Baron noir saison 2 : la (bonne) série qui donne la nausée

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La deuxième saison de la série Baron Noir est disponible depuis quelques semaines sur Canal + à la demande. Une série  écrite par Eric Benzekri et Jean-Baptiste Delafon, réalisée par Ziad Doueiri, dont la deuxième saison a été tournée pendant la campagne présidentielle 2017. Au risque de donner la nausée au spectateur…

Si on sent un certain essoufflement par rapport à la première et brillante saison 1, la suite vaut en effet la peine d’être regardée, en raison de la présentation réaliste qu’elle donne des dessous de la vie politique française. Celle-ci s’y révèle ni franchement « démocratique », ni « républicaine » comme le clament à longueur d’année ceux qui complotent, magouillent, lynchent, croquent hors caméra. Mais il s’agit, nous prévient-on, d’une fiction (?).

La série suit toujours les péripéties de Philippe Rickwaert (Kad Merad), ancien député du Nord, déchu du Parti socialiste. Sorti de prison sous caution, il attend son procès pour une partie de son œuvre de crapule politique – petite crapule comparée à d’autres personnages beaucoup moins moraux de la série.

Baron Noir. La nouvelle série Canal + qui assassine le Parti Socialiste (PS)

A peine libéré, après ses magouilles pour protéger le président de la République Francis Laugier (Niels Arestrup), il doit faire face à un paysage politique bouleversé. Son ancienne protégée Amélie Dorendeu a été élue à la tête de l’État. Elle recherche une alliance avec le centre, tandis que l’extrême gauche ( et un Mélenchon parfaitement incarné par François Morel) et l’extrême droite (caricaturale,  » esprit  Canal  » oblige sans doute…) se renforcent.

Kad Merad (Rickwaert), bracelet électronique au pied, abandonné par sa fille, ne peut accepter d’être hors jeu. Il va alors tout faire pour redevenir indispensable à la gauche sur le plan nationale, une gauche qu’il souhaite réunir, nostalgique d’une époque révolue, tandis que les grands partis éclatent et que l’échiquier politique se modifie en profondeur.

Baron Noir, c’est le House of Cards à la française, style qui avait déjà été tenté avec brio par Les Hommes de l’Ombre. Très largement au dessus de Marseille, on sent que les réalisateurs ont parfaitement travaillé leur sujet – et sans doute bénéficier de conseils avisés et d’informations sur ce qui se passe en coulisses de la politique.

Ces découvertes ne seront une surprise que pour ceux, minoritaires si l’on en croit le taux d’abstention lors des dernières législatives, qui croient encore dans la propreté du système électoral et politique actuel. Pourtant, les huit épisodes de Baron noir donnent plus l’impression d’errer dans une déchetterie à ciel ouvert, de l’Élysée aux permanences locales du Nord, les ordures jonchant la série de part en part.

Aucune fidélité à la parole donnée, trahisons, intimidations, mais surtout, très peu de vision politique d’ensemble. Gestion au jour le jour, changement de cap en fonction des possibilités (ou pas) d’alliances et de retournements. Hormis quelques idéalistes – Rickwaert, bien que magouilleur, semble en être un, tout comme Morel – c’est un véritable panier de crabes. Au risque d’écœurer à jamais de la vie politique le spectateur : l’électeur lambda pourrait bel et bien comprendre en regardant cette série réaliste que son bulletin de vote ne sert à rien, tout se décidant ailleurs.

Il faut regarder Baron noir. C’est un plongeon dans certains cerveaux malades. Ils font la pluie et le beau temps sur la scène politique aujourd’hui. Mais ils n’ont plus rien à voir avec les grands serviteurs de l’État du passé. C’est le triomphe de la médiocrité et de la communication sur la lutte des idées et sur la vie de la cité. On se demande d’ailleurs pourquoi la série est bien reçue par la presse subventionnée, elle qui n’est pas non plus épargnée. Certains journalistes servent de décor durant quelques épisodes, un décor parfaitement intégré au panorama dressé plus haut.

Amélie Dorendeu incarne un Président sans la moindre classe ayant en plus la voix malboresque de la fille de Jeanne Moreau et du chanteur des Pogues. Elle  illustre d’ailleurs parfaitement ce triomphe de la médiocrité, qu’est devenu le monde politique aujourd’hui. Il permet à des nains de devenir roi et à des imposteurs de diriger un pays.

En terme de réalisation, on se demande toutefois s’il est nécessaire que d’autres saisons soient tournées. Le tour risque d’en être rapidement effectué.  La suite de Baron noir finalement, n’est-ce pas un peu l’actualité de tous les jours en allumant sa radio, son poste de télévision ou son ordinateur ?

Crédit photo : DR

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