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Durant la campagne présidentielle, on a longuement glosé sur la vie sentimentale et sexuelle d’Emmanuel Macron. Marié à Brigitte Trognieux, de 24 ans son aînée, connue bibliquement alors qu’il n’avait pas 15 ans, le nouveau président a été soupçonné d’une bisexualité non-avouée et démentie par l’intéressé.
La mise en étal du couple par « Mimie » Marchand, dite la reine du « people » a fait les choux gras de Paris Match. C’est Xavier Niel (Free, Le Monde, L’Obs, Wikipédia) qui est à la source de cette « joint venture ».
Tout ce qui compte de médias officiels a chanté le même air. Madame, « bien conservée » (ce qui sent un peu son Cassegrain), élégante, accessoires Vuiton à la clé ; tout à fait à la hauteur de son rang. Monsieur, jeune, beau avec ce brin de fragilité, de féminité qui vous rend si craquant. Même s’il n’est pas Marcello Mastroiani ou Alain Delon…
Seul regard iconoclaste, celui de Charlie Hebdo qui montre une dame Macron enceinte jusqu’aux yeux et son mari qui lui tapote le ventre : « Il va faire des miracles ! »
Sur le blog « Big Browser » (Le Monde), Violaine Morin a dressé un florilège des propos sexistes répandus sur le couple Macron. Elle note que lorsqu’un homme épouse une femme de 30 ans sa cadette, cela passe comme une lettre à la poste alors que l’inverse suscite le scandale. Toujours aussi subtil, Jean-Marie Le Pen a qualifié Brigitte de femme «cougar» ; un type de femme prédatrice, forcenée du sexe, très appréciée des sites pornographiques.
Bien entendu, Violaine Morin s’est emportée contre Charlie Hebdo. Pour elle, cette « une » traduit « tout l’impensé sexiste derrière les sarcasmes sur Brigitte Macron : s’il est factuellement exact qu’une femme de 63 ans ne peut plus enfanter, la fin de la fertilité est d’abord un signe du passage du temps qui s’imprime sur le corps des femmes mais pas sur celui des hommes. Eux peuvent procréer jusqu’à leur mort. Ils hériteront à la limite de tempes blanches et de quelques rides, souvent jugées séduisantes, alors que les rides féminines, sont le signe d’une disparition de la jeunesse, donc du désir. »
L’art d’enfoncer les portes ouvertes. En fait peu nous chaut de tout savoir sur la vie érotique du nouveau président. Du moment qu’elle n’empiète pas sur sa vie publique comme l’avait fait l’affligeant Hollande.
Depuis 1 500 ans, la France a connu des chefs d’État – rois, empereurs, présidents – à la sexualité diverse. Nous eûmes des rois homosexuels, avoué (Henri III), honteux (Louis XIII), des adeptes du harem (Louis XV), des présidents qui abusaient de la cantharide (Félix Faure). Tout cela a pu jouer sur leur vie publique.
Un cas d’école est celui de Napoléon Bonaparte. Ce que l’on devine de sa vie érotique n’influença qu’à bon escient sa trajectoire politique. Sous-officier d’artillerie, il perdit son pucelage avec des filles, eut quelques amourettes (Désirée Clary) avant de rencontrer Joséphine de Beauharnais. Le pygmalion de Bonaparte, Barras, s’en étant lassé, il la lui donna. Une vraie « cougar » mais qui aimait autant l’argent que les cabrioles au lit. Pour plaire à sa créole, Bonaparte massacra les esclaves révoltés et rétablit l’esclavage. Mais, proclamé empereur, il se sépara de Joséphine qui ne pouvait lui donner d’héritier. Après Wagram (1809) il contraignit la Maison d’Autriche à lui donner Marie-Louise. Une Lolita un peu replète, idiote mais bonne pondeuse. L’aiglon sortit de sa matrice impériale.
Pour le reste, Napoléon Bonaparte «foutait» les dames à la hussarde. Parfait machiste, il ne voulait que des femmes bonnes à égayer sa cour. Trois seulement le tinrent en respect, sa mère (forcément), sa sœur Caroline qui avait la tête politique et Germaine de Staël qui en savait plus que lui sur l’esprit de la Révolution française (Voyez ses considérations, dans l’édition de Jacques Godechot, Tallandier, 1983).
Les temps changent, le « sexe » pas vraiment !
Jean Heurtin
Crédit photo : DR
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2 réponses à “Haro sur Charlie Hebdo !”
Les hommes aux « tempes argentées » n’ont de vrai charme que quand le reste l’est aussi.
« Une Lolita un peu replète, idiote mais bonne pondeuse. » Je ne m’attendais pas à lire ce genre de propos dans Breizh-Info.