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L’Europe avance vers une externalisation assumée d’une partie de sa politique migratoire. Le 17 juin dernier, le Parlement européen a approuvé le texte du nouveau règlement « Retour », encore appelé à être formellement adopté par les États membres. Ce dispositif vise à accélérer l’éloignement des ressortissants de pays tiers en situation irrégulière. Il ouvre surtout la possibilité de transférer des personnes faisant l’objet d’une décision de retour vers des « centres de retour » situés dans des pays tiers, sur la base d’un accord ou arrangement avec le pays concerné. Les mineurs non accompagnés en seraient exclus, et ces accords devront respecter les droits humains, le droit international et le principe de non-refoulement.
Cette évolution pourrait rapidement cesser d’être théorique. Le Premier ministre danois, Mette Frederiksen, a déclaré au Financial Times que le premier centre de retour hors d’Europe pourrait voir le jour en 2026-2027, « d’ici à un an ». Elle évoque aussi la formation prochaine d’une « coalition de volontaires », soutenue par la Commission européenne.
Le Danemark assume une ligne ferme
Le Danemark n’avance pas masqué. Depuis plusieurs années, Copenhague défend une politique migratoire plus restrictive que celle de nombreux pays d’Europe occidentale. En 2021, le gouvernement danois avait déjà exploré la piste d’un centre au Rwanda, avant de suspendre ce projet face aux obstacles politiques, juridiques et relatifs aux droits de l’homme. Désormais, l’exécutif préfère pousser une solution européenne, financée et encadrée au niveau de l’Union.
Mette Frederiksen, sociale-démocrate, revendique cette orientation. Pour elle, lorsque l’immigration devient source de problèmes, ce sont d’abord les catégories les plus défavorisées qui en paient le prix. Le raisonnement est simple : une politique de retour qui ne retourne personne finit par délégitimer l’État de droit.
La France reste sur la réserve
La France, elle, freine. Emmanuel Macron a déclaré, à l’issue d’un sommet européen à Bruxelles, qu’il ne soutenait pas la création de « hubs de retour » dans des pays tiers. Il dit n’avoir jamais vu de centre de ce type fonctionner réellement et doute de leur conformité avec les principes européens.
Ce refus illustre une fracture désormais classique. D’un côté, des pays veulent déplacer le centre de gravité de la politique migratoire hors d’Europe. De l’autre, une France régulièrement critiquée pour la faiblesse de l’exécution effective des obligations de quitter le territoire continue d’invoquer les valeurs européennes. Le débat ne fait que commencer. Mais une chose est sûre : sur l’immigration, le modèle danois donne aujourd’hui le tempo à une partie croissante de l’Europe.
Crédit photo : DR (photo d’illustration)
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4 réponses à “Immigration : le Danemark veut des centres de retour hors d’Europe, la France freine”
De toute façon le macron dégage dans 9 mois .
Et l’italie a agrandir son centre en Albanie.
Les usa ont ouvert un centre en Centrafrique et déjà envoyé 300 personnes
Une bonne fois pour toutes Macron n’est pas la France ! Quand il raconte des conneries (et il y en a) ne dites plus que c’est la France, c’est Macron et rien que lui !
Que deviendrait LFI sans l’immigration ?
Sa Majesté a décidé toute seule ; c’est bien connu, dans une démocratie exemplaire, l’avis des citoyens ne compte pas.