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À partir du 15 juin et jusqu’au 30 septembre 2026, les urgences de l’hôpital de Dinan fermeront chaque nuit entre 23h et 8h30, faute de médecins urgentistes en nombre suffisant. Une décision qui provoque une mobilisation syndicale inédite et soulève des questions profondes sur l’avenir de l’offre de soins dans ce bassin de 100 000 habitants.
La décision et ses causes
Le Groupe Hospitalier Rance Émeraude — qui regroupe les hôpitaux de Saint-Malo, Dinan et Cancale — a pris la décision de suspendre les urgences nocturnes de Dinan pour tout l’été. La cause invoquée : un manque criant de médecins urgentistes, aggravé par une accumulation de congés maternité et paternité sur la même période, rendant impossible la couverture nocturne du service.
Pour un territoire qui a déjà perdu sa maternité et ses services de chirurgie ces dernières années, la fermeture nocturne des urgences — dernier « bastion » hospitalier du secteur selon les syndicats — passe particulièrement mal. Les habitants de Dinan et des communes environnantes, de Fréhel à Plumaugat, devront désormais se tourner vers Saint-Malo, Saint-Brieuc ou Rennes en cas d’urgence nocturne.
Saint-Malo en première ligne
C’est l’hôpital de Saint-Malo qui tentera comme il peut d’absorber l’essentiel du surplus de patients. Le problème est que ses urgences étaient déjà structurellement saturées avant même cette décision. Conçu pour accueillir 35 000 passages par an, le service enregistrait déjà 60 000 passages annuels — soit quasiment le double de sa capacité nominale. L’afflux nocturne supplémentaire en provenance du secteur de Dinan risque d’aggraver encore une situation déjà tendue.
La direction du GHRE assure que des renforts estivaux sont en cours d’organisation, tant aux urgences que dans les services connexes, pour absorber l’activité supplémentaire attendue — notamment en raison de l’afflux touristique sur la côte d’Émeraude en période estivale. Elle rappelle par ailleurs qu’il est indispensable d’appeler le 15 avant de se rendre aux urgences.
La décision a déclenché une réaction syndicale sans précédent à l’échelle du groupe hospitalier. Tous les syndicats présents ont fait entendre leur voix, chacun à sa façon.
Sud Santé et la CGT ont déposé un préavis de grève couvrant la période du 5 au 12 juin à l’hôpital de Saint-Malo, de 13h30 à 18h30. Force ouvrière a organisé une manifestation d’une trentaine de personnes devant l’hôpital de Dinan le 2 juin, dénonçant une réorganisation des équipes « insuffisamment préparée » et réclamant en urgence une commission de planning pour examiner les nouveaux emplois du temps. La CFDT, pour sa part, dénonce des décisions prises sans concertation préalable — notamment les réorganisations des services de radiologie et de laboratoire, découvertes par les agents le 28 mai sans avoir été associés à la réflexion — et réclame une reconstruction du dialogue social, ainsi que la création d’un observatoire local des passages aux urgences.
FO annonce par ailleurs une manifestation le 26 juin, en lien avec les pompiers du secteur.
Les agents des services connexes aussi touchés
La fermeture des urgences nocturnes ne concerne pas seulement les équipes des urgences elles-mêmes. Les agents du plateau technique — imagerie médicale et laboratoire — sont également concernés. Travaillant majoritairement la nuit en lien avec les urgences, ils risquent de passer d’un système de garde à un système d’astreinte, potentiellement enchaîné après des journées de travail ordinaires. Un changement profond de leurs conditions d’exercice, décidé selon eux sans véritable consultation.
Derrière les revendications immédiates se profile une inquiétude plus profonde. « Ça commence par des fermetures partielles, puis ça ferme complètement : c’est ce qu’il s’est passé avec la maternité », résume la secrétaire générale de FO Santé à Dinan. Le délégué syndical de Sud Santé partage cette crainte, voyant dans la fermeture estivale une étape vers une suppression totale du service.
Le maire de Dinan, Didier Lechien, s’est voulu rassurant : les urgences rouvriront bien après l’été, assure-t-il. Mais aucune date de réouverture n’a été officiellement fixée par le GHRE. Et dans un contexte de désertification médicale persistante, la promesse du maire se heurte à la réalité d’un recrutement de médecins urgentistes qui ne s’est pas amélioré d’une saison à l’autre. Carhaix en sait quelque chose…
Photo d’illustration : DR
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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Une réponse à “Dinan : fermeture nocturne des urgences cet été, grèves et inquiétudes sur l’avenir du service”
Fin des années 70 & début des années 80 lors de mes études de carabine à saint Malo & Dinard la radio & le labo la nuit étaient d’astreinte = on veillait à ne les déranger que quand cela valait le coup .