Avis de prudence pour Franck Louvrier

A l’époque où Nicolas Sarkozy logeait à L’Élysée (2007 – 2012), Franck Louvrier faisait figure de personnage important de la politique française. En tant que conseiller du Président chargé de la communication, il constituait un des piliers de la Sarkozie ; tous les journalistes de France et de Navarre lui mangeaient dans la main. Aujourd’hui, son activité politique brille par la modestie : conseiller municipal de La Baule et vice-président (LR) du conseil régional des Pays de la Loire. Grandeur et décadence !

Mais cela ne l’empêche pas de monter au front dès que l’on s’attaque à son ancien patron ; c’est le cas actuellement avec l’enquête portant sur le financement de la campagne présidentielle de 2007 par la Libye. Et Louvrier en fait des tonnes : « Mon soutien à Nicolas Sarkozy est total. Il se retrouve sous le coup d’accusations, ignobles et sans fondement, émanant de voyous qui sont des affidés du clan Kadhafi ». L’élu baulois parle même de « manipulation »  et de « calomnie » car « il n’y a aucune preuve, aucun élément factuel » (Presse Océan, vendredi 23 mars 2018).

Mais l’enquête progresse et, à défaut de preuves matérielles décisives, policiers et juges disposent de quelques éléments qui ne plaident pas en faveur de sarkozy. Certes, pendant ses interrogatoires, l’ancien président de la République utilise une technique vieille comme le monde ; il feint l’ignorance : « Je ne savais pas », « Vous me l’apprenez », « Ah bon ? » (Le Canard enchaîné, 28 mars 2018). Mais ce n’est pas tout, il adopte en effet une ligne de défense qui ne va pas faire que des heureux car elle ressemble fort à du lâchage. «  A la suite de son passage au jité de TF1 le 22 mars, où il est allé protester de sa bonne foi dans l’affaire du financement de’ sa campagne de 2007 par Kadhafi, Sarko a été reçu par l’état-major de la chaîne. Une nouvelle fois, il s’est étonné du traitement que lui ont réservé juges et policiers. « J’ai été obligé de leur rappeler que j’étais un ancien chef d’État ! » s’est-il indigné. Puis il a pris ses distances avec son « ami » Brice Hortefeux et son « collaborateur » Claude Guéant : « Je ne suis pas responsable de leurs actes. » Carla, venue soutenir « Mon Mari », a alors ajouté : « Vous vous rendez compte, ce ne sont pas nos enfants. Ils sont grands ! » (Le Canard enchaîné, 28 mars 2018).

Ce qui signifie que, si les enquêteurs progressent sérieusement dans leurs investigations, Hortefeux et Guéant seront invités à porter le chapeau par leur ancien patron. C’est ce qui s’était passé avec les casseroles que traînait autrefois Jacques Chirac à Paris. Alain Juppé – pour les emplois fictifs – et Jean Tibéri – pour les faux électeurs – avaient été condamnés par les tribunaux tandis que Chirac passait entre les gouttes.

Franck Louvrier ferait donc bien de se méfier ; dans ce genre d’affaires, les éclaboussures arrivent si vite ! Surtout lorsque le boss décide de sacrifier ses amis et collaborateurs pour échapper aux ennuis judiciaires. Dans une campagne électorale, il y a ceux que l’on voit à la télévision et ceux qui mettent les mains dans le cambouis… Si des complications surviennent, les premiers n’hésitent pas à enterrer les seconds.

Une suggestion : Louvrier serait bien inspiré en se consacrant à la défense des intérêts bretons plutôt qu’à ceux de son « ami » Sarkozy.

Bernard Morvan

Crédit Photo :Flickr: Nicolas Sarkozy – World Economic Forum Annual Meeting 2011 (cc)[cc] Breizh-info.com, 2018, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

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