Du 25 avril au 1er mai, la 59e édition du Tour de Bretagne promettra à nouveau de tout donner. Un parcours exigeant, des équipes de haut niveau et un final à Dinan qui s’annonce anthologique. Voici ce qui vous attend.
Il y a des courses qui se courent. Il y a des courses qui se vivent. Le Tour de Bretagne appartient à la seconde catégorie. Sept jours, 1 245 kilomètres, 15 000 mètres de dénivelé — et cette façon unique qu’a la Bretagne de vous prendre par les tripes quand le vent se lève sur un circuit final et que les jambes commencent à parler.
Le top départ sera donné pour la première fois depuis Redon, le samedi 25 avril 2026. Vingt-trois équipes au départ, dont une majorité de réserves World Team — les Groupama-FDJ United, Ineos Grenadiers Racing, Lotto Groupe Wanty, Lidl-Trek Future Racing, Red Bull-Bora-Hansgrohe Rookies entre autres —, soit ce que le cyclisme de développement compte de plus sérieux en Europe. «Ce sont pour elles la possibilité de faire rouler leurs jeunes cyclistes promoteurs sur une course rare par rapport à ses caractéristiques», explique Christophe Fossani, directeur de l’épreuve. Traduction : personne ne vient faire du tourisme.
Étape 1 — Redon › Pipriac (165,5 km) — 25 avril
Le pays de Redon pour inaugurer la semaine, c’est un choix qui a du sens. L’étape en escargot sert avant tout à jauger les forces en présence, à sentir le peloton se constituer, les hiérarchies s’établir en silence. Quelques faux-plats distribueront les premiers maillots de leader. Mais le circuit final de Pipriac, sinueux à souhait, pourrait bien faire mentir les pronostics. Le peloton aura peut-être moins de facilités que prévu à contrôler la course. Premier avertissement.
Étape 2 — Ains-sur-Oust › Missillac (168,8 km) — 26 avril
Cap sur la Loire-Atlantique, pour l’étape la plus plane de la semaine. Le scénario paraît écrit d’avance : Missillac est promise aux sprinteurs. Sur des routes qui ne poseront pas de défi majeur à un peloton de futurs professionnels, s’échapper sera une mission quasi suicidaire. Un jour pour les hommes rapides, une journée pour récupérer pour les autres. Avant que les choses sérieuses commencent.
Étape 3 — Drefféac › Concoret (189,9 km) — 27 avril
Voilà qui change de registre. Après 100 kilomètres de mise en route en quittant la Loire-Atlantique, le parcours durcit à l’approche de Concoret. La forêt de Brocéliande n’est pas un décor de conte — c’est un terrain de guerre. Le circuit final est sinueux, piégeux, pas si simple à négocier. On ne gagnera pas le Tour de Bretagne ici, mais on peut y perdre de précieuses secondes, et peut-être davantage. La légende bretonne commence à mordre.
Étape 4 — Ploërmel › Briec-de-l’Odet (204,7 km) — 28 avril
La plus longue étape de l’édition. Près de 205 kilomètres à traverser, du Centre Morbihan jusqu’en Cornouaille. L’objectif des organisateurs est clairement d’entamer les organismes, de lessiver les jambes avant les échéances décisives. L’approche du circuit final est difficile. Les coureurs dormiront bien ce soir-là — ceux qui seront encore en état de dormir.
Étape 5 — Plogonnec › Lanfains (186 km) — 29 avril
L’étape reine. Peut-être la plus difficile jamais tracée dans l’histoire du Tour de Bretagne, selon les organisateurs eux-mêmes. 3 100 mètres de dénivelé positif en 186 kilomètres, dont plus de la moitié concentrés sur les 70 derniers. À partir de Guerlédan, c’est une guerre ouverte. Le sommet de Mûr-de-Bretagne — ce nom que tout amateur de cyclisme breton connaît — distribuera ses bonifications, malicieusement placées quelques kilomètres après le sommet pour tendre un piège supplémentaire aux imprudents. Le circuit final de Lanfains achèvera le travail de sélection. Au soir du 29 avril, le classement général dira qui peut vraiment gagner ce Tour de Bretagne.
Étape 6 — Plaintel › La Bouëxière (181 km) — 30 avril
Retour en Ille-et-Vilaine pour l’avant-dernière bataille. L’étape paraît plus clémente sur le papier — mais le vent breton ne consulte pas les organisateurs avant de se lever. Sur ce type de parcours, un vent favorable au peloton pourrait transformer la journée en course à vitesse grand V, dévastatrice pour des jambes épuisées. La ligne d’arrivée, longue droite dont le pourcentage monte subtilement, réclame un homme fort. Pas un rescapé.
Étape 7 — Plélan-le-Petit › Dinan (148,8 km) — 1er mai
Le grand final. Dinan, ses pavés, ses ruelles, son public qui vibre. Ceux qui ne connaissent pas ce circuit le craignent. Ceux qui le connaissent veulent y revenir — parce qu’il est beau, parce qu’il est cruel, parce qu’il récompense les audacieux et punit les timorés. Le leader du matin arrivera inévitablement esseulé à l’heure des comptes. Il devra résister à tout, seul contre tous, dans la ferveur d’un public qui ne pardonne rien. C’est ce que le Tour de Bretagne sait faire mieux que n’importe quelle autre course : transformer une semaine de vélo en quelque chose qui ressemble à une épopée.
Rendez-vous le 25 avril. La Bretagne, elle, sera prête.
Crédit Photo ; Tony Esnault (Tour de Bretagne, DR)
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2 réponses à “Tour de Bretagne 2026 : sept étapes, un récit, une terre”
Il n’y a que la Tradition qui vaille, une trad dans une terre de cyclisme qui eu ses gloires…loin des mules hyper chargées comme…P… (nous prenons les paris sur sa durée de vie!). En direct à la radio j’avais assisté auditivement à la fin tragique de Simpson et nous ne comprenions pas!
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