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La 23e Fête des remparts, à Dinan (22) s’est achevée dimanche 22 juillet 2018. Et à l’heure du bilan, on évoque pratiquement 100 000 visiteurs qui se sont donnés rendez-vous, durant les 4 journées, au sein du plus grand festival médiéval de France.
Une fête, véritable plongée dans notre histoire médiévale, qui s’est clôturée dimanche, avec la grande pavane, sorte de « grande parade » costumée, durant laquelle défilent pas loin de 1000 personnes en tenues d’époque. Des tenues auxquelles sont très attachés, et on les comprend, les organisateurs de l’évènement.
Ainsi, la gratuité de l’accès à différents sites d’animation était conditionné par le port d’un déguisement. Mais pas question d’arriver déguiser en chevaliers Jedi ou avec un simple sac de jute et des baskets : un effort était demandé, notamment sur le respect de la tenue et de l’histoire.
Au total, 130 artisans se sont rassemblés sur un superbe marché où l’on pouvait se procurer des étoffes, de l’hydromel, des armes médiévales, du pain, et tout l’attirail du parfait chevalier. Mais aussi se faire « tirer le portrait », graver son prénom sur un joli bracelet en cuire, ou tout simplement, se désaltérer autour d’une bière artisanale.
Par ailleurs, 67 compagnies, réparties sur plusieurs sites sur lesquels le spectateur pouvait assister à la reconstitution de l’une des époques médiévales (de la période Mérovingienne dans le Jardin Anglais, à la fin du Moyen-Âge au square des Dinantais).
Difficile de tout faire, de tout voir, sur une journée et encore pire, sur une demi-journée, notamment en raison de la foule qui est venue nombreuse, signe d’un besoin profond de replonger le temps d’une journée dans ses racines les plus profondes, celles qui ne meurent jamais.
Le clou du week-end consistait bien évidemment en le « Grand Tournoi », qui a attiré (sur 8 représentations) pas loin de 15 000 spectateurs dans les gradins durant tout le week-end. Au programme, des joutes chevaleresques, de l’humour, du dressage de chouette et de Grand Duc, mais aussi des combats à l’épée et des voltiges d’écuyers. Petite erreur historique toutefois dans la bande annonce de ce tournoi, lorsqu’il est indiqué ceci : « 1400, la Bretagne est sous la menace anglaise ». Il n y avait pourtant aucune menace anglaise à cette époque visant le Duché de Bretagne, si ce n’est du point de vue Français.
En 1400 en effet, la Bretagne, État indépendant dirigé par la duchesse douairière Jeanne de Navarre, mère du Duc Jean V, n’est impliquée dans aucun conflit avec l’Angleterre et tente juste de préserver sa neutralité pour ne pas choisir entre la France et l’Angleterre
On regrettera simplement dans cette édition de la Fête des Remparts – mais ce n’est pas la faute des organisateurs obligés de s’y plier – que répression sécuritaire oblige (baptisée « lutte contre le terrorisme » sans jamais nommer l’islamisme) il faille désormais accepter d’ouvrir son sac pour pénétrer sur les lieux de la représentation, de se faire fouiller, de ne pas amener d’armes y compris d’époque, etc etc.
La grande hypocrisie généralisée, puisque comme chacun sait, les passionnés du moyen-âge, les amoureux de leurs racines, sont bien entendu des terroristes en puissance… Ou quand au nom de la « non discrimination », tout le monde accepte de vivre dans une société surcontrôlée…
Quoi qu’il en soit, après le succès de cette édition, le rendez-vous est pris, pour 2020 (la Fête des Remparts a lieu à Dinan tous les deux ans). Le président de l’association organisatrice, Robert Briot, a d’ores et déjà annoncé la thématique 2020 : ce sera le Moyen Age vu du XXIe siècle, pour « explorer les différents visages que le Moyen Age évoque aujourd’hui. Le Moyen Age de nos jours, ça nous renvoie aux chevaliers, aux princesses, aux combats. Mais il y a aussi tout l’imaginaire que l’ont retrouve par exemple dans Game of thrones, Kamelot ou le Seigneur des anneaux. On naviguera entre partie historique et fantasy ».
Espérons que cela fasse bon ménage, et pour patienter, ce sera Montcontour, le 11 août 2019, qui accueillera sa fête médiévale dans les Côtes d’Armor.
Crédit photo : breizh-info.com
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