Réforme territoriale. Quelques aberrations à venir

andré_vallini

25/08/2014 – 07H00 Paris (Breizh-info.com) – Mardi 3 juillet André Vallini, secrétaire d’Etat à la Réforme territoriale, rappelle que la réorganisation du territoire devrait permettre d’économiser « une dizaine de milliards » par an, d’ici cinq à dix ans.
Soit environ 5% de la masse globale du budget des collectivités territoriales (250 milliards).
Un chiffre en deçà des premières prévisions.

Au début mai, il avait effectivement annoncé un gain annuel de 12 à 25 milliards. Comment y arriver ? « En faisant des économies d’échelle, en supprimant les chevauchements de compétence, les doublons » assure André Vallini.

Pourtant, question économies, l’affaire démarre mal. C’est la conclusion que l’on peut en retirer en lisant la petite loi adoptée par l’Assemblée le mercredi 23 juillet .
Si dans les régions qui ne changent pas de périmètre, on conserve le même nombre de conseillers régionaux, dans celles que l’on fusionne, les effectifs prennent une allure grandiose. Dans le premier cas, la Bretagne demeure à 83 conseillers et les Pays de la Loire à 93.
Donc pas de modification à apporter à l’hémicycle, pas d’augmentation du nombre des bureaux.

Dans le second cas, on voit l’apparition de véritables monstres : 169 conseillers pour l’entité dénommé « Alsace, Champagne, Ardenne et Lorraine », 183 pour « Aquitaine, Limousin et Poitou-Charentes », 204 pour « Auvergne et Rhône-Alpes », 170 pour « Nord-Pas-de-Calais et Picardie ».

N’en déplaise à M. Vallini, la facture sera salée pour les régions en question. Prenons un exemple simple :

L’Aquitaine. L’hôtel de région, situé à Bordeaux, accueille actuellement 85 conseillers. L’évidence veut que le chef-lieu de la « nouvelle région » soit Bordeaux. Si le projet de loi est, au final, adopté tel quel, il faudra reculer les murs pour faire rentrer les 183 conseillers régionaux dans un hémicycle prévu pour 85. Doubler le nombre des conseillers suppose également doubler le nombre des bureaux. Autant dire que l’hôtel de région aura besoin d’une sérieuse « restructuration ».
Pour la plus grande satisfaction du contribuable et des entreprises du bâtiment !

Autre exemple grotesque à Clermont-Ferrand, chef-lieu de l’Auvergne. La Région y dispose d’un hôtel tout neuf ….qui deviendra inutile, puisque les conseillers régionaux iront siéger à Lyon.

Crédit photo : wikipedia (cc)
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