« Il faut préparer l’entreprise à ce qu’il y ait quelques écarts culturels, dans le rapport à la femme ». Une phrase qui aurait du faire bondir Marlène Schiappa, secrétaire d’Etat en charge de l’égalité hommes-femmes, et les associations féministes ou de défense du droits des femmes.

Cette phrase émane d’Arnaud Launay, directeur du CFA Bâtiment de Saint-Grégoire, qui répondait aux questions d’un quotidien local, à propos du recrutement en formation de 10% (environ) de migrants dans ce domaine professionnel, en Bretagne.

Un article qui nous apprend que 200 étrangers – dont certains migrants sont présentés comme traditionnellement « ayant fui la guerre » – suivent actuellement une formation dans les CFA Bâtiment de la région Bretagne, et qu’ils occupent environ 10% des postes de stagiaires en Bretagne – une occupation justifiée par les entrepreneurs du bâtiment par une pénurie de main d’oeuvre (ils ne s’étendent pas à contrario sur les conditions de travail ni sur les salaires).

Ils préparent un CAP en trois ans, répartis sur des CFA à Vannes, Quimper, à Plérin et à Saint Grégoire. Miracle : des entreprises sont prêtes à les accueillir dès la fin de leur formation. Il suffit de voir la galère que vivent des centaines de jeunes Bretons – à qui certaines mauvaises langues reprochent de ne pas vouloir travailler moyennant certaines conditions de travail parfois déplorables – pour s’interroger.

« Le manque de main-d’œuvre ralentit nos activités et la production », explique dans l’article Hugues Vanel, président de la Fédération française du bâtiment Bretagne.

Parmi ces migrants bénéficiant donc de ces formations rémunérées, qualifiantes et leur ouvrant la porte du marché du travail, fermée à d’autres autochtones, essentiellement des Afghans, des Soudanais. Ce qui n’est pas sans poser quelques problèmes, comme on peut le lire dans l’extrait de l’article ci-dessous :

Car si le secteur du bâtiment a toujours eu cette culture de l’accueil lors des grandes vagues migratoires, ce n’est pas sans poser parfois quelques problèmes. « L’acculturation est importante et l’entreprise a un rôle à jouer. Il faut la préparer à ce qu’il y ait quelques écarts culturels, dans le rapport à la femme, aux horaires… Il faut quelque temps pour que le jeune s’adapte, d’où l’importance de le voir toutes les semaines », insiste le directeur.

Traduction : les entreprises vont devoir se montrer dans un premier temps tolérantes vis à vis de moeurs et de cultures qui ne respectent pas particulièrement la place centrale qu’offrent les Européens à la femme.

A voir l’actualité récente de ces dernières semaine, on peut s’attendre à quelques remous dans les prochaines années.

Dans la bâtiment comme dans d’autres pans de notre société dont les élites, économiques, culturelles, politiques, forcent à ouvrir les portes, malgré la montée croissante d’une contestation populaire. La Suède en sait déjà quelque chose…

Crédit photo : Photo d’illustration. Wikipedia (cc)
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