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24/05/2014 – 09H00 Carhaix (Breizh-info.com) –Christian Troadec est à la fois un leader incontesté par la base du mouvement Breton, notamment sa base finistérienne, mais également un fin tacticien.
Sa candidature aux élections européennes ce dimanche, avec la liste « Nous te ferons Europe », comporte des enjeux fondamentaux pour l’avenir de la donne politique en Bretagne.
En effet, au départ il avait été question d’une liste bretonne unitaire avec l’UDB, l’Union Démocratique Bretonne. Or cette alliance n a pas été réalisée faute pour l’UDB d’accepter qu’en toute légitimité populaire Christian Troadec mène la liste .
De plus, les tensions et les divergences politiques affichées se sont accrues notamment pendant l’épisode » Bonnets rouges « . En effet, certains dirigeants de l’UDB (Georges Cadiou notamment) avaient appelé à manifester à Carhaix aux côtés du NPA plutôt qu’à Quimper aux côtés d’un mouvement unitaire. Plus récemment, Christian Troadec aurait subi des pressions de son aile gauche afin de ne pas soutenir les Bonnets rouges incarcérés car certains d’entre eux étaient soupçonnés par les dirigeants de la gauche Bretonne d’être des nationalistes Bretons de droite.
Des pressions auxquelles il n’aura finalement pas cédé, en homme de parole, en venant apporter son soutien aux militants incarcérés et présentés au tribunal de Rennes.
Homme de parole, mais également homme de conviction et homme ambitieux, il se sait porteur d’un destin Breton. Il se sent légitime pour le porter. Et il semblerait en passe de comprendre que l’avenir de la Bretagne et l’avenir de la politique en Bretagne pourraient se faire sur sa droite plutôt que sur sa gauche.
En effet, parallèlement à la vague anti-PS qui parcourt une bonne partie de la France, les Bretons semblent de plus en plus enclins à répondre à une offre politique qui serait à la fois régionaliste et protectrice.
Une offre qu’ils ne retrouvent plus dans le Parti Socialiste (sauf dans les grandes villes), ni dans ses alliés traditionnels en Bretagne que sont Europe Ecologie les Verts, le Parti Communiste ou l’UDB, avec notamment le député Paul Molac qui a voté la confiance au gouvernement de Manuel Valls.
Une offre qu’ils ne trouvent pas non plus dans un Front National qui s’annonce protecteur des Français tout en voulant déconstruire la région et l’intercommunalité, deux strates culturelles, identitaires et administratives à laquelle les Bretons sont particulièrement attachés, tout comme leur commune. La défiance à l’égard de la langue bretonne ou de la signalétique bilingue, pourtant plébiscitée et approuvée par une majorité de Bretons, ne devrait pas faciliter leur adhésion.
Une offre que l’UMP locale semble avoir les pires difficultés à incarner, une UMP qui peine à se distinguer et à se renouveler autrement que par les ambitions de certains jeunes tenors, une UMP dans laquelle Marc Le Fur, député de droite revendiquée et assumée, semble bien seul pour reprendre la région à la gauche lors des prochaines élections.
C’est dans ce contexte que la candidature de Christian Troadec, sur une liste qui compte des représentants de la société civile bretonne, mais aussi du Parti Breton ou de Breizh Europa, semble prendre son sens, non pour élire un député européen, mais pour battre les autres formations régionalistes et obtenir la légitimité par les urnes après celle de la rue.
Une victoire face à l’UDB et face au NPA/Breizhistance notamment qui permettrait à Christian Troadec de ne plus avoir à se justifier sur ses choix politiques, ses alliances et ses contacts auprès de ses « camarades ». Ceux-ci ont trop souvent tendance à lui demander des comptes et à le tenir sur sa gauche, position qui semble indisposer de plus en plus le maire de Carhaix. Son élection dès le premier tour lors des dernières municipales a d’ailleurs été permise également par le vote non négligeable de citoyens de droite en sa faveur. La droite locale, en ne présentant aucune candidat, a compris depuis longtemps que Christian Troadec, loin d’être un maire « de gauche », était avant tout un maire Breton, qui se veut rassembleur.
Au soir des élections Européennes, l’échiquier politique Breton pourrait donc changer de cap , notamment si la déculottée de l’UDB se confirmait et que la liste de Christian Troadec réalisait un score honorable sur les 5 départements Bretons.
Photo : DR
Breizh-info.com, 2014, dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d’origine.
6 réponses à “Européennes : le pari pour la Bretagne de Christian Troadec”
Pari tellement dangereux et potentiellement contreproductif qu’il sonnera le glas de la Bretagne et de ses 11 revendications actuelles en n’atteignant pas les 5% . Les socialistes français s’en donneront ensuite à cœur joie et tous les autres partis jacobins de droite comme de gauche s’en réjouiront ! Réunification, écotaxe, centralisme français à nouveau revendiqué, nous aurons le droit à tout. La force de ce mouvement se trouvait dans la rue, certainement pas dans l’isoloir où l’on a décidé de l’enfermer. Un piège mortel.
S’il n’atteint pas 5%, ce sera à cause de gens comme vous qui préférez sûrement voter jacobin.
Pas du tout d’accord avec le dernier paragraphe de votre article : j’espère que nos deux listes bretonnes auront toutes deux un maximum de voix , ce sont les seules à défendre notre pays la Bretagne ! il serait temps de se débarrasser des listes françaises inféodées à Paris qui nous même depuis des décennies dans le mur !
Après il sera temps de voir ce que l’on fait chez nous !
Troadec est le seul candidat pleinement breton pour ces élections.
TROADEC FAIT LA CHASSE AUX ELECTEURS DU FN PAS ETONNANT QU’IL N’A PAS PASSE LA BARRE DES 5%
Il faut que cela change, car il est contre-productif que beaucoup de Bretons votent pour un parti comme le FN ! Ce parti est ultra centralisateur ! Il refuse les différences tels que les langues régionales ! Qui plus est souvenons-nous de l’extrême droite de Pétain à qui nous devons la scission de la Bretagne ! N’avons nous pas souffert et subi les pires effets de ce type de politique en Bretagne ! Il serait temps que nos médias locaux éclairent les Bretons sur cette Face du FN, car avec ce parti nous resteront un greffon sur des racines Française coupé de notre histoire ! Si cela est fait, il est possible que Mr Troadec conquiert ces Bretons égarés, égarés car ils votent contre eux même !