Les élections législatives suédoises ont eu lieu dimanche 9 septembre. Avec comme principal enseignement le bon score des Démocrates de Suède, la formation anti-immigration extra-européenne.

Pas de majorité gouvernementale

Si le scrutin était bien clos le 9 septembre au soir, ces élections législatives vont faire planer de nombreuses incertitudes sur la vie politique suédoise tout au long des prochaines semaines. En effet, aucune des deux grandes coalitions politiques du pays n’a réussi à obtenir une majorité gouvernementale claire.

Ainsi, c’est même un plus bas historique pour les sociaux-démocrates (28,4 % des voix), qui n’était encore jamais tombé sous la barre des 30 %. Signe que les choses évoluent en Suède également. Quant aux Modérés (bloc regoupant le centre-droit, les conservateurs, les libéraux et les chrétiens-démocrates ), ils obtiennent 19 % des suffrages. Un recul de plus de trois points au regard de leur prestation de 2014.

Au final, sur les 349 places de parlementaires à pourvoir au Riksdag (hémicycle suédois), le bloc de gauche n’obtient que 144 députés contre 143 pour celui de droite. Aucune des deux grandes alliances ne dispose donc de plus de 50 % des sièges.

Car la nouveauté de ces législatives est bien la montée en puissance des Démocrates de Suède qui récoltent ainsi 17,6 % des voix (12,86 % en 2014). Des Démocrates qui ont fait l’objet d’une vive campagne de diabolisation en Suède comme dans plusieurs pays européens au cours des semaines précédant les élections législatives. Mais qui, à l’arrivée, vont être les arbitres incontournables dans la formation du nouveau gouvernement suédois.

Démocrates de Suède : rôle décisif

Même si le résultat obtenu par les Démocrates de Suède est légèrement en deçà de leurs ambitions initiales (entre 20 et 30 %), ils sont désormais clairement en mesure de peser sur les débats. Au point de contraindre le Premier ministre sortant Stefan Löfven à s’être déclaré prêt à collaborer avec les Modérés, le parti d’opposition. L’homme a par ailleurs reconnu que la poussée des Démocrates lors de ces élections législatives signait « l’enterrement de la politique de blocs ». Avec comme un air de déjà vu ailleurs…

De son côté, le leader des Démocrates de Suède Jimmie Akesson estime que lui et son mouvement sont « les grands gagnants de cette élection […]. Nous allons exercer une véritable influence sur la politique suédoise ». L’occasion pour lui d’ouvrir la porte à d’éventuelles tractations avec le chef de file des Modérés : « Je suis prêt à parler, à coopérer, à négocier avec tous les partis, mais je veux surtout inviter Ulf Kristersson à négocier ».

Notons par ailleurs que le dépouillement des bulletins de vote des 200 000 Suédois installés à l’étranger doit avoir lieu mercredi 12 septembre.

Presse française partisane

Sans surprise, les différents médias de l’Hexagone n’ont pas manqué de minorer le résultat des Démocrates de Suède, ne pouvant s’empêcher d’accoler autant que possible le qualificatif « extrême droite » à la formation de Jimmie Akesson. Le tout sans se pencher réellement sur les motivations des électeurs suédois à faire des Démocrates la troisième force politique du pays. Comme en témoigne le florilège suivant :

Des médias qui abordaient déjà ces élections sur le même ton dimanche :

Crédit photo : Wikimedia Commons (CC/News Oresund)
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