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Je ne suis pas sûr que ce billet ajoutera quelque chose d’ « essentiel » au tsunami médiatique qui accompagne la disparition de Jean-Philippe Smet. Mais enfin, pour avoir été, un long temps, un de ses admirateurs, la voix, le jeu de scène… qui n’avaient rien d’égal parmi les chanteurs français, je me fends de ces miscellanées :
« Le Dieu noir et le diable blond » est un film du brésilien Glober Rocha (1963). Dans les années 40 du siècle passé, un paysan chassé de ses terres rejoint d’abord la secte d’un prophète noir qui prédit l’Apocalypse. Puis il se tourne vers un bandit, un « cangaceiro » qui met le pays à feu et à sang. Un chasseur de primes le mettra d’accord avec lui-même car nos vies n’appartiennent ni à Dieu ni au diable.
Johnny Hallyday vivait et chantait en vrai païen. Ses concerts relevaient des bacchanales ou des saturnales. Et, pour continuer dans ces références un peu cuistres, elles relevaient des rites fusionnels qui agitent toutes les cultures.
Il était baptisé. Il arborait autour du cou un crucifix voyant. Mais, en bon motard, il aimait crânes et tibias, croix de fer, bannière confédérée. Ses obsèques religieuses ont eu lieu dans l’église de La Madeleine, un temple antique voué au culte catholique.
Son air de vivre, la force qui l’imprégnait tenait à ses racines doubles. Ce qui me permet de conclure avec André Gide qui voyait dans le catholicisme la plus païenne des religions du Livre :
« Le musulman considère l’islamisme comme la seule religion vraiment et purement monothéiste ; et non point le catholicisme avec ses saints, sa Vierge-mère, sa Trinité. Nos théologiens (…) se refusent à comprendre que c’est précisément de cette inavouée concession au polythéisme qu’a pu naître toute l’efflorescence de l’art, refusée au monothéisme absolu…
« Qu’il veuille ou non l’admettre, ce n’est que dans la mesure ou le catholicisme se paganise (si j’ose dire), où il consent et cède à la diversité humaine, qu’il favorise l’art et la civilisation. » (Feuillets du Journal).
Jean Heurtin
Illustration : Rufus/Flickr (cc)
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4 réponses à “Johnny, le dieu noir et le diable blond”
j’ai regardé hier, comme beaucoup de Français, l’enterrement de la vedette. Je ne l’aimais ni ne le détestais, je le trouvais même assez bon showman. Avec le recul j’ai quand même trouvé grotesque cette cérémonie digne d’un monarque pour un saltimbanque pochtron, drogué et coureur de filles qui a servi de cheval de Troie à la sous culture américaine. Je ne parle pas de ses vélléités d’échapper au paiement de l’impôt en s’expatriant et de se faire enterrer à St Barthélémy pour échapper à l’adulation post-mortem de ses fans. Belle manifestation de mépris. Bref, je me le demande: vit on dans une société raisonnable?
Johnny coureur de filles? Et alors? L’occasion fait le larron! D’ailleurs, s’il avait ete pisse-froid; il aurais ete moins populaire…
La pensée de Gide s’est arrêtée en chemin ! En se « paganisant », le catholicisme n’a pas « favorisé » l’art et la civilisation mais il s’en est ouvert les portes. Ce sont l’art et la civilisation qui l’ont admis en leur sein.
L’islam a failli en faire autant en Espagne, mais finalement la greffe n’a pas pris. Peut-être parce que, religion née du désert encore plus que le catholicisme, il touche plus difficilement le coeur de population façonnées par 40.000 ans de vie dans des pays tempérés.
Et voyez comme les partisans actuels de l’ouverture à l’islam invoquent régulièrement Séville, Tolède, Cordoue : ce qui leur paraît bon en l’islam est justement ce qui l’écarte de ses origines !
Ce qui nous mène loin de Johnny Halliday ? Peut-être pas, je doute que sa musique soit halal, surtout depuis qu’il a chanté en hommage à Charlie Hebdo.
Johnny , c était nouveau style , nouvelle liberté ! Ça ne l empêche pas d être chrétien .
Hier ,il a rassemblé les vrais Français . Plus qu une une idole , je le vois comme un apôtre du christ .
Le tout c est de vivre avec son temps !