L’épisode des affrontements violents sur les eaux de la Manche entre pêcheurs normands et britanniques autour d’un gisement de coquilles Saint-Jacques n’est-il désormais qu’un lointain (et mauvais) souvenir ?

Coquilles Saint-Jacques : tant convoitées

C’était le 28 août dernier. Une bataille navale version pêche avait eu lieu dans les eaux de la Baie de Seine, opposant 35 navires français et 5 navires anglais. Une vidéo spectaculaire avait alors médiatisé sur les réseaux sociaux l’incendie qui guettait depuis des mois entre marins français et britanniques.

En cause, les conditions d’accès à du gisement de coquilles Saint-Jacques sur lequel les pêcheurs des deux États travaillent. Les bateaux normands étaient en effet soumis à des contraintes réglementaires plus rigides que leurs homologues d’outre-Manche. Tandis que la situation semblait bloquée début septembre, un accord a finalement été trouvé la semaine dernière.

Quel compromis sur les coquilles Saint-Jacques ?

Il aura donc fallu attendre près de trois semaines pour que la situation s’apaise officiellement. Normands et Britanniques ont fini par se mettre d’accord sur les dates d’ouverture de la pêche. Des Britanniques qui ont accepté de quitter la zone de la Manche Est pour n’y revenir que le 1er novembre. Une mesure qui ne concerne toutefois que les unités mesurant plus de 15 mètres.

Dans le même temps, les Français vont débuter la campagne de coquilles Saint-Jacques en Baie de Seine à partir du 1er octobre. Une pêche qui ne leur est autorisée que jusqu’au 15 mai alors que les Britanniques ne sont pas soumis à ces contraintes de dates et peuvent exploiter le gisement toute l’année. Les Normands ont donc obtenu en partie gain de cause avec le départ des navires anglais les plus grands.

Un accord ni bon ni mauvais

Une victoire très limitée cependant car les moins de 15 mètres britanniques vont pouvoir rester sur le gisement de coquilles Saint-Jacques durant tout le mois d’octobre, contrairement aux attentes des Hexagonaux. De plus, un quota de pêche non utilisé par la flotille normande a été octroyée aux navires de Grande-Bretagne.

Si le compromis laisse un goût un peu amer aux deux parties, il apporte surtout un gage de paix tandis que plusieurs tentatives de négociations s’étaient avérées infructueuses au cours de la première quinzaine de ce mois de septembre. Une réunion avait notamment eu lieu à Londres avec une interdiction étendue à l’ensemble de la flotille britannique. Mais c’est sur le montant des compensations à verser à cette dernière que les protagonistes n’avaient pas trouvé de consensus.

Coquilles Saint-Jacques : et la Bretagne ?

Bien que cette actualité ait récemment associé les coquilles Saint-Jacques à la Baie de Seine, la Baie de Saint-Brieuc est le bastion historique de la pêche au précieux mollusque et représente près de la moitié des captures de l’Hexagone. Les ports d’Erquy et de Saint-Quay-Portrieux, pour ne citer que les deux principaux, voient l’activité de leur criée dépendre fortement de la saison de coquilles Saint-Jacques.

Dans cette même Baie de Saint-Brieuc, la pêche y est très réglementée. Si des gisements annexes et moins riches ouvrent dès le 1er octobre (zones du large, zones crépidulées etc.), la zone la plus prolifique n’est pêchable que du mois de novembre au mois d’avril. À raison de deux fois 45 minutes par semaine ! Une réglementation stricte qui a permi de préserver la ressource depuis plusieurs décennies, et à travers elle toute une filière économique locale. De quoi inspirer Normands et Britanniques !

Crédit photo : Wikimedia Commons (CC/axcldd)
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