniser. Cette sédentarisation se fait prioritairement autour des métropoles nantaise et nazairienne, mais aussi dans le Castelbriantais et le sud du Pays de Retz. Elle concerne aussi de façon moins importante les pays de Nozay et de Blain, ainsi que les alentours de Ligné.

Plus fragiles socialement et surtout présents depuis moins de temps, les Roms continuent eux à vivre principalement dans des camps précaires ou des friches, même si quelques expériences de sédentarisation soutenues par des fonds publics ont lieu dans le département – à Indre avec cinq familles dont le village de réinsertion a coûté son poste au maire sortant ou encore à Sainte-Luce sur Loire avec un village de mobil-homes cogéré par une association. De l’habitat adapté est aussi mis en place par les pouvoirs publics au bénéfice de Roms comme de gens du voyage.

La sédentarisation et l’intégration sociale des Roms sont cependant mises en péril par les expulsions constantes dont leurs campements font l’objet, puisque communes et pouvoirs publics ne cessent de se passer mutuellement la patate chaude sans apporter de solutions durables pour ces populations. Cependant, plusieurs implantations ont acquis un caractère de quasi stabilité – c’est le cas notamment de l’occupation de l’ancienne Glacière sur l’île de Nantes depuis plusieurs années, de plusieurs petits camps sur la prairie de Mauves (dont l’un a fini par devenir une aire officielle, à la Clarière) ou encore du camp de Bouguenais les Couëts depuis 2012. Des groupes Roms s’accrochent aussi à un territoire donné malgré les expulsions – c’est le cas à Rezé, entre Saint-Herblain, Orvault et Sautron, entre Chantenay et Couëron ou encore autour de Carquefou.

Photo : breizh-info.com
Breizh-info.com, 2014, dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d’origine.

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3 Commentaires

  1. « La sédentarisation et l’intégration sociale des Roms sont mises en péril par les expulsions constantes », écrivez-vous. Implicitement, vous semblez y voir un objectif souhaitable. Pas d’accord du tout ! Ces gens arrivent, se posent là où ils veulent, et ce serait alors aux collectivités locales de les prendre en charge, aux frais des contribuables et aux conditions qu’ils ont eux-mêmes choisies ? Trop facile ! La France est un pays de droit. Si des Roms veulent s’installer chez nous, le droit européen le leur permet — à certaines conditions (notamment de s’assumer eux-mêmes en occupant un emploi). Ceux qui respectent ces conditions n’ont pas de problème. Les autres, ceux qui ne respectent pas la loi, y compris en occupant illégalement des terrains, tant pis pour eux. Ce qui met en péril la sédentarisation et l’intégration sociale des Roms dont vous parlez, c’est leur propre comportement.

  2. nous avons été informé qu’un projet de rachat de plusieurs champs sur la commune du clion sur mer allait etre destiné au gens du voyage le terrain que mon arriere grand pere et grand pere ont acheter il y a presque 50 ans en fait parti ils ont passé un temps fou a le rendre propre, a l’entretenir y ont construit une cabane pour les vacances et tout cela peut etre detruit ce terrain ne vaut rien aujourd’hui mais pour ma famille il a une grande valeur sentimentale se serais un dechirement de le perdre nous subissons depuis 4 ans cambriolage, vandalisme et excréments nous voulons nous battre contr ce projet l’etat augmente nos impots a des dettes mais expropris les imposable pour y mettre les non imposable l’etat peut ce permettre des rachats de terrain qui ensuite ne lui rapporte rien ??? tout leur est permis

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