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06/01/2015 – 07H00 ‑ Paris (Breizh-info.com) ‑ L’interview de François Hollande sur France Inter, hier matin, a fait frémir d’aise le lobby en faveur du projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Cette réaction semble pour le moins prématurée.
Interrogé sur le sujet, le président de la République ne pouvait pas démentir explicitement le Premier ministre, qui avait envisagé un début des travaux après le premier semestre 2015. Mais voici ce que François Hollande a dit en réalité : « Ce projet est lancé depuis des années, il est contesté, il y a des recours » a-t-il déclaré. Tant que les recours ne sont pas épuisés le projet ne peut pas être lancé. Quand les recours seront épuisés, le projet sera lancé. »
La sémantique de ces trois courtes phrases est intéressante : elles forment une boucle parfaite. « Ce projet est lancé depuis des années (…) Quand les recours seront épuisés, le projet sera lancé » : le projet a été lancé dans le passé, il sera lancé dans l’avenir, autrement dit, « on repart pour un tour ».

François Hollande à Nantes en 2012 : une chose et son contraire
François Hollande sait bien que les recours peuvent durer des années grâce aux méandres procéduriers du droit français et du droit européen. Manuel Valls le sait aussi. Mais comme les recours ne sont pas suspensifs, ce dernier avait pu annoncer dans son entretien du 18 décembre avec Ouest France que les travaux commenceraient en 2015 « après la décision du tribunal administratif ». En spécifiant qu’on attendrait en fait que les recours soient « épuisés » (encore une formule dont la sémantique est rien moins que dynamique !) le président de la République contredit implicitement son Premier ministre. Et renvoie NDDL à beaucoup plus tard.
Ce qui n’a rien d’étonnant. Depuis ses vœux du 1er janvier, la stratégie de François Hollande pour 2017 paraît limpide : seul un soutien actif des écologistes dès le premier tour de la présidentielle peut lui laisser une chance d’être présent au second tour contre Marine Le Pen. Il n’accomplira donc aucun acte positif qui puisse fâcher les Verts. Mais de leur côté, ces derniers ne peuvent pas non plus afficher un soutien trop manifeste. Les trois petites phrases de François Hollande leur permettent de froncer les sourcils (« maintien #NDDL bloque accord avec écolos », a tweeté Ronan Dantec) tout en préservant l’avenir. Le leur, celui de François Hollande… et celui du projet d’aéroport, qui s’écrira au futur pendant longtemps encore.
Crédit photo : [cc] Jean-Marc Ayrault via Flickr et Wikimedia
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