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18/05/2016 – 08H15 Paris (Breizh-info.com) – Christian Troadec (divers gauche), maire et conseiller départemental de Carhaix, rencontrera de nombreux obstacles dans sa course à la candidature pour la présidentielle (23 avril et 7 mai 2017). En particulier, les 500 parrainages de maires et d’élus. Pourtant cette opération servira la cause régionaliste même si Troadec ne peut la mener jusqu’à son terme. Tout ce qui peut renforcer Troadec au plan breton – notoriété et popularité – est bon à prendre pour lui.
Aussi lorsque Jean-Jacques Urvoas, ministre de la Justice, déclare : « je ne crois pas un instant qu’il sera vraiment candidat » (France info, 26 avril 2016), on sent l’agacement chez un ardent défenseur du monopole des partis de gouvernement.
Il est effectivement possible que Troadec ne puisse pas être candidat à l’élection présidentielle, victime de ses petits moyens. Mais le patron de M. Urvoas, François Hollande, est-il certain d’être candidat ? Malgré de gros moyens (appareil du PS, appui du Cac 40, relais médiatiques parisiens…), rien n’est assuré pour le Président. Toutes les enquêtes – sans exception – portant sur les intentions de vote lui sont défavorables. Si Hollande était candidat à sa réélection, il échouerait probablement arrivant toujours en troisième position, et serait donc éliminé pour le second tour.
A tel point que si, en décembre, la situation ne s’est pas redressée, il devrait annoncer son retrait.
L’institut Odoxa lui donne 15 % contre Le Pen – Sarkozy – Bayrou et 14 % contre Juppé – Le Pen. TNS Sofres lui donne 14 % contre Le Pen-Sarkozy-Bayrou et 13 % contre Juppé-Le Pen. BVA lui donne 13,5 % contre Juppé-Le Pen et 14 % contre Le Pen-Sarkozy-Bayrou.
Enfin, cerise sur le gâteau, François Hollande est tombé à 13 % dans la cote de confiance de TNS Sofres. Il était à 55 % en juin 2012. 91 % des jeunes de moins de 34 ans, sa cible privilégiée de la campagne de 2012, ne lui font pas confiance ! Comme 90 % des professions intermédiaires, les fameuses classes moyennes. Même les socialistes : 60 % d’entre eux ne lui font pas confiance (Le Figaro Magazine, 6 mai 2016).
Ce n’est pas faute d’avoir multiplié les dépenses nouvelles, depuis le début de l’année, en direction de diverses catégories sociales. D’après Valérie Rabault (PS), rapporteur général du budget à l’Assemblée nationale, elles se montent à 4 milliards d’euros : 1 milliard pour la prime à l’embauche, 0,6 milliard pour la formation des chômeurs, 0,4 milliards pour le plan de soutien exceptionnel à l’élevage, 0,5 milliard pour la baisse des cotisations sociales des agriculteurs, 0,3 milliard pour le fonds de transition énergétique, 0,6 milliard pour la hausse du point d’indice des fonctionnaires, 0,4 milliards pour la prolongation du suramortissement et 0,2 milliard pour des mesures en faveur de la jeunesse.
L’opposition s’interroge sur l’évaluation de ces dépenses annuelles : « d’après le décompte que je fais, nous sommes plutôt entre 5 et 6 milliards d’euros pour 2016 » avance Gilles Carrez (LR), le président de la commission des finances (Les Echos, jeudi 21 avril 2016).
Conclusion : malgré des milliards d’euros dépensés pour soigner diverses clientèles électorales, François Hollande ne parvient pas à remonter le courant. Il « n’imprime pas » disent les experts.
Voilà qui devrait préocupper Jean-Jacques Urvoas. Car si l’avenir électoral de Christian Troadec semble incertain, celui de François Hollande – l’homme qui a fait Urvoas ministre – l’est tout autant. Il y a même de fortes chances qu’Urvoas fasse la rentrée comme professeur à la faculté de droit de Quimper en septembre 2017 ! Grandeur et décadence, mais sécurité de l’emploi…
P.S. : la loi de finance 2016 prévoit un solde général – déficit – de 72,299 milliards d’euros. A ce niveau là, on n’est pas à 4 milliards près… En 2014, le déficit de l’État – d’après la loi de règlement des comptes – avait atteint 85,710 milliards. Mais le champion demeure Nicolas Sarkozy qui, en 2010, avait fabriqué un déficit de l’État de 148,803 milliards d’euros. Chapeau l’artiste !
Bernard Morvan
Crédit photo : DR
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