Syracuse, 214 av. J.-C. : comment un mathématicien grec a terrassé la flotte de Rome

Publicité

Bien avant l’invention de la poudre à canon, les ingénieurs de la Grèce antique concevaient déjà des machines capables de raser des cités et de couler des flottes entières. Parmi les plus redoutées : la Griffe d’Archimède, une invention qui, en 214 avant J.-C., transforma le siège de Syracuse en cauchemar pour la puissante armée romaine.

Rome piégée devant Syracuse

Lorsque Rome dépêche sa flotte vers Syracuse cette année-là, elle table sur une victoire expédiée en quelques semaines. Maîtresse de la Méditerranée, forte de ses navires et de son nombre, la République n’imagine pas l’accueil qui l’attend. Car le long des murailles maritimes de la cité sicilienne, le savant Archimède a fait installer une arme d’un genre inédit.

Le dispositif, resté dans les mémoires sous le nom de Griffe d’Archimède — parfois appelé « Main de fer » —, repose sur un principe déroutant de simplicité. Une gigantesque grue, montée sur les remparts, est équipée d’un grappin fixé au bout d’une chaîne. Lorsqu’une galère romaine s’approche à portée, le bras pivote au-dessus de l’eau, le crochet s’accroche à la coque ou à la proue, et une équipe de soldats actionne un système de poulies pour hisser le navire hors des flots. Puis ils lâchent tout. Privés du soutien de l’eau, les bateaux chavirent ou se disloquent sous leur propre poids. Les marins qui redoutaient les catapultes se retrouvaient soudain à craindre la gravité.

Une arme qui frappait surtout les esprits

Ce qui rend la Griffe exceptionnelle, c’est son efficacité contre un ennemi qui s’attendait à un combat facile. L’historien Polybe, généralement fiable sur ces questions, rapporte que les troupes romaines furent à ce point ébranlées que la simple vue d’une corde ou d’une poutre dépassant des murailles suffisait à les faire reculer, persuadées qu’une nouvelle machine allait fondre sur elles.

La force de l’invention tenait donc autant à ses effets réels qu’à la terreur qu’elle inspirait. Là où les armées modernes engloutissent des budgets colossaux pour obtenir un tel ascendant psychologique, Archimède y parvint avec des cordes, du bois et une poignée d’hommes. Rien de magique pourtant : seulement du levier et de l’avantage mécanique appliqués avec une précision redoutable — ces mêmes principes qu’Archimède théorisait sur le papier, transposés à une échelle capable de soulever un navire de guerre chargé. Le savant avait consacré des années aux poulies, aux points d’appui et aux mathématiques du déplacement des charges lourdes ; Syracuse lui offrit l’occasion rare de vérifier ses équations sur une flotte ennemie bien réelle.

Archimède et les autres prouesses de l’ingénierie antique

La Griffe n’était pas le seul tour dans la manche de Syracuse, ni Archimède le seul ingénieur de l’Antiquité à repousser les limites du possible. Quelques décennies plus tôt, l’île de Rhodes avait affronté son propre siège face à un roi macédonien et à une tour de fer de quarante mètres baptisée Hélépole, la « Preneuse de cités » — laquelle finit embourbée dans un terrain que les Rhodiens avaient pris soin d’inonder, sans jamais rien « prendre » du tout.

À Archimède lui-même, on prête aussi un « rayon de la mort », un système de miroirs censé embraser les navires romains à l’aide de la seule lumière solaire concentrée. Les historiens restent partagés sur la réalité de cette arme, mais des expériences ont montré que la physique sous-jacente n’a rien d’absurde. Reste, au fond, une vérité dérangeante sur l’intelligence humaine : le même esprit qui formula le principe de la poussée hydrostatique sut aussi se servir d’une grue pour envoyer une flotte par le fond.

Photo d’illustration : DR

[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.

Breizh-info.com, 2026, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention obligatoire et de lien do follow vers la source d’origine.

Publicité
Cet article vous a plu, intrigué, ou révolté ?

PARTAGEZ L'ARTICLE POUR SOUTENIR BREIZH INFO

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

ARTICLES EN LIEN OU SIMILAIRES

Religion

Quatre nouvelles mitres à Écône : ce que le sacre des évêques lefebvristes dit vraiment

Découvrir l'article

A La Une, Immigration, International, Politique, Société

Reportage exclusif au cœur de la manifestation pour la Remigration à Rome

Découvrir l'article

A La Une, Immigration, International, Société

Rome : une grande manifestation pour la remigration réunit des milliers d’Italiens sous le drapeau tricolore

Découvrir l'article

Cyclisme, Sport

Giro 2026 : du 8 au 31 mai, l’Italie déroule un parcours redoutable de la mer Noire à Rome [Parcours détaillé et favoris]

Découvrir l'article

Immigration, International

Héberger des migrants chez l’habitant : seules trois familles romaines ont répondu à l’appel de Welcome Refugee

Découvrir l'article

A La Une, International

Pape, immigration, Europe : Lampedusa ou l’aveuglement des élites

Découvrir l'article

Culture & Patrimoine, Histoire

Phérécyde de Syros : le mystérieux penseur grec qui aurait formé Pythagore

Découvrir l'article

Histoire, Sociétal

Pouvoir, perversion et Mos Maiorum : la leçon romaine oubliée à l’ère Epstein

Découvrir l'article

Culture & Patrimoine, Histoire

Saint-Cast 1758 : quand une « petite bataille » raconte la guerre, la Bretagne et la mémoire

Découvrir l'article

A La Une, Culture & Patrimoine, Histoire

Gyula Sári, l’autre Hongrois qui voulait tuer De Gaulle, est décédé

Découvrir l'article

Nous utilisons des cookies pour vous garantir la meilleure expérience sur Breizh Info. Si vous continuez à utiliser le site, nous supposerons que vous êtes d'accord.