La récente profanation de la tombe de l’Abbé Yann-Vari Perrot à Scrignac nous a conduit à nous intéresser de nouveau à cette figure majeure du nationalisme breton au XXème siècle. Son assassinat par un communiste en décembre 1943 a notamment pour origine les prises de positions très critiques de l’abbé sur le bolchevisme et la politique de l’URSS.

Scrignac (29). Après la profanation, une nouvelle mobilisation en hommage à l’Abbé Perrot

Dans le numéro 6 du mois de Juin (Mezeven) 1943 de sa revue Feiz Ha Breiz, Yann-Vari Perrot a publié un article intitulé Karnel Katyn. Ce dernier, que l’on traduira littéralement par « le charnier de Katyn », est un plaidoyer anticommuniste visant à dénoncer le massacre d’officiers et de civils polonais par les forces de l’URSS. C’est bien la parution de ces lignes qui a en partie scellé le sort du recteur de Scrignac. En voici la traduction issue du breton, langue dans laquelle l’Abbé Perrot rédigeait l’immense majorité de ses travaux :

« En Russie, dans la forêt de Katyn, on a réalisé il y a deux mois une découverte stupéfiante : des charniers remplis de milliers de corps de soldats !

Aussitôt des recherches ont été menées par une équipe de médecins de plusieurs pays et des experts de Belgique, Bulgarie, Danemark, Finlande, Croatie, Italie, Suisse et autres… On se rendit compte que ce n’est pas sur le champ de bataille, en plein conflit, que ces soldats-là avaient été tués ! Non, malheureusement : une tuerie de masse avait été effectuée.

On sortit de nombreux corps de la terre et leurs têtes présentaient des traces démontrant qu’ils avaient été tués par des tir de pistolet dans le crâne. Dans les habits qu’ils portaient, l’équipe retrouva des affaires personnelles : papiers, écrits (du mois d’octobre 1939 au mois d’avril 1940), photos, plaques militaires, cartes montraient que ces pauvres soldats étaient des officiers polonais.

Des témoins, soldats et paysans de Katyn ont également déclaré avoir remarqué que, du mois de mars au mois d’avril 1940, de très nombreux officiers polonais prisonniers des Soviétiques étaient descendus en gare de Gniesdovo mais qu’aucun ne remontait dans les trains.

Sept grandes fosses communes ont été réouvertes. La plus grande contenait 2 500 corps en décomposition, dont ceux de prêtres. Aux alentours se trouvaient 10 000 Polonais abattus de la même manière par les bolcheviks. Honte aux hommes de Moscou tant cette découverte terrible atteste à nouveau de ce dont ils sont capables partout où ils prennent le pouvoir : tuer, tuer !

Les bois de notre Bretagne profonde, la Forêt du Cranou, la Forêt de Quénécan deviendraient autant de Katyn dans notre pays : des charniers d’humains abattus comme des bêtes par les serviteurs des bolcheviks, les communistes !

Braves gens pour qui le bolchevisme n’est qu’un épouvantail, puisse Dieu donner un deuxième monde aux soldats de Pologne ! »

 Perrot

Crédit photos : Breizh-info.com
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