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09/02/2018 – 8h00 Le Mené (Breizh-info.com) – Après un moment de crispation, les sourires étaient sur de nombreuses lèvres hier soir à Collinée, commune du Mené, lors de l’annonce du résultat du vote à propos du projet d’accueil de migrants à Langourla-Le Mené.
Par 41 voix contre, 36 pour et 2 abstentions, les conseillers municipaux des 7 communes ayant fusionné en une seule (ce qui explique le nombre important de conseillers en attendant la première élection municipale fédératrice) ont rejeté le projet de « CADA diffus » dans les 7 communes. Le vote s’est tenu démocratiquement, à bulletin secret, loin de ce qui se fait dans d’autres collectivités où certains élus usent parfois de leur autorité et de leur aura pour réclamer des votes à main levée et ainsi pouvoir faire pression.

Le maire du Mené, Jacky Aignel, ayant constaté l’opposition forte au projet d’accueil groupé dans l’ancienne maison de retraite des Camélias à Langourla, avait voulu tenter un « rattrapage » en proposant de répartir les migrants dans les 7 communes formant Le Mené. Visiblement, ce maire divers gauche était séduit à l’idée d’accueillir ces migrants, et par le discours de l’AMISEP qui proposait de s’en occuper avec l’argent du contribuable distribué par l’État.
Pourtant, la proposition était jugée farfelue y compris à la préfecture des Côtes d’Armor (rien que pour faire le tour du Mené en voiture, cela prend quasiment une heure).
À la majorité, les élus municipaux ont donc rejeté cette proposition, « pour arrêter de diviser et pour passer à autre chose », nous a confié l’un d’entre eux. Plusieurs habitants de la commune nous ont fait part de leur « soulagement » et leur « joie » de voir « la tranquillité et un certain cadre de vie préservé ».
Ronan Le Gall, porte-parole d’Adsav, le parti nationaliste breton qui était présent au moment des réunions d’information, s’est félicité de l’abandon du projet : « Alors que le climat devenait délétère (des élus entraient dans des propriétés privées pour arracher des panneaux hostiles au projet, des opposants se sont fait menacer au pied-de-biche, etc.), c’est la raison qui l’a emporté ce soir au Mené et donc à Langourla. » Il tient, comme indiqué sur le site de son parti, « à féliciter toutes celles et ceux qui se sont mobilisés sans relâche, malgré les pressions parfois exercées (professionnelles notamment). Leur courage doit maintenant servir d’exemple partout pour contrer les projets fous d’associations toujours plus subventionnées par l’argent public. »
Désormais, la pression va retomber d’un cran sur cette commune de 5 000 âmes, et notamment à Langourla, un peu plus de 500 âmes, et le cours des choses va pouvoir reprendre.
« Espérons que tout cela ne laisse pas trop de traces », nous confie une autre personne interrogée. « Notamment à Langourla, il faut que l’on s’unisse tous pour le projet de maison partagée pour handicapés. Cela peut réunir tout le monde et permettre d’apaiser les tensions qui ont eu lieu ces dernières semaines ».
Une rencontre a d’ailleurs lieu ce vendredi entre l’ancien maire de Langourla, Michel Ulmer, Marc Le Fur, député de la circonscription, et l’Agence Régionale de Santé (ARS) pour que Danielle le Gléau puisse y défendre son dossier et son projet de maison partagée pour personne handicapée et pour personnes âgées. Il y a en effet urgence à faire quelque chose pour ce bâtiment racheté il y a quelques années par la commune et actuellement vide. « Mais quelque chose qui unisse et qui concerne les gens d’ici » nous dit-on à la sortie du conseil municipal.
Le projet est bien ficelé, des garanties semblent avoir été apportées. Affaire à suivre.
Crédit photos : Breizh-info.com
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