Andropov. Brouillard de guerre et brouillard de paix

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Dans les jeux de simulation guerrière en ligne, le moindre mouvement de l’adversaire se voit à des kilomètres; les joueurs qui s’affrontent ont une connaissance totale du champ de bataille.

Quel contraste avec la réalité où les combattants ne voient que rarement l’ennemi et qui n’ont du champ de bataille qu’une perception très limitée tout comme à l’état-major, le fameux brouillard de guerre interdit au commandant en chef d’appréhender le déroulement des combats et de prendre de bonnes décisions en connaissance de cause.

On aime à penser qu’en temps de paix les choses en vont autrement, que chefs d’entreprise et gouvernants ont, grâce à leurs services, une connaissance approfondie des dossiers et sont en mesure de prendre des décisions à bon escient.

Pourtant, l’enchaînement d’erreurs qui a conduit à la Première Guerre mondiale ou, plus récemment, les décisions mal informées au sujet du Brexit qui ont enfermé le gouvernement britannique dans une voie sans issue, démontrent le contraire.

L’historien Taylor Downing vient à son tour de démolir cette belle légende de l’efficacité gouvernementale avec un dossier bien documenté : 1983 : Reagan, Andropov and a world on the brick (Little, Brown, 400 p.) qui apporte un éclairage sur un événement déjà connu mais jamais abordé sous cet angle.

Le 9 novembre 1983, le monde est en effet passé à deux doigts d’une guerre nucléaire déclenchée par l’Union soviétique sans qu’aucun gouvernement de l’Ouest ne le sache et ce feu atomique a failli être allumé parce que le Kremlin était convaincu que l’OTAN allait lancer sans délai une attaque préventive.

Une double ignorance de chaque côté du rideau de fer, les gouvernements noyés sous un déluge de fausses informations fournies notamment par leurs services de renseignements respectifs.

Quand l’aviation soviétique abat le 1er septembre 1983 un avion de ligne coréen égaré dans son espace aérien, les communistes sont convaincus qu’il s’agissait en réalité d’une opération d’espionnage.Quant aux Occidentaux, l’hypothèse qu’il s’agisse d’une erreur n’est venue à personne à un moment ou le président Reagan dénonçait l’Empire du mal.

Les Soviétiques ont commencé à voir une montée des périls partout. Quant l’Otan a changé ses codes à la veille des exercices Able Archer, le Kremlin a décelé des préparatifs de guerre. Le KGB disposait alors d’un agent au cœur de l’état-major de l’OTAN qui, interrogé d’urgence, répondit que la routine était la même et que l’on ne trouvait de préparatifs d’attaque préventive même sous un tapis. Ce démenti se retrouva noyé au milieu d’autres rapports d’agents soviétiques qui relayaient au contraire des rumeurs alarmistes.

Affolés, les gérontocraties soviétiques ont mis le pays en alerte nucléaire maximale ce qui a sidéré les responsables de l’OTAN qui ignorent tout de l’état d’inquiétude du Kremlin et, faute d’information, décident de ne pas riposter en montant à leur tout l’état d’alerte nucléaire.

Finalement, quelques jours plus tard, voyant qu’il ne se passait rien, les responsables soviétiques réunis autour du lit de douleur du secrétaire général Andropov dans une clinique de Moscou, décident de revenir à la normale.

La leçon a retenir est qu’il faut cesser de croire au mythe que les États prennent toujours des décisions raisonnables basées sur une connaissance approfondie des faits. Les gouvernants sont des hommes et comme nous tous davantage tentés par croire ce qui les arrange qu’accepter la réalité des faits.

Crédit photo : DR
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