Elections départementales : PS et UMP ont un boulevard

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28/11/2014 – 08H00 Rennes (Breizh-info.com) – Les conseillers généraux vont disparaître, remplacés par les conseillers départementaux. Les élections générales sont prévues les 22 et 19 mars 2015 ; elles se dérouleront dans de grands cantons qui regrouperont en zone rurale deux ou trois cantons actuels. Chaque parti présentera une équipe de quatre personnes : deux candidats (un homme et une femme) et deux remplaçants (un homme et une femme).
On votera donc pour un binôme au moyen du scrutin majoritaire à deux tours. Ainsi la parité est assurée.

Si l’innovation présentée par le binôme mixte a fait couler beaucoup d’encre et de salive, il n’est pas certain que ce soit le point le plus important. En effet, les conditions d’accès au deuxième tour se voient durcies. Jusqu’à maintenant, le code électoral prévoyait que «nul ne peut être candidat au deuxième tour s’il ne s’est présenté au premier tour et s’il n a obtenu un nombre de suffrages au moins égal à 10% du nombre des électeurs inscrits».

Ainsi, les candidats des petits partis se trouvaient empêchés de concourir le deuxième dimanche et leurs électeurs invités à se reporter sur les candidats de la droite ou de la gauche de gouvernement – les «officiels» en quelque sorte.

Désormais, il faudra avoir recueilli : «un nombre de suffrage égal au moins à 12,5% des électeurs inscrits». « Avec une abstention de 50% (elle fût de 56% en 2011), cela correspond à 25% des suffrages exprimés», souligne Guillaume Tabard (Le Figaro, 19 novembre 2014). Si on se reporte aux résultats des élections européennes en Bretagne (5), on constate qu’aucun parti ne serait capable de franchir la barre des 25% des suffrages exprimés. Même les grosses cyclindrés : 18,36% pour l’UMP et 16,42% pour le PS. Chez les hors-système, le FN obtenait 16,90% et Christian Troadec 5,48%.

Donc pas question pour la droite et la gauche de multiplier les candidatures dans les cantons. L’heure est au rassemblement, au regroupement des forces pour sauver sa peau. Grâce à un accord électoral en bonne et due forme, les formations politiques de chaque camp se partageront le territoire ; ainsi on peut laisser le secteur Hennebont-Lanester au Front de gauche. ou bien présenter des binômes bipartisans : le candidat appartiendra à l’UMP et la candidate à l’UDI.

Il y aura forcément des mécontents : des sortants qui se verront éliminés avec la disparition de leur canton. Mais aussi des heureuses : des femmes propulsées brutalement en position éligible. Cette nouvelle architecture voulue par Manuel Valls, lorsqu’il était ministre de l’Intérieur, favorisera évidemment les partis ; ce sont eux qui désigneront les nombres des attelages (binôme mixte). Tandis que les petits élus des zones rurales qui parvenaient à prospérer en dehors des appareils seront engloutis par la «modernité». On peut même s’interroger sur le devenir de Christian Troadec (divers gauche), leader des Bonnets rouges, à Carhaix, et de Françoise Verchère (Parti de gauche) présidente de l’association des élus anti-aéroport, à Bouguenais.

Parviendront-ils à conserver leur place de conseiller général dans le nouveau découpage ? A moins qu’un petit arrangement avec le PS  ne leur facilite la tâche .

A l’échelon de la Bretagne (5), un regroupement des suffrages obtenus par les différentes listes aux élections européennes montrent que les gauches totalisaient 38,10% des suffrages exprimés tandis que les droites se contentaient de 34,84%. Le Fn arrivait en troisième position avec 16,90% et Christian Troadec quatrième avec 5,49%.

Grâce à l’unité de candidature, les droites et les gauches peuvent aisément franchir la barre des 25% des exprimés aux élections départementales et donc se qualifier pour le deuxième tour : ce qui n’est pas aujourd’hui le cas du Front national, par exemple …

Bernard Morvan

Photo : DR
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