Rennes. Nathalie Appéré (PS) aime la Bretagne quand ça l’arrange

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23/10/2014 – 07H00 Rennes (Breizh-info.com) – Au départ, il y avait un deal entre Edmond Hervé (PS), maire de  Rennes et Jean-Marc Ayrault (PS), maire de Nantes. Pour le premier il s’agissait d’obtenir la construction  de la ligne à grande vitesse Le Mans-Rennes et pour le second l’aménagement de l’ « aéroport du grand ouest » à Notre-Dame-des-Landes. L’un et l’autre faisant bloc pour obtenir du gouvernement – « de droite » à l’époque – satisfaction sur ces deux dossiers. Les deux compères s’épaulant, ils croyaient obtenir satisfaction au motif qu’il convient de « désenclaver » l’Ouest. Si, pour Rennes, la partie est gagnée – les travaux de la ligne à grande vitesse sont bien engagés -, il en va autrement pour le projet de NDDL qui patine sérieusement, faute pour le gouvernement « de gauche » de faire prueve d’acharnement sur la question. Et puis, aujourd’hui, il n’y a plus d’argent dans les caisses…

Qu’importe, les relations entre la municipalité nantaise et celle de Rennes sont marquées par le respect du « pré carré » du partenaire. Nathalie Appéré (PS), maire de Rennes, ne dira rie, ne fera rien qui puisse fâcher sa « copine » Johanna Rolland (PS), maire de Nantes.. On se ménage, on cherche à travailler en bonne entente. Pas de Vagues. Pas question d’attaquer les intérêts et positions de la voisine, d’autant plus que les deux villes sont liées par une série de « réseaux ».

Cette réalité soulignée, on comprend mieux pourquoi Madame Appéré est hostile à la réunification. Prôner cette dernière reviendrait à déclarer la guerre à la municipalité nantaise, ce qu’on ne veut à aucun prix. Sans oublier une question souvent négligée : où installer la capitale ? Que deviendraient les milliers d’emplois liés au statut de capitale régionale ? Si le chef-lieu de la Bretagne réunifiée est Nantes, Rennes à tout à y perdre et réciproqement. C’est pourquoi les deux maires préfèrent toujours le statu quo.

Mais, évidemment, Nathalie Appéré préfère présenter les choses autrement et utiliser un argumentaire « politiquement correct ». A la question : « Pourquoi la maire de Rennes que vous êtes est-elle opposée à la réunification de la Bretagne ? », elle répond benoîtement : «  Parce que cette revendication s’appuie sur une approche culturelle et identitaire qui me gêne. Je ne cois pas qu’il faille fonder une réforme administrative sur des faits historiques. Car où sera la prochaine limite ? Quand je vois ce qu’il se passe en Ecosse, en Flandres ou en Catalogne, je m’inquiète. La défense de l’identité risque de conduire au repli sur soi. » (L’Express, 8 octobre 2014) Fermez le ban.

A la vérité, Mme Appéré est « gênée » par beaucoup de choses. Par « cette fixation sur Anne de Bretagne » – effectivement la duchesse est très à la mode en ce moment. Par le « périmètre des régions [qui] est secondaire » ; car « ce qui importe, ce sont les réseaux que nous sommes capables d’établir, par exemple pour innover dans l’industrie agroalimentaire. C’est pourquoi, s’il faut vraiment fusionner, je plaide avec les maires de Nantes, de Brest et de Saint-Nazaire en faveur d’un rapprochement entre la Bretagne et les Pays de la Loire ». (L’Express, 8 octobre 2014).

Mais les Jacobins, aujourd’hui se sont trouvé une ligne de repli bien commode : la culture. S’ils demeurent opposés à la Bretagne « politique », ils ne voient que des avantages à la Bretagne « culturelle ». C’est le cas de Nathalie Appéré : «De toute manière, je refuse ce procès en supposée « non-bretonnitude ». Je suis Lorientaise et j’aime tellement ma culture que mes deux enfants suivent une scolarité dans une filière bretonne !» (L’Express, 8 octobre 2014).

Que la maire de la ville la plus importante de la Bretagne administrative se déclare contre la réunification, voilà qui n’arrange pas les affaires de Jean-Yves Le Drian. Sa position auprès de Hollande et de Valls serait plus forte sur ce dossier s’il pouvait se prévaloir de l’appui des grands maires et des présidents de conseils généraux. Ce qui n’est pas le cas. La division au sein du PS breton rappelle celle qui existait au temps des ducs : « le parti français » s’opposait alors au « parti breton ». D’où la perte de l’indépendance.

Seul le conseil régional soutient avec fermeté le ministre de la Défense sur la question bretonne. Il sera intéressant d’observer si, pour les élections régionales de décembre 2015, Jean-Yves Le Drian aura les mains suffisamment libres pour constituer une liste à son goût, c’est-à-dire préoccupée principalement par la défense des intérêts bretons. Car il devra compter avec Marylise Lebranchu qui lui savonnera la planche…

Bernard Morvan

Crédit Photo : Parti socialiste/Flickr (cc)
[cc] Breizh-info.com, 2014, dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d’origine.

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2 Commentaires

  1. @rennes.

    Me concernant, cet article n’est pas excessif, je le trouve très éclairant.

    Il exprime une opinion impertinente et rafraichissante; une opinion dans laquelle de nombreuses personnes dans la région de Rennes se reconnaissent.

    Cet article s’appuie sur des sources précises.

    Alors au lieu d’utiliser des techniques manipulatoires avec des expressions sans contenu telles que : « une certaine objectivité journalistique », contredisez cet article par du précis et avec vos sources.

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