Environnement. Les sols de Sibérie à la rescousse du climat

Vasyugan_siberie

22/02/2016 – 06h00 Novossibirsk (Breizh-info.com) – Une des menaces du changement climatique est la fonte du permafrost ( sols gelés en permanence des zones subarctiques et arctiques) avec comme conséquence la décomposition en gaz carbonique des énormes quantités de matière organique qui y sont piégées. Les sols gelés de la planète contiennent en effet deux fois plus de CO2 – soit 1668 miliards de tonnes – que n’en contenait l’atmosphère de l’époque pré-industrielle. Le permafrost, ou pergélisols, deviendraient en fondant des accélérateurs du changement climatique.

Ces sols gelés en permanence réservent des surprises : ils sont gelés jusqu’à 1000 mètres de profondeur en Sibérie qui présente ainsi le plus grand volume de sols gelés et de CO2 ainsi piégé. Accessoirement, ils peuvent également renfermer des virus géants potentiellement pathogènes et découverts en septembre dernier. Ou encore des jeunes lions des cavernes et des femelles de mammouth laineux intégralement conservés après leur mort il y a plus de 10 000 ans et découverts récemment ! Ou d’étranges cratères géants dûs à la libération de gaz et de méthane provenant du sol.

Or, ce sont bien ces gaz issus de la décomposition de matière organique enfouie qui sont susceptibles de devenir une source additionnelle majeure aux changements climatiques. Toutefois, en fondant sous l’effet du réchauffement général, le pergélisol devient aussi plus instable et donc davantage susceptible d’être érodé par les eaux de ruissellement. Les fleuves sibériens exportent ainsi des quantités importantes de carbone organique du pergélisol vers l’océan Arctique où il reste piégé durablement. Ce qui soustrait le CO2 à la décomposition pour des centaines de milliers d’années.

L’action des grands fleuves arctiques, Ob, Yenisei, Lena, Indigirka et Kolyma, ne sont évidemment pas suffisants pour contrebalancer à eux seuls les émissions humaines de CO2. Mais combinée à la formidable réserve en carbone du permafrost sibérien, elle est suffisamment importante pour jouer un rôle dans le couplage cycle du carbone/climat aux hautes latitudes. Avec toutes les conséquences sur le climat de l’hémisphère nord que l’on peut aisément imaginer.

Crédit photo : DR
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2 réponses

  1. L’article fait un peu l’impasse sur certains points. Le méthane n’est pas soluble dans l’eau. Son coefficient de réchauffement de l’atmosphère est d’environ 25 par rapport au CO2, c’est-à-dire qu’une tonne de méthane a le même effet que 25 tonnes de CO2.. Donc, le méthane, très volatil, va partir entièrement dans l’atmosphère. Quant au CO2, pas très soluble non plus dans l’eau, la plus grande proportion sera partie dans l’atmosphère avant d’arriver dans l’océan. Par ailleurs, la dissolution du CO2 dans les océans acidifie les mers, d’où des actions sur le corail, sur les coquilles de nombreux êtres vivant dans les océans. En outre, le réchauffement, même lent, de la masse d’eau océanique fait qu’elle peut accepter moins de CO2: les gaz sont moins solubles dans l’eau chaude que dans l’eau froide. Et faire absorber le CO2 par les océans n’est que reculer le moment où il faudra bien vraiment réduire la production de gaz à effet de serre.

    1. Remarque intéressante. Surtout à propos du CO2 en mer qui est le danger principal. L’article fait seulement référence au carbone organique qui est entraîné sous forme de particules et qui donc ne « dégazera  » pas sous forme de CO2 issu des sols. Dégazera t’il sous forme de sédiment marin?
      Une étude canadienne qui date de septembre disait la même chose que cet article.

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