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Petit ouvrage de 200 pages, « l’École fantôme » de Robert Redeker, paru début septembre aux éditions DESCLEE DE BROUWER, synthétise bien les maux dont l’école, reflet de notre société, souffre actuellement.
Un dévoiement de la notion de culture permet à la bien-pensance intellectuelle de proposer une ère du vide, reposant sur les réseaux de cultureux et d’égalitaristes pour qui tout se vaut. Ils ont infiltré l’école en en noyautant les hautes sphères (inspections générales, ministère) et n’ont pour but que d’empêcher la reproduction analysée par Bourdieu et mise en scène par Meirieu.
Le refus de la culture affublée de l’épithète « bourgeoise » , c’est-à-dire en gros celle que proposait l’école d’avant la réforme Haby, a permis de transformer les élèves en « apprenants » « au centre des apprentissages » qui n’apprennent plus ce qui est enseigné par le maître, détenteur du savoir , mais apprennent à apprendre (quoi ?) guidés par des animateurs.
La figure de professeur permettant de hisser l’élève est évacuée, favorisant l’abêtissement des mêmes qui plus tard regarderont les émissions décervelantes de la télévision, non armés pour exercer un quelconque sens critique. Les humanités, Lecture d’œuvres, Langues anciennes ou rares , Histoire, tout ce qui permet d’avoir un lien avec le passé, sont évacués au profit de toute l’inanité du contemporain.
Il est maintenant interdit de lire et de penser, le plus simple d’interdire étant de ne pas donner aux élèves le moyen de le faire et de leur proposer comme seul programme le conformisme le plus niais. Cette destruction s’accompagne d’un refus des racines, toute culture étant égale à une autre et permet ainsi qu’un exotisme de bazar ( dans par exemple certaines méthodes d’apprentissages de la lecture) se substitue à un enseignement enraciné dans le terreau local.
Ce vivre-ensemble idéologisé permet l’anéantissement de tout repère et à fortiori de celui de l’école républicaine. Évidemment tout ceci n’est pas le fruit du hasard mais est délibérément voulu par les autorités de l’école. Cet avatar du « sanglot de l’homme blanc » est un des derniers bastions des lubies gauchistes de l’après 68 qui réussit ainsi à créer des hommes nouveaux ayant fait du passé table rase et manipulables par les idéologues de la société de consommation et productiviste.
L’honnête homme du XXIème siècle pourra-t-il surgir parmi les débris de cette panurgienne entreprise ayant pour unique horizon le loft ou les grandes surfaces, sans aucune culture générale et façonnable à merci par une société sans âme ? L’École existe-t-elle encore d’ailleurs ou n’est-elle plus qu’un fantôme de ce qu’elle a été ? Mais comme un fantôme aussi ne demande-telle pas à se réincarner ?
Enseignant et formateur d’enseignant je ne peux que souscrire à cette analyse de Robert Redeker ; la dictature des Inspecteurs généraux empêche les professeurs de faire leur travail et les quelques personnes qui essaient de se soulever contre les hérésies sont vite dissuadées par le système totalitaire mis en place par ces anciens maos.
Tout va très bien puisque 90% des élèves ont le bac, qui leur servira à entrer en fac où ils n’ont rien à faire …
Grâce au système mis en place ils sauront décrypter les abrutissements télévisuels et pour les plus doués pourront rejoindre les sauvageons destructurés et fêter Halloween avec des bonbons ou pour les plus inspirés en brûlant des voitures voire les policiers qui sont dedans.
Depuis la mise en place de cette École de la réussite et du vivre-ensemble les enfants des « élites » bobos ont leur place réservée grâce au système de reproduction sociale qui n’a jamais été si pernicieux.
Eric Abgrall
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Crédit photo : Wikipedia (cc)
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Une réponse à “Education nationale. Robert Redeker sort « L’école fantôme »”
Dieu merci (je ne suis pas croyant mais l’expression demeure !) les Bons n’ont besoin de personne ou quasiment pour apprendre et savoir …et donc la nouvelle école (de merde) ne peut que satisfaire les salopards d’ élitistes que nous sommes!!!???
Les Mauvais sont donc de plus en plus mauvais et inutilisables (ennui: on ne les extermine plus en masse dans les Bataillons Disciplinaires car il faut être à 120 de QI et 7 ans de formation pour aller prendre d’assaut une casemate, à présent!!) ils coûtent donc cher à l’entretien sans fin. Ils ne s’en sortiront pas et seront donc obligés, in fine, de nous écouter; nous les bons??! !!J’aime bien cette perspective drolâtique qui va régler le problème au fond!